Dans un communiqué publié sur son site web, le gouvernement canadien a classé les personnalités de l’élite haïtienne sanctionnées dont les deux anciens présidents, Jocelerme Privert, Michel Martelly, deux premiers ministres, Jean Henry Ceant, Laurent Lamothe et consorts en deux catégories : « Rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales et corruption à grande échelle. »
Le Canada ne cesse d’imposer des sanctions à des personnalités de l’élite haïtienne. Les dernières en date sont l’ancien Président provisoire Jocelerme Privert et l’avocat Salim Succar, proche de Michel Joseph Martelly et Laurent Lamothe. Ils sont accusés d’avoir des liens étroits avec les gangs armés. À date, environ une vingtaine de personnes ont été sanctionnées en application du « Règlement sur les mesures économiques spéciales visant Haïti ».
Sur le site du gouvernement du Canada, les sanctionnés sont divisés en deux catégories: « rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales et corruption à grande échelle ».
Parmi les personnalités sanctionnées, on retrouve les anciens Sénateur Youri Latortue, Joseph Lambert, Rony Célestin, l’ancien Président de la République Michel Joseph Martelly, l’ancien Premier Ministre Laurent Salvador Lamothe, l’ancien parlementaire Hervé Fourcand, l’ancien député Gary Bodeau, l’ancien Premier Ministre Jean-Henry Céant et les entrepreneurs Gilbert Bigio et Sherif Abdallah dans la catégorie « rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales. »
L’ancien ministre de la justice et de la sécurité publique Berto Dorcé, l’ancien ministre de l’intérieur et des collectivités territoriales Liszt Quitel, l’ancien député Arnel Bélizaire, Charles (Kiko) Saint-Rémy, l’ancien Président Jocelerme Privert et l’avocat Salim Succar font partie de la catégorie des accusés de « corruption à grande échelle ».
Compte tenu des dispositions juridiques publiées en novembre 2022, une personne dont le nom figure sur la liste peut demander par écrit aux autorités canadiennes d’en radier son nom. « A la réception de la demande, le ministre décide s’il existe des motifs raisonnables de recommander la radiation au gouverneur en conseil. La personne dont le nom figure sur la liste peut, si la situation a évolué de manière importante depuis la présentation de sa dernière demande au titre de l’article 8, en présenter une nouvelle. La personne dont le nom est identique ou semblable à celui d’une personne dont le nom figure sur la liste et qui prétend ne pas être cette personne peut demander par écrit au ministre de lui délivrer une attestation portant qu’elle n’est pas la personne dont le nom figure sur la liste. Dans les trente jours suivant la réception de la demande, le ministre : s’il est établi que le demandeur n’est pas la personne dont le nom figure sur la liste, délivre l’attestation; dans le cas contraire, transmet au demandeur un avis de sa décision », peut on lire dans le texte intitulé « Règlement sur les mesures économiques spéciales visant Haïti », publié le 3 novembre 2022 et mis à jour en février 2023.
Peu après avoir été sanctionné par le Canada, l’ancien Président provisoire Jocelerme Privert a dénoncé des « allégations mensongères » contre sa personne. Dans un message privé adressé à ses amis et colloborateurs et qui a fuité, l'ex président Jocelerme Privert a rejeté d'un revers de main les accusations portées contre lui par le gouvernement canadien.
« Cette association malicieuse de mon nom à des activités criminelles, peu importe les motivations de leurs auteurs, est tout simplement révoltante et indignante », s’insurge-t-il.
Par: Daniel Zéphyr
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