Des leaders de l'Église protestante ont pris position sur la crise politique qui secoue le pays. Concernant la fin de mandat du chef de l’Etat, ils ont exprimé leurs inquiétudes tout en signalant que "nous sommes littéralement assis sur une poudrière, une situation dangereuse exacerbée par l’entêtement de Jovenel Moïse à se maintenir au pouvoir après le 7 février 2021". Ces leaders proposent donc aux organisations de la société civile une rencontre en vue de mettre en place un comité de soutien et de réflexion dans le but d’encadrer les initiatives d’une transition de rupture, telle qu’exigée par la société haïtienne.
"Une dictature est en train de se mettre en place", ont écrit des leaders du secteur protestant qui se sont rencontrés le 12 janvier dernier pour se positionner face à la crise. Et, ils n'ont pas caché leurs inquiétudes. "Comme il est relevé dans Jérémie 1 verset 13, nous constatons "une chaudière bouillante, prête à exploser, une colère qui gronde et un chaos terrible qui menace" notre pays."
Aux yeux de ces leaders religieux "nous sommes littéralement assis sur une poudrière, une situation dangereuse exacerbée par l’entêtement de Jovenel Moïse à se maintenir au pouvoir après le 7 février 2021", date constitutionnelle de la fin de son mandat"
De l'avis de ces pasteurs, s’entêter à rester au-delà de son mandat constitutionnel, c’est s’engager dans une aventure dangereuse car il s'agit ici, disent-ils, d'une violation flagrante de la Constitution.
Les leaders du secteur protestant ont avancé tout un tas d'agissements du président Moïse prouvant que le pays n'est pas administré et dévoilé la velléité du locataire du palais national d'instaurer la dictature.
"De la création du Conseil électoral contesté passant par la fédération des gangs cautionné par le pouvoir en place, pour arriver au blocage du dossier PetroCaribe jusqu'à la publication d’un nombre incroyable de décrets à tonalité liberticide et menaçante pour la liberté d’expression, les droits de manifester et les libertés religieuses", ces pasteurs n'ont pas manqué d'arguments.
De ce fait, ils exigent le respect de la loi mère notamment les dispositions de l’article 134-1 et 134-2, tout en appelant les forces vives du pays (secteurs religieux, patronal, syndical et autres ...) à prendre clairement position en faveur d’une transition pacifique afin d’épargner au pays et aux citoyens les douleurs et les affres d’une violence aveugle.
Ils demandent au président de la République, Jovenel Moïse de prendre acte de la fin de son mandat le 7 février 2021.
Par ailleurs, ils invitent les organisations internationales notamment l’OEA et l’ONU à cesser immédiatement leur ingérence en soutenant un président ouvertement en rébellion contre la loi et la constitution du pays.
Dr. Gerard Forges et Dr. Gerald Bataille, ambassadeurs de la Fédération Protestante d’Haïti
Pasteur Jacques N. Janvier,
Président de (FEPAH)
(Fédération des Pasteurs Haïtiens)
Dr. Francoise St Vil Villier,
Présidente de CONASPE
(Conseil National Spirituel des Eglises)
Pasteur Ismael Baptiste,
Représentant de COPAH
(Conférence des Pasteurs Haïtiens)
Par Gazette Haiti
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