Dans des données d'une étude publiées par l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), à la veille de la journée internationale Nelson Mandela, le 18 juillet, il est indiqué qu'il y a un prisonnier sur trois dans le monde qui est gardé enfermé sans aucun procès. Autrement dit, il est détenu en prison sans n'avoir pas été reconnu coupable par aucune cour de justice.
L’étude se porte sur l'examen des tendances à long terme de l'emprisonnement: « Au cours des deux dernières décennies, entre 2000 et 2019, le nombre de prisonniers dans le monde a augmenté de plus de 25%, avec une croissance de la population mondiale de 21% au cours de la même période », a constaté ONUDC qui révèle que « 11,7 millions de personnes étaient incarcérées à la fin de 2019 ».
Selon l'ONUDC, ces chiffres de 11,7 millions de prisonniers représentent une population
« comparable à la taille des nations entières comme la Bolivie, le Burundi, la Belgique ou la Tunisie ».
Le rapport indique que dans un premier moment « la plupart des personnes détenues en prison dans le monde, soit 93%, sont des hommes. Cependant, selon les dernières estimations, ONUDC fait savoir qu' « au cours des deux dernières décennies, le nombre de femmes en prison a augmenté plus rapidement, avec une hausse de 33% contre 25% pour les hommes. ».
La pandémie de Covid-19 se voit comme une réponse à la surpopulation carcérale dans le monde, estime ONUDC.
« Selon une analyse mondiale de sources gouvernementales et de sources ouvertes, en mai 2021, près de 550.000 prisonniers dans 122 pays ont été infectés par la Covid-19, avec près de 4.000 décès dans les prisons de 47 pays », a rappelé l'institution des Nations-Unies contre la drogue et le crime.
« Certains pays ont entre-temps choisi de libérer, au moins temporairement, un grand nombre de personnes en détention, en particulier les prévenus et les personnes condamnées pour des infractions non violentes », écrit l'ONUDC.
Le dossier mentionne des mesures pouvant contribuer à réduire le recours excessif à la détention provisoire et à l'emprisonnement, et à atténuer les conséquences négatives de la surpopulation carcérale.
« Veiller à ce qu'un large éventail d'alternatives à l'emprisonnement soit disponible et durable en droit, en politique et en pratique à chaque étape de la procédure pénale ou encore s’attaquer aux goulets d'étranglement procéduraux dans les systèmes de justice pénale, en améliorant la gestion des dossiers et la capacité des services de poursuite et des services de police », conseille l'ONUDC, ajoutant « l’élaboration et la mise en œuvre d'options sexospécifiques de déjudiciarisation et de mesures non privatives de liberté à chaque étape du processus de justice pénale ».
En Haïti, le constat n'est pas différent. Il y a de nombreuses personnes qui sont incarcérées sans jamais voir leur juge naturel.
Par: Juhakenson Blaise
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