PubGazetteHaiti202005

Corruption: Entre 2003 à 2021, « une seule condamnation a été prononcée par la justice haïtienne », révèle le RNDDH

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Dans un rapport de 26 pages publié le 8 décembre 2021 en prélude à la journée internationale de lutte contre la corruption, le réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a peint un tableau sombre de la lutte contre la corruption en Haïti passant en revue plusieurs dossiers brûlants liés à des pratiques de corruption ayant été réalisés entre 2003 à nos jours. Le RNDDH souligne que ces dossiers qui ont défrayé la chronique n’ont débouché que sur des « parodies de jugement » ou des classements sans suite.
 

Haïti fait toujours face au fléau de la corruption. En janvier 2021, l’ONG internationale Transparency International avait publié son indice de perception de la corruption 2020, dans lequel Haïti avait occupé la 170e place sur 180 pays avec un score de 18 points sur 100. Dans ce rapport annuel, le pays ne cesse de squatter la zone rouge « des plus corrompus » au fil des années. Le rapport du réseau national de défense des droits humains (RNDDH) publié 8 décembre dernier vient en rajouter une couche.

 
Dans ce rapport, le RNDDH a pris le soin de souligner méticuleusement différents actes de corruption ayant jalonné la vie en Haïti au cours des 20 dernières années. Détournement des biens publics, blanchiment des avoirs, enrichissement illicite, surfacturation, favoritisme, versements de pots de vin, trafic d’influence, le RNDDH a tout révélé.


« En dépit des nombreuses dénonciations et scandales[…]une seule condamnation a été prononcée par les autorités judiciaires haïtiennes et seulement 2 arrêts de débet ont été émis par la CSC/CA », rapporte l’institution dirigée par Pierre Esperance pour la période de 2003 à 2021.


 « Elles (institutions étatiques) ne travaillent pas suffisamment et, elles sont sous la mainmise de leurs autorités de tutelle », écrit le RNDDH soulignant que les responsables de ces institutions sont perçus comme tolérant la corruption. 

« Les racketteurs y ont leurs entrées, les informations ne sont ni disponibles ni accessibles et des employés-es acceptent soit directement des citoyens-nes, soit indirectement, par le biais de racketteurs, de recevoir de l’argent contre la promesse de services rapides », signale l’organisme de défense des droits humains.

 
Parmi les différents cas de corruption ayant défrayé la chronique au cours des 20 dernières années, le RNDDH a noté l’affaire PetroCaribe, un des plus grands scandales de corruption des 2 dernières décennies où 3.8 milliards de dollars américains ont été dilapidés par les autorités étatiques. 

« Quatre (4) présidents, six (6) gouvernements, des ministères, des directions générales ont été indexés dans cet énorme scandale de corruption. Et, aujourd’hui, le PetroCaribe reste la dette actuelle la plus exorbitante de l’Etat Haïtien. Pourtant, la saisine des autorités judiciaires sur ce dossier n’a encore abouti à aucun procès », fait remarquer le réseau.


Pour remédier à la situation et lutter objectivement contre la corruption, le réseau national de défense des droits humains (RNDDH) recommande aux autorités concernées de rendre disponibles et accessibles les services publics pour tous les citoyens-nes ; afficher les prix des services dans toutes les institutions concernées ; mettre en place un service d’accueil au sein de toutes les institutions étatiques ; prendre des mesures drastiques pour éradiquer la corruption dans les institutions étatiques ; punir les personnes impliquées dans des actes de corruption ; Fournir des moyens aux employés-es pour accomplir leurs tâches.

 

Par ailleurs, il encourage les citoyens à refuser de participer aux actes de corruption ; dénoncer les cas de corruption au sein des institutions de services ; exiger de l’Etat la disponibilité des services sans être obligés de passer par des racketteurs.

 

 

 

Par : Daniel Zéphyr

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