Des protagonistes de l’accord Montana et de celui du 11 septembre réuni hier lundi 18 juillet à l’hôtel Karibe Covention Center dans le but de préparer le terrain pour le début des négociations politiques. La majorité des personnalités contactées par la rédaction rapporte que la rencontre a été un peu houleuse avec le point de discorde: l’exécutif bicéphale ou monocephale.
Cette 3ème rencontre ne s’est pas passée comme prévu. En effet, la tension a monté d’un cran lors de cette troisième rencontre lundi à l’hôtel Karibe entre les tenants de l’accord de Montana, le Premier ministre et ses alliés de l’accord du 11 septembre. Ces acteurs importants dans la résolution de la crise, n’ont pas pu s’entendre sur la question de l’exécutif bicéphale ou moncéphale.
Il ne s’agit pas encore de se mettre d’accord sur un exécutif bicéphale ou moncéphale pour mener la transition, mais tout simplement d’introduire ce point dans les négociations pour en discuter ensuite. Montana est accroché à un exécutif à deux têtes évoquant la Constitution alors que les signataires de l’accord de la Primature estiment que le Premier ministre doit continuer à être le seul chef à la tête du pays en attendant les élections générales.
« La rencontre hier s’inscrit dans le cadre d’un dialogue politique, pour arriver à des négociations politiques. Durant les rencontres, on prépare l’agenda politique. Nous avons proposé la question du rétablissement des institutions républicaines passant par l’exécutif. C’est le premier point que Montana a souhaité qui soit ajouté à l’agenda politique. La délégation du 11 septembre n’était pas d’accord », a rapporté James Beltis, président du conseil national de transition de l’accord du Montana, précisant que la délégation du 11 septembre voulait discuter plutôt d’autres choses.
La séance a été houleuse. A plusieurs reprises, les représentants de l’accord du 11 septembre ont dû prendre des séances à huis clos pour discuter de la proposition de l’accord de Montana d’intégrer la question de la forme de l’exécutif comme premier point de l’agenda politique. Finalement, la rencontre a été suspendue. « Ils voulaient plus de temps entre eux pour discuter sur la proposition du Montana », indique Beltis.
Joint par la rédaction de Gazette-Haïti, le porte-parole du secteur démocratique et populaire aussi un des représentants de l’accord du 11 septembre, André Michel n’a pas souhaité révéler si oui ou non la question de la forme de l’exécutif a été demandée d’être intégrée dans l’agenda.
« Pour la commission du 11 Septembre, il faut concentrer les discussions sur les vrais problèmes du pays, tels que : La sécurité des citoyens et la lutte contre le Kidnapping, la misère de la Population, la lutte contre la corruption et la contrebande, les modifications essentielles à apporter à la Constitution et les structures transparentes à mettre en place pour remettre le pouvoir politique aux représentants du Peuple », répond-il.
Bien que des tensions ont ponctué la rencontre, André Michel rapporte que « l’essentiel c’est que la rencontre a pris fin dans la sérénité ». Il informe que l’accord politique pour une gouvernance apaisée et efficace de la période intérimaire travaille sur une proposition d’agenda qui sera soumise à l’équipe MONTANA/PEN.
« Une entente avec MONTANA sera insuffisante »
Plusieurs rencontres ont été effectuées avec l’équipe du Montana/Pen dont la dernière en date effectuée hier lundi qui a failli terminer en queue de poisson. L’homme de loi André Michel croit mordicus que les autres acteurs de crise doivent être de la partie.
« Le dialogue doit être multilatéral et multisectoriel. Il s’agit de négocier avec tous les acteurs majeurs de la classe politique et de la société civile. C’est notre compréhension de la géographie politique actuelle. Une entente avec le seul Groupe MONTANA sera insuffisante. Voilà pourquoi, nous entendons discuter, en même temps, avec tous les protagonistes de la crise », dit-il.
Interviewé par le quotidien Le Nouvelliste, l’ancien député Antoine Rodon Bien-Aimé a bel et bien confirmé les propos de James Beltis, président du conseil national de transition de l’accord de Montana joint par la rédaction de Gazette-Haïti News. « Un exécutif bicéphale c’est le point qui fâche. Il n’y a pas trop de problèmes sur les autres points sinon de petites modifications…», a avancé l’ancien député Antoine Rodon Bien-Aimé.
« Nous avons exigé l’introduction en priorité du point relatif à un exécutif bicéphale dans les discussions. Après de longues discussions, l’équipe de la Primature a demandé une suspension pour aller réformuler sur ce point. Ils nous ont dit qu’ils vont nous contacter après », a rapporté Antoine Rodon Bien-Aimé. « Nous attendons maintenant la Primature pour avancer avec les négociations », a-t-il dit.
Le Premier ministre a dû laisser la rencontre laissant ses alliés de l’accord du 11 septembre de poursuivre les discussions.
« Une tension palpable sur Twitter »
Sur Twitter, la tension était un peu palpable. « Le dialogue politique entre Montana et le pouvoir de Ariel Henry a pris fin pour vette journée du 18 juillet 2022. Nous exigeons le rétablissement de la constitution 1987 comme premier point des discussions; le 11 septembre requiert du temps pour réfléchir. Nous les attendons mais le peuple ne va pas poireauter », écrit le bureau de suivi de l’accord du Montana sur Twitter.
« La troisième rencontre de la Commission du 11 Septembre avec la Commission MONTANA/PEN s’est achevée dans la sérénité malgré les divergences.Nous entendons poursuivre les discussions avec tous les protagonistes de la crise.Le dialogue multilatéral est la seule solution.Ann pale! », écrit André Michel sur Twitter.
Les deux partis ne savent toujours pas à quand une prochaine rencontre. Cependant, ils campent sur leur position. Montana attend dans les heures à venir une proposition d’agenda de la part de l’accord du 11 septembre.
Par: Daniel Zéphyr
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