PubGazetteHaiti202005

« Le CPT doit être dissout d’ici le 7 février, sans que des acteurs corrompus ne cherchent à s’immiscer dans le processus électoral haïtien à des fins personnelles », les États-Unis tranchent à l'ONU 

Illustration de Louidjy Beaubrun

Les États-Unis ont durci le ton sur la crise haïtienne lors d’une séance du Conseil de sécurité des Nations unies, le 29 janvier 2026. Par la voix de leur mission diplomatique, Washington soutient le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, exige la dissolution du Conseil présidentiel de transition et plaide pour un recentrage strict du rôle des Nations unies dans la stabilisation d’Haïti.


Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité, le 29 janvier 2026, une nouvelle résolution sur la situation en Haïti. Les États-Unis ont salué cette décision, remerciant le Panama, coauteur du texte, pour sa contribution au consensus obtenu autour de cette initiative jugée décisive pour la sécurité et la stabilité du pays.


S’exprimant au nom de la Mission des États-Unis auprès des Nations unies, l’ambassadrice Jennifer Locetta, représentante suppléante pour les affaires politiques spéciales, a réaffirmé le soutien « indéfectible » de Washington à Haïti. Les autorités américaines estiment que le maintien du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à la tête du gouvernement demeure essentiel dans la lutte contre les gangs armés et pour le rétablissement de l’ordre public.


Au cœur de la position américaine figure l’appel explicite à la dissolution du Conseil présidentiel de transition (CPT). Comme l’a déclaré le secrétaire d’État Marco Rubio, cette instance « doit être dissoute d’ici le 7 février, sans que des acteurs corrompus ne cherchent à s’immiscer dans le processus électoral haïtien à des fins personnelles ». Une prise de position conforme à celle déjà adoptée par les USA par rapport à la fin du mandat du conseil présidentiel de transition. 


Washington insiste également sur la complémentarité des mécanismes internationaux engagés en Haïti. La Force de répression des gangs, le Bureau d’appui des Nations unies en Haïti, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) et l’Organisation des États américains sont appelés à agir de manière coordonnée, tout en respectant des mandats distincts.


Conformément au décret du président Donald Trump sur la participation des États-Unis aux organisations multilatérales, les autorités américaines ont plaidé pour un mandat allégé du BINUH.
 Selon Washington, ce bureau onusien doit se recentrer sur ses fonctions essentielles : appuyer la préparation des élections, soutenir l’élaboration d’un programme de désarmement, de démantèlement et de réintégration des membres de gangs capturés, et rendre compte de manière rigoureuse de la situation sur le terrain.

Malgré ce recentrage, les États-Unis considèrent le BINUH comme un pilier des efforts internationaux en Haïti. Washington assure qu’il continuera à travailler avec les autorités haïtiennes et les partenaires internationaux afin de rétablir durablement la stabilité politique et sécuritaire du pays.


À une semaine de l’échéance du 7 février, les positions se durcissent et les rapports de force évoluent rapidement. Entre retournements politiques et sanctions américaines visant des membres du CPT, la fin du Conseil présidentiel de transition apparaît de plus en plus inéluctable, exposant au grand jour l’échec d’un mécanisme désormais largement contesté. Dans ce contexte tendu, une rencontre est prévue entre la CARICOM et les principaux acteurs politiques. Reste à savoir si ces démarches permettront d’éviter une nouvelle crise au pays après le départ du CPT.

 

Wideberlin Sénexant

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