Des jeunes arborant des t-shirts blancs, munis de sifflets agrémentent un peu l'ambiance dans la foule à l'occasion de la marche pacifique de dimanche. Après le mouvement "bat ténèb", le sifflet est un autre instrument visé par le Groupe volontariat pour la protection de l'Humanité (GVPH) pour aider à diminuer les actes de kidnapping dans le pays.
Jeff, sifflet bien accroché dans sa bouche, marche avec détermination dans la foule. Il siffle çà et là pour crier contre les actes d’enlèvement dans le pays. Dans cette marche contre le kidnapping initié par le secteur médical pour entre autres réclamer justice pour le Dr Ernst Pady assassiné lors d'une tentative d'enlèvement, ils sont plusieurs dizaines à siffler.
Odelair Pierre, instigateur du mouvement "sifflons pour contrecarrer le kidnapping" à travers sa structure GVPH, explique que cette initiative se veut de mobiliser les citoyens aux éventuels cas de rapt. "Le docteur a résisté pendant deux minutes avec un groupe de ravisseurs lourdement armés si cette initiative a été déjà prise, les citoyens pourraient intimider les ravisseurs en sifflant partout pour mobiliser les zones avoisinantes concernant ce cas", avance M. Pierre qui se dit interpellé en tant que citoyen haïtien.
Par cette initiative, dit-il, les citoyens munis d'un sifflet pourraient alerter les zones, les policiers à chaque fois qu'ils ont été témoins d'un enlèvement dans leur zone.
"Il faut des initiatives autour de ce phénomène. Nous ne devons pas rester les bras croisés. Nous devons apporter notre grain de sel dans le combat contre le kidnapping. Nous allons distribuer des sifflets dans les quartiers", soutient-il. Il précise que les forces de l'ordre seront signifiées de cette initiative visant à les alerter sur des cas de kidnappings à chaque fois qu'un concert de sifflets a été entendu.
"Le sifflet est un mauvais symbole pour le ravisseur. Le sifflet représente le rassemblement. Les esclaves utilisaient le lambi pour se rassembler avant de faire la cérémonie du Bois Caïman", se souvient Odelair Pierre qui explique que le GVPH s'est enregistré dans plusieurs pays dont les États-Unis, le Canada, la France et Haïti.
Le président du GVPH qui reconnaît que la police est impuissante face au phénomène de kidnapping parce que les policiers sont dépourvus de moyens surtout logistiques, souhaite renouer avec les vieilles habitudes ancestrales pour aider le pays à sortir de ce mauvais cycle.
"Avant les citoyens étaient concernés, aujourd'hui, tel n'est plus le cas. Ce n'est pas normal, chacun reste dans son petit coin. Cette méfiance doit cesser et chaque citoyen doit se soucier de l'autre. Jadis, nos ancêtres avaient eu à prendre des initiatives comme des 'combite, corvée, brigade'. On a perdu ça. Ce genre d'initiative se veut de renouer à cette pratique", indique-t-il , signalant qu'il y a la nécessité de faire front commun contre le kidnapping.
Il souhaite par ailleurs que la population embrasse cette initiative pour essayer de contenir les actes de kidnapping qui détruisent la classe moyenne. "La République dominicaine séduit actuellement les investisseurs haïtiens. Si ceux faisant partie de la classe moyenne laissent le pays pour la République dominicaine, c'est fini pour nous", craint-il.
Par Michel Césaire
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