PubGazetteHaiti202005

Yves Andrel Salomon, Dorothé Ignace Morel et Esther Cinéas prennent les rênes de la mairie de Port-au-Prince jusqu’aux prochaines élections

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Installée hier mercredi 11 février 2026 par le ministère de l’Intérieur, la nouvelle Commission municipale de Port-au-Prince arrive à un moment où la capitale tente péniblement de se relever de l’insécurité, du désordre urbain et de profondes urgences sociales. Investie par arrêté gouvernemental, cette équipe est appelée à administrer la commune jusqu’aux prochaines élections locales, avec l’ambition affichée de replacer les besoins des habitants en particulier ceux des personnes déplacées au cœur de l’action publique et de redonner à la ville un minimum de stabilité et de dignité.

Dans l’après-midi du mercredi 11 février 2026, les autorités du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT) ont procédé à l’installation officielle de la nouvelle Commission municipale de Port-au-Prince. La cérémonie s’est tenue dans les locaux du ministère, à Delmas 60, en présence de hauts cadres de l’administration publique, de représentants d’institutions étatiques, entre autres.

À la tête de cette nouvelle équipe se trouve Yves Andrel Salomon, désigné président de la Commission. Il est épaulé par Dorothé Ignace Morel et Esther Cinéas, tous deux nommés membres. Ensemble, ils auront la lourde responsabilité de gérer la plus grande et la plus complexe commune du pays dans une période de transition marquée par de profondes crises sociales, sécuritaires et humanitaires.

La cérémonie a été présidée par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, accompagné du directeur général du MICT, Pierre Canisius Guignard. Plusieurs cadres du ministère, dont le directeur des Collectivités territoriales, ainsi que la directrice générale du Ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (MHAVE), étaient également présents, soulignant l’importance que l’exécutif entend accorder à cette nouvelle phase de gestion municipale.

Cette nouvelle Commission a été nommée par un arrêté daté du 7 février 2026, adopté en Conseil des ministres sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Elle est investie d’un mandat clair : assurer la gestion de la commune de Port-au-Prince jusqu’à la tenue des prochaines élections municipales, dans un climat de fortes attentes citoyennes et de défis sans précédent.

Les 3 membres de la Commission ont, à cette occasion, reçu officiellement l’ampliation de leur nomination, document qui consacre juridiquement leur entrée en fonction. Ce geste symbolique marque le début d’un mandat qui s’annonce particulièrement délicat, tant les problèmes accumulés dans la commune sont nombreux : insécurité, insalubrité, déplacements massifs de populations, effondrement des services de base et perte de confiance envers les institutions.

En effet, Port-au-Prince est aujourd’hui une ville profondément fragilisée. Des milliers de familles vivent dans des camps de déplacés, souvent dans des conditions précaires, après avoir fui la violence armée dans plusieurs quartiers. 

Consciente de cette réalité, la hiérarchie du MICT a appelé la nouvelle Commission à prêter une attention particulière aux populations les plus vulnérables. Le message est clair : la gestion municipale ne peut ignorer les camps de déplacés, ni les quartiers marginalisés, qui concentrent une grande partie de la détresse sociale actuelle.

En attendant les prochaines élections municipales, cette nouvelle équipe hérite d’une responsabilité majeure : démontrer que, même au cœur d’une crise profonde, une gouvernance locale plus humaine, plus attentive et plus efficace demeure possible à Port-au-Prince. 

Ce changement intervient à quelques jours du départ du Conseil présidentiel de transition, arrivé à la fin de son mandat le 7 février 2026, laissant le premier ministre Alix Didier Fils Aimé, seul aux commandes. L’une de ses premières décisions est la révocation de l’ex maire intérimaire Youry Chevry.

Selon la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), ce dernier fait l’objet d’un avis de recherche dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des faits présumés d’association de malfaiteurs, de complot contre la sûreté intérieure de l’État et de financement du terrorisme.


Arnold Junior Pierre

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