PubGazetteHaiti202005

Haïti : Lapè Pou Ayiti rejette toute nouvelle médiation de la CARICOM à l’approche du 7 février

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À quelques jours de l’expiration du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), le mouvement politique Lapè Pou Ayiti monte au créneau et dénonce avec vigueur la volonté renouvelée de la CARICOM de s’imposer comme facilitatrice dans les discussions politiques en Haïti. Dans une note de dénonciation rendue publique ce jeudi 29 janvier 2026, l’organisation rejette toute tentative d’ingérence régionale dans la gestion de l’après-7 février.


Le CPT, un produit de la CARICOM jugé « catastrophique »

Dans son document, Lapè Pou Ayiti rappelle que le Conseil présidentiel de transition est issu directement de la formule de gouvernance mise en place sous l’égide de la CARICOM. Une formule qui, selon le mouvement, n’a ni apporté la stabilité promise ni amélioré la situation sécuritaire du pays, mais a plutôt aggravé la crise multidimensionnelle que traverse Haïti.

Le mouvement estime que l’échec du CPT est indissociable de celui de la CARICOM, accusée d’avoir imposé un modèle de transition inadapté aux réalités haïtiennes et aux aspirations profondes de la population.

Une situation humanitaire et institutionnelle alarmante

À cet effet, Lapè Pou Ayiti dresse un tableau sombre de la situation actuelle : près de deux millions de personnes déplacées internes à cause de l’insécurité généralisée, environ six millions de citoyens en situation d’insécurité alimentaire aiguë, et une corruption persistante au sein des institutions publiques.

À ce sujet, le mouvement évoque notamment les rapports du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), qui font état de la gestion controversée des fonds publics par les neuf conseillers-présidents, ainsi que de la dilapidation de près de 300 millions de gourdes dans le cadre d’un référendum avorté.

Rejet des « solutions importées » et appel à une solution haïtienne

Face à ce qu’il qualifie de bilan accablant, Lapè Pou Ayiti affirme que la CARICOM doit reconnaître l’échec de sa médiation politique en Haïti. Le pays, soutient le mouvement, ne peut plus se permettre des « solutions importées » qui ignorent la réalité du terrain et les revendications du peuple.

Le mouvement plaide pour une solution strictement haïtienne, portée par des acteurs nationaux issus des secteurs progressistes, patriotiques et démocratiques, capables de définir un cadre de gouvernance légitime pour gérer l’après-7 février, dans le respect de la souveraineté et de la dignité nationales.


Tout en rejetant toute tentative de pilotage du dialogue national par la CARICOM, Lapè Pou Ayiti reconnaît que Haïti n’évolue pas en vase clos. Le mouvement admet qu’un rôle d’observation peut être joué par les organisations régionales et internationales, tout en saluant les efforts de la communauté internationale dans la lutte contre l’insécurité, notamment à travers la Force de suppression des gangs (FSG).

Cependant, il met en garde contre toute velléité visant à orienter, diriger ou imposer un processus politique de l’extérieur, estimant que de telles démarches ne feraient que reproduire les erreurs du passé.

Mise en garde contre le retour des mêmes acteurs politiques

Lapè Pou Ayiti juge « inacceptable et inadmissible » la tentative de la CARICOM de remettre au premier plan les mêmes secteurs et groupes politiques ayant participé à la mise en place du CPT. Le mouvement adresse une mise en garde directe à ces acteurs, qu’il considère comme coresponsables de l’échec de la transition actuelle.

 Lapè Pou Ayiti lance un nouvel appel à une médiation haïtienne, impliquant des secteurs jugés neutres et crédibles de la société, notamment les universités, la presse, les confessions religieuses, la Fédération des barreaux, les organisations de défense des droits humains et d’autres composantes de la société civile.


Selon le mouvement par voie de son secrétariat indique que seule une discussion nationale inclusive, transparente et orientée vers l’intérêt général pourra conduire à l’organisation d’élections libres, honnêtes et démocratiques, condition indispensable à la reconstruction d’un État fort et légitime.

 

Wideberlin Sénexant

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