Une étude officiellement présentée par le ministère du Commerce et de l’Industrie ce vendredi 30 janvier 2026 vient sérieusement ébranler la confiance des consommateurs. Les résultats révèlent que l’eau vendue dans la région métropolitaine de Port-au-Prince est impropre à la consommation. Selon ce rapport, plus de 92 % de l’eau en sachet, en bonbonne et issue des stations de traitement est contaminée par des microbes et, dans plusieurs cas, par des matières fécales, exposant ainsi des millions d’Haïtiens à de graves risques sanitaires.
Derrière ces données froides se cache une réalité humaine inquiétante. Chaque jour, des familles entières, des enfants, des personnes âgées et des travailleurs consomment cette eau en pensant qu’elle est sûre, parce qu’elle est vendue comme « traitée » ou « potable ». En réalité, selon les autorités du MCI, elle peut favoriser la propagation de maladies hydriques graves et aggraver la fragilité déjà extrême du système de santé haïtien.
La cérémonie de cette présentation du rapport s’est tenue en présence de plusieurs hauts responsables de l’État haitien. Étaient notamment présents le ministre de la Planification, Ketleen Floreal, le directeur général du ministère de l’Environnement, Astrel Joseph, ainsi que le docteur Noel Francisco, représentant du ministère de la Santé publique. Des représentants d’entreprises du secteur de l’eau conditionnée avaient également fait le déplacement, conscients que les résultats allaient bouleverser l’image de leur industrie.
Le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, dans ses propos, n’a pas cherché à minimiser la gravité de la situation. Il a reconnu que Haïti fait face à un problème structurel qui touche directement le droit fondamental des citoyens à une eau de qualité. Il a rappelé que cette étude, réalisée de janvier 2025 à janvier 2026 et financée avec l’appui du Trésor public, visait précisément à dresser un état des lieux honnête du secteur.
Selon lui, le développement économique et social d’Haïti ne peut se construire sans un accès fiable à des biens et services sûrs. Or, l’eau, ressource vitale par excellence, est aujourd’hui au cœur d’un dysfonctionnement profond. « Les résultats que nous avons obtenus appellent à une prise de conscience collective », a-t-il souligné, insistant sur la responsabilité partagée des autorités, des entreprises et des consommateurs.
Au-delà du constat, le ministre Monazard a voulu donner une perspective. Pour lui, ce rapport ne doit pas être vu comme une simple photographie d’un problème, mais comme le point de départ d’un changement. Le MCI, à travers la Direction du Contrôle de la Qualité et de la Protection du Consommateur DCQPC entend renforcer la régulation du secteur, multiplier les inspections et imposer des standards plus stricts aux opérateurs économiques.
Il a également mis l’accent sur la nécessité d’améliorer les pratiques de gestion de la qualité au sein des unités de traitement et des entreprises de conditionnement. Sans un encadrement rigoureux et des contrôles réguliers, a-t-il averti, le marché continuera de mettre en circulation des produits qui exposent la population à des risques évitables.
C’est justement cette confiance que le ministère du Commerce et de l’Industrie dit vouloir restaurer. À travers une surveillance accrue, des sanctions contre les entreprises fautives et une sensibilisation du public, les autorités espèrent assainir progressivement le secteur. L’objectif affiché est clair : garantir à chaque citoyen une eau réellement potable, conforme aux normes de qualité et sans risque pour la santé.
Dans un pays confronté à de multiples crises, la question de l’eau pourrait sembler secondaire. Pourtant, elle est au cœur de la vie quotidienne et du bien-être collectif. L’étude de la DCQPC rappelle avec force que sans une eau saine, aucun développement durable n’est possible.
Reste maintenant à savoir si cette alerte sera suivie d’actions concrètes et durables. Pour des millions d’Haïtiens, il ne s’agit pas d’un débat technique, mais d’une question de santé publique.
Arnold junior Pierre
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