À travers une note parue ce jeudi 4 février 2021, l’ancien président de la république Jocelerme Privert a condamné avec véhémence l’attaque perpétrée, mercredi 3 février, contre sa personne et l’acte de vandalisme dont a été l’objet sa voiture de service aux locaux du jardin kiskeya, lors d’une visite de condoléances à Liliane Pierre, suite au décès de son compagnon Anthony Barbier.
24h après l’attaque subie aux jardins Kiskeya par des manifestants, l’ancien président Jocelerme Privert a publié une note pour condamner cet état de fait et évoqué les raisons de la présence du 57e président de la république d’Haïti aux locaux du jardin Kiskeya.
Dénonciation de l’agression
A travers cette correspondance, l’ex-président Jocelerme Privert qualifie de « barbare » l’acte perpétré à son encontre qu’il juge ne pas faire honneur aux jeunes et à ses exécutants. « Cette action constitue une obstruction inacceptable à la pleine jouissance de mes droits de citoyens, garantis par la constitution, la déclaration universelle des droits de l’homme et les lois de mon pays », peut-on lire dans cette note.
Une menace pour la démocratie
Le président Jocelerme Privert juge que cette agression « est une menace évidente pour le pluralisme politique, la libre pensée et la démocratie dans le pays ». Ce dernier présente l’attaque comme « une grave atteinte à sa dignité d’ancien ministre, sénateur, président de la république et de citoyen vertical, toujours engagé dans le combat de la relève nationale ».
Jocelerme Privert croit que la jeunesse a été « manipulée et incitée par des discours haineux visant à harceler, invectiver et assassiner tous ceux que certains assoiffés du pouvoir politique assimilent à de potentiels adversaires, dans le dessein malhonnête de défricher la route à leurs ambitions sans lendemain ».
Les raisons de sa présence
Cette note tient aussi à expliquer la présence de l’ancien président de la république aux locaux du jardin Kiskeya : « payer de sa présence physique, ses sympathies et condoléances à l’endroit de Liliane Pierre Paul durement éprouvée par le départ inattendu de son compagnon Anthony Barbier ; Réaffirmer son appréciation et son profond respect pour ce distingué fils du département des nippes que fut Anthony Barbier avec qui il a développé, au cours des dernières années, d’excellentes relations de collaboration politique et d’amitié personnelle ; rendre témoignage des qualités et vertus de cet éminent compatriote qui a traversé les turbulences des quarante dernières années d’un pas ferme et assuré, dans la ligne droite de ses convictions et le courage paisible de ses choix doctrinaux ».
Des remerciements spéciaux
L’ancien directeur de la direction générale des impôts (DGI) a adressé de vifs remerciements « à tous ces compatriotes qui, en dehors de toute apparence politique, ont témoigné de leur solidarité et amitié, à travers leurs multiples appels, messages-textes, interventions dans les médias et réseaux sociaux ».
Jocelerme Privert a tenu à remercier « les plus hautes autorités de l’Etat, les membres de la communauté internationale, les responsables et agents de différentes unités de la PNH, les nombreux amis tant en Haïti qu’à l’étranger, les membres de sa famille et les différents organes de presse pour leur accompagnement et messages de sympathies ».
Mr Privert a renouvelé sa volonté de continuer son inlassable combat pour la conquête de meilleures conditions de travail au profit de ses compatriotes des catégories les plus vulnérables. « Je n’abandonnerai pas », a promis Jocelerme Privert.
Les militants qui s’en sont pris à Jocelerme Privert, lui reprochent d'« avoir contribué au malheur du peuple parce que les élections qu'il avait organisées ont permis à Jovenel Moïse d'accéder au pouvoir ». Un discours alimenté par certaines voix de la grande famille politique de l’ancien ministre Lavalas, qui sous-entend qu’il y aurait eu un accord caché entre l’ancien président provisoire et les Tèt Kale pour faire passer « Nèg Bannann nan » aux dépens de son propre secteur, alors que Privert a fait l’objet de nombreuses attaques virulentes du régime, notamment la décision de Jovenel Moïse à travers un arrêté pris en 2017, de lui enlever les privilèges et avantages qui lui sont dévolus en tant qu’ancien chef d’Etat. Jocelerme Privert avait qualifié cette décision de « malsaine et incompréhensible entreprise de persécution et de revanche politiciennes » dans une lettre ouverte adressée au ministre de la justice de l’époque Heidi Fortuné en remettant sa sécurité et celle de sa famille entre les mains du président de la république.
Par Daniel Zéphyr
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