Deux tremblements de terre, dont l’un devenu le plus puissant en plus d’un siècle dans le pays, ont frappé l’ouest de Caracas, dans la soirée de mercredi. Les spécialistes redoutent un bilan « lourd » et des dégâts « importants ».
Deux puissants tremblements de terre ont frappé coup sur coup le Venezuela, mercredi 24 juin au soir, faisant au moins 164 morts et près de 1 000 blessés, d’après un nouveau bilan provisoire annoncé par la présidente par intérim Delcy Rodriguez. Une trentaine de répliques se sont par ailleurs produites depuis le double séisme, a ajouté la dirigeante.
Dès l’annonce des tremblements de terre, le service géologique des Etats-Unis (USGS) a dit craindre un bilan « lourd » et des dégâts « importants ».
Selon l’USGS, une première secousse, de magnitude 7,2, est survenue à 18 h 04 (heure locale, 0 h 04 jeudi, à Paris) à une profondeur de 21,9 kilomètres, à environ 170 kilomètres à l’ouest de Caracas, la capitale. Une deuxième, de magnitude 7,5, à 10 kilomètres de profondeur, a été enregistrée 39 secondes plus tard, à 45 kilomètres de là.
Ce second séisme est le plus puissant en plus d’un siècle dans le pays, selon ses données historiques. L’institut avait enregistré, le 29 octobre 1900, un tremblement de terre d’une magnitude estimée à 7,7 au large des côtés du pays, au nord-est de Caracas. Mercredi, l’USGS a évoqué un « double événement » et une « catastrophe qui devrait avoir une ampleur considérable ».
Des dégâts importants
La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a déclaré l’état d’urgence. Dans une allocution télévisée, la cheffe de l’Etat a annoncé la fermeture de l’aéroport international de Maiquetia - Simon-Bolivar, qui dessert Caracas, « pour graves dommages à l’infrastructure ».
Des dizaines d’édifices se sont effondrés ou ont été gravement endommagés dans la région de La Guaira, au nord de Caracas, a rapporté une reporter de l’Agence France-Presse (AFP). Dans la capitale, des photographes de l’AFP ont vu les secours s’organiser autour des débris d’immeubles. Des personnes ont été sorties des décombres, attachées sur des brancards ; d’autres ont été conduites vers des ambulances. « Cela a commencé doucement, puis s’est progressivement amplifié, et finalement nous avons tous dû quitter nos maisons, sortir et nous rassembler », a déclaré Hector Ricci, un habitant de la capitale.
Une journaliste de l’AFP a vu un immeuble de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d’Altamira. A l’extérieur, des gens criaient les noms de leurs proches et certains bénévoles grimpaient sur les décombres pour les inspecter. « Nous avons besoin de lampes torches ! », criait l’un d’eux.
Secousse ressentie jusqu’en Colombie
Alors que plusieurs pays ont proposé leur aide au Venezuela, une mission de l’ONU spécialisée en droits humains a appelé, jeudi, les autorités vénézuéliennes à « immédiatement » débloquer l’accès aux réseaux sociaux et aux médias. « Dans les heures et les jours à venir, l’accès à l’information sera une question de vie ou de mort », a souligné, dans un communiqué, la mission de l’ONU.
Le ministre de l’intérieur, Diosdado Cabello, a déclaré que les secousses avaient été ressenties dans plusieurs Etats. Il a ajouté que plusieurs immeubles s’étaient effondrés dans la capitale et a annoncé avoir ordonné la coupure de l’alimentation en gaz. « Certaines structures ont été endommagées et nous voulons éviter tout accident lié au gaz », a-t-il écrit sur X. Des coupures d’électricité ont été signalées à Caracas.
La secousse a été ressentie jusqu’en Colombie, dans la capitale, Bogota, pourtant distante de 1 000 kilomètres à vol d’oiseau. Selon l’unité de gestion des risques et désastres colombiens « il n’y a pas de risque de tsunami sur la côte caraïbe colombienne ».
Des catastrophes rares au Venezuela
« Les caractéristiques de cet événement, avec une faible profondeur et une magnitude élevée, font que les ondes se propagent à travers toute la croûte terrestre et qu’il est donc largement ressenti sur le territoire colombien », a expliqué Freddy Tovar, coordinateur du Réseau sismologique national de Colombie.
Les forts tremblements de terre sont rares au Venezuela, frappé en juillet 1967 par un séisme de magnitude 6,3, qui avait fait entre 200 et 300 morts. Bien que le pays soit situé à proximité de plusieurs failles sismiques, sa position à cheval sur les plaques sud-américaine et caraïbe rend les séismes beaucoup moins fréquents que dans d’autres régions d’Amérique latine.
Le long de la côte Pacifique — au Mexique et au Chili, par exemple — les séismes sont en revanche fréquents. Ces deux pays se trouvent sur la ceinture tectonique connue sous le nom de « ceinture de feu » du Pacifique, responsable de 90 % des séismes, selon l’USGS.
avec AFP
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