Le gouvernement d’Ariel Henry a connu ce vendredi sa première journée de protestation contre l’augmentation des prix du carburant à la pompe. Les manifestants étaient peu nombreux mais assez déterminés lors de cette première journée de mobilisation. Ils ont érigé des pneus enflammés sur la route de Delmas pour cracher leur colère.
Quelques centaines de manifestants sont descendu dans les rues de la capitale ce vendredi 10 décembre 2021 pour protester contre l'augmentation des prix des produits pétroliers. Lors de cette première journée de mobilisation, les protestataires en ont profité pour exiger la libération des prisonniers politiques, le respect des droits humains en Haïti et de dénoncer l'insécurité.
Ce vendredi 10 décembre, la mesure du gouvernement d'Ariel Henry pour augmenter les prix de l'essence entre en vigueur.
Les manifestants remontés contre la mesure d’augmenter les prix des produits pétroliers sont allés jusqu’à exiger le départ du premier ministre Ariel Henry alors que « la population n'est pas en mesure de se nourrir, d'envoyer ses enfants à l'école et de vaquer en sécurité à ses occupations ».
Partis de Carrefour de l'aéroport, baptisé « carrefour résistance », les manifestants ont longé la route de Delmas avec objectif de se rendre à la Primature pour aller dénoncer la décision de l'ajustement des prix du carburant à la pompe. A l’entrée de la Résidence officielle du premier ministre, un grand dispositif de sécurité a été mis en place par la police pour empêcher tout débordement.
Pierre Killick Cémélus, récemment libéré de prison, a dit reprendre la lutte pour le changement des conditions de vie de la population. Selon le constat du militant politique, « la situation du pays n'a fait qu'empirer ».
« Aucun droit des gens des quartiers populaires n'est respecté », martelé pour sa part Me Caleb Jean Baptiste, avocat des prisonniers politiques présent dans la marche rejoignant ainsi les propos du professeur Josué merilien qui, lui appelle la population « à la mobilisation contre le régime en place qui bafoue ses droits ».
Au cours de cette journée de protestation contre les prix du carburant et l’insécurité qui a pris fin devant l’OPC, aucun des leaders politiques n’a été remarqué sur le parcours. « Ils ont rejoint l’équipe gouvernementale », dénoncent des manifestants qui n’ont pas caché leur déception.
Ce vendredi, certaines pompes à essence visitées ont gardé leurs portes fermées et cela depuis l'annonce par le gouvernement de la révision à la hausse des prix du pétrole. Selon plusieurs consommateurs c'est une stratégie utilisée par « les responsables des pompes pour pouvoir vendre aux nouveaux tarifs les produits pétroliers qu'ils avaient déjà en stocks ». Cependant, dans d'autres stations-service, les nouveaux prix fixés par le pouvoir n'ont pas encore été appliqués, peut-être par peur de représailles des membres de la population.
Les 6, 7 juillet 2018, le pays avait connu une protestation sans précédent suite à la décision du gouvernement d’alors d’augmenter les prix du carburant. Un mouvement spontané qui a causé des scènes de pillages et qui avait poussé le premier ministre d’alors Jacques Guy Lafontant à la démission.
Par Juhakenson Blaise
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