PubGazetteHaiti202005

Haïti/ Insécurité : Préoccupé, le BINUH appelle les autorités à neutraliser les gangs armés   

Helen B. La Lime représentant de l'ONU, Haïti

En prélude à la commémoration du 73eme anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, ce 10 décembre, le Bureau intégré des nations unies en Haïti (BINUH), dans un communiqué de presse publié ce jeudi 9 décembre 2021, a peint un tableau sombre de la réalité sécuritaire en Haïti. Selon l’ONU,  « les haïtiens vivent un enfer sous le joug des gangs armés ».
 
Le BINUHb fait état dans son communiqué des cas de viols, de meurtres, de vols, d’attaques armées, d’enlèvements dont sont quotidiennement victimes des membres de la population souvent « livrés à eux-mêmes, dans les quartiers défavorisés et marginalisés de Port-au-Prince et au-delà ».
 
Pour le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), cette situation empêche la circulation des personnes et des biens dans différentes régions présentées comme zones de non-droit.
 
Plus de 460 enlèvements enregistrés depuis janvier 2021
 

Sur les réseaux sociaux et les médias, les cas d’enlèvement sont souvent rapportés et prennent une progression fulgurante, selon le bureau qui rapporte que la police nationale d'haïti a enregistré plus de 460 cas depuis janvier 2021, soit déjà le double par rapport à 2020.
 
Prise en proie par l’insécurité, la population ne sait toujours pas à quel saint se vouer. Les autorités policières semblent dépassées par les évènements 
« Les viols de jeunes filles revenant de l’école ou encore les viols collectifs de femmes enlevées ou attaquées dans les transports en commun se comptent par plusieurs dizaines chaque mois », déplore le BINUH.

 
De surcroît, le nombre de personnes tuées et blessées a aussi considérablement augmenté, dépassant de loin les tendances de 2019 et 2020, selon le bureau représentant l’ONU en Haïti rappelant l’attaque « délibérée et sanglante » sur un bus traversant le quartier de Martissant faisant au moins cinq morts et une douzaine de blessés, le 1er décembre dernier et la tuerie de plusieurs personnes marchant dans les rues du quartier de Bel Air.

 
« Parallèlement aux atteintes à l’intégrité physique, les bandes criminelles contrôlent des services de base et de l’économie locale. Les commerçants locaux sont forcés de payer des taxes aux chefs des bandes criminelles, sur les biens et marchandises vendus. Les services de l’éducation et de la santé sont aussi fortement affectés par les activités des éléments armés », constate le BINUH.
 
 
Le BINUH appelle à la neutralisation des gangs
 
Dans ce communiqué de presse, le BINUH appelle aussi les autorités étatiques à assurer une réponse policière et judiciaire efficace pour neutraliser l’influence de ces gangs et juger leurs leaders, tout en mettant en œuvre la stratégie nationale de désarmement. « Le BINUH et l’ensemble du système des Nations Unies en Haïti renouvellent leur engagement à œuvrer pour la justice, l’égalité, la dignité et les droits de l’homme pour toutes les haïtiennes et tous les haïtiens », conclut le communiqué.

Ce communiqué de presse survient quelques jours après l’intrusion de bandits sans foi ni loi au sous commissariat de Martissant avant de vandaliser les locaux de l’institution. 

Rappelons que dans une intervention devant le Conseil de Sécurité  des Nations-Unies, la représentante du Secrétaire Général de l'organisation, Helen La Lime avait vanté les mérites de la Fédération des Gangs ( G9) qui aurait facilité  une diminution des actes de banditisme dans le pays. Une déclaration qui avait provoqué un onde de choc dans le pays. 

Elle allait par la suite rétracter pretextant que ses paroles ont été mal interprétées. 

 

 

 

Par: Daniel Zéphyr

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