PubGazetteHaiti202005

Migration : le GARR fait le point sur le calvaire des immigrants haïtiens, notamment en République dominicaine

@Tamarre Pierre

La situation des Haïtiens à l’étranger devient de mal en pire. Face à ce constat alarmant, le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) a dressé un état des lieux lors d’une conférence de presse ce mercredi 6 mai 2026. De la République dominicaine au Mexique, en passant par les États-Unis, Canada, Porto Rico, Bahamas, Jamaïque et les Turks and Caicos, le calvaire des Haïtiens en quête d’un mieux-vivre hors du pays se poursuit.


La situation des migrants haïtiens ne cesse de se détériorer à travers le monde, une réalité qui alarme vivement le GARR. L’organisation dénonce un contexte critique, marqué par des atteintes répétées aux droits fondamentaux.

Prenant la parole, le responsable de communication, Stenley Orbruth Doriscar, a dressé un constat préoccupant de la migration haïtienne, étroitement liée à la crise profonde que traverse le pays. Il a pointé du doigt l’insécurité généralisée, la flambée des prix, la précarité économique et le manque de services de base comme autant de facteurs majeurs qui poussent chaque jour des milliers d’Haïtiens à quitter leur terre.


Dans ce contexte, les migrants haïtiens se retrouvent exposés à des conditions de vie de plus en plus difficiles dans les pays d’accueil.

En République dominicaine, le GARR dénonce une recrudescence des actes de discrimination, de racisme et de maltraitance à l’encontre des migrants haïtiens. Femmes enceintes, mères allaitantes et nourrissons figurent parmi les principales victimes de ces pratiques. L’organisation cite notamment des cas d’expulsions de femmes quelques jours seulement après leur accouchement, dans des conditions jugées inhumaines.

La situation n’est guère plus reluisante dans d’autres pays de la région. Aux États-Unis, les politiques migratoires restrictives, les opérations de l’ICE et les incertitudes autour du statut de protection temporaire (TPS) plongent des centaines de milliers d’Haïtiens dans l’angoisse. Des cas de décès en détention ont également été rapportés. Au Mexique, les conditions de vie des migrants haïtiens continuent de se détériorer, illustrées notamment par des drames survenus dans des centres de détention.

Dans les territoires comme les Turks and Caicos ou encore Porto Rico, plusieurs interceptions de migrants haïtiens ont été enregistrées en mer depuis le début de l’année, témoignant de la persistance des traversées clandestines malgré les risques élevés. Parallèlement, le Canada a renforcé son système d’asile, compliquant davantage les démarches pour les demandeurs haïtiens.

Le GARR a également mis en lumière l’ampleur des expulsions. Pour le premier trimestre de l’année 2026, plus de 68 000 Haïtiens ont été rapatriés, un chiffre en nette hausse par rapport à la même période en 2025. Rien que pour le mois de mars, plus de 22 000 personnes ont été renvoyées au pays, dont une majorité via la frontière haïtiano-dominicaine.

Face à cette situation, l’organisation appelle à une mobilisation urgente des institutions de défense des droits humains afin de garantir le respect de la dignité des migrants haïtiens. Elle exhorte également les États concernés à revoir leurs politiques migratoires jugées discriminatoires et à mettre fin aux pratiques abusives.

Le GARR insiste sur la nécessité pour l’État haïtien d’assumer pleinement ses responsabilités en s’attaquant aux causes profondes de la migration. Amélioration des conditions de vie, lutte contre l’insécurité et création d’opportunités économiques apparaissent comme des leviers indispensables pour freiner l’exode et offrir aux citoyens la possibilité de vivre dignement dans leur pays.

Wideberlin Sénexant

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