PubGazetteHaiti202005

Saison cyclonique 2026  : les autorités haïtiennes misent sur la prévention et la préparation 

La Direction générale de la protection civile (DGPC)

La Direction générale de la protection civile (DGPC) a officiellement lancé, ce mardi 9 juin, les activités marquant le début de la saison cyclonique 2026. Réunissant des représentants du gouvernement, des institutions publiques et des partenaires nationaux et internationaux, la cérémonie s'est déroulée autour du thème : « An nou prepare n avan li twò ta ! » (Préparons-nous avant qu'il ne soit trop tard).


À cette occasion, les autorités ont présenté les prévisions météorologiques pour la saison débutée le 1er juin jusqu'à fin Novembre, ainsi que les différentes stratégies mises en place afin de réduire les risques et renforcer les capacités de réponse du pays face aux aléas climatiques.

Le coordonnateur de l'Unité hydrométéorologique d'Haïti (UHM), ing. Esterlin Marcelin, également représentant permanent auprès de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), a indiqué que les prévisions pour le bassin atlantique font état de 8 à 14 tempêtes tropicales nommées, dont 3 à 6 pourraient atteindre le stade d'ouragan, tandis que 1 à 3 pourraient devenir des ouragans majeurs.


La préparation au cœur de la stratégie de la Protection civile

Intervenant lors de la cérémonie, le directeur général de la Protection civile, Emmanuel Pierre, a mis l'accent sur les efforts entrepris pour renforcer les capacités opérationnelles dans les différentes régions du pays. Il a notamment évoqué le renforcement des dispositifs de communication, la mobilisation des volontaires au sein des communautés ainsi que la réalisation régulière d'exercices de simulation de réponse rapide dans plusieurs zones exposées aux risques.

Selon lui, la préparation aux catastrophes commence d'abord au niveau des ménages. C'est dans cette optique qu'un document intitulé « Plan d'urgence familial » a été distribué afin d'informer les familles sur leurs préparatifs avant, pendant et après une éventuelle catastrophe.

« Les familles doivent s'informer auprès des sources officielles et identifier dès maintenant les abris les plus proches de leur domicile », a-t-il insisté.

Le gouvernement promet des ressources pour les interventions d'urgence

Le ministre de l'Économie et des Finances qui a été représenté par le responsable de la direction générale du Budget a assuré que des ressources financières seront mises à la disposition du DGPC aussi pour des directions départementales afin de faciliter des interventions rapides en cas d'urgence.

Le représentant du titulaire du MEF a souligné que la prévention demeure un investissement rentable pour l'État. « Chaque gourde dépensée dans la prévention permet d'éviter des dépenses beaucoup plus importantes liées aux dégâts et aux pertes causés par les catastrophes », a-t-il déclaré, affirmant la volonté du gouvernement d'anticiper les risques plutôt que de subir leurs conséquences.


Des ministères mobilisés sur plusieurs fronts

Le ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC) a présenté plusieurs actions préventives déjà réalisées à travers le pays. Parmi elles figurent des travaux de curage de canaux, de nettoyage de ravines, de déblayage et d'entretien de certaines infrastructures jugées vulnérables. Ces interventions visent à améliorer la capacité de résilience des communautés face aux fortes pluies et aux inondations.

Du côté du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), Dr Sinal Bertrand a rappelé que les catastrophes naturelles peuvent favoriser l'apparition ou l'aggravation de certaines urgences sanitaires, notamment le choléra et la diphtérie. Fort des résultats enregistrés l'année dernière, le ministère entend poursuivre sa stratégie de prépositionnement des médicaments, équipements et personnels de santé dans les zones à risque.
Le responsable sanitaire s'est décerné un satisfecit en mettant en avant le renforcement des effectifs dans plusieurs centres hospitaliers grâce à une série de nominations réalisées récemment.

L'environnement, un facteur clé de réduction des risques
Le ministre de l'Environnement Valery Fils-Aimé a réaffirmé l'engagement de son ministère à collaborer pleinement avec les autres institutions impliquées dans le système de gestion des risques et des désastres.

Il a attiré l'attention sur les phénomènes de dégradation des sols, de déforestation et de mauvaise gestion des déchets, qui aggravent la vulnérabilité du pays face aux intempéries. Il a appelé la population à participer activement aux efforts de protection de l'environnement.

Le ministre a également annoncé la poursuite des actions visant à contrôler l'exploitation minière dans plusieurs zones sensibles, notamment entre Boutilliers et Kenscoff, afin de limiter les impacts environnementaux susceptibles d'accroître les risques de catastrophes.

Les collectivités territoriales sont, par ailleurs, appelées à jouer leur rôle. Ainsi, le ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, comme responsable important dans le système, est attendu sur la mobilisation pour l'implication des autorités locales dans les préparatifs de la saison cyclonique. Il a à exhorter les collectivités à renforcer leurs plans de contingence et à sensibiliser les populations aux comportements à adopter en cas d'alerte.

À travers cette cérémonie de lancement, les autorités haïtiennes ont voulu rappeler que la réduction des risques de catastrophes repose avant tout sur l'anticipation, la coordination institutionnelle et la participation active de la population. Face à une saison qui s'annonce active dans l'Atlantique, le mot d'ordre demeure le même : se préparer avant qu'il ne soit trop tard.


Wideberlin Sénexant

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