191 personnes ont été assassinées, au moins 18 femmes violées, 81 maisons, 57 véhicules ont été incendiés, et 158 enfants sont devenus orphelins, suite aux attaques du gang « 400 mawozo », dans le fief du groupe de gang « Chen mechan », lors des affrontements violents entre ces deux groupes rivaux. « Ce carnage » a éclaté par ces groupes armés à la fin du mois d'avril et au début du mois de mai 2022, à la Plaine du Cul-de-Sac, rapporte le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), le lundi 27 Juin 2022, dans un rapport.
Le Réseau National de Defense des Droits Humains RNDDH a fait le bilan définitif du « carnage » éclaté à la Plaine du Cul-de-Sac, par des gangs rivaux.
Lors des attaques perpétrées par le gang «400 mawozo » dans le fief du groupe de gang « Chen mechan », à la Plaine du cul de sac, en date du 24 avril au 6 mai 2022, des pertes humaines et matérielles ont été enregistrées. En effet, 191 personnes ont été assassinées, 76 femmes, 6 filles et 2 garçons. Au moins 18 femmes ont été violées. 17 d’entre elles ont été exécutées par la suite. 81 maisons et 57 véhicules au moins ont été incendiés. De nombreuses personnes ont été blessées par balles ou à l’arme blanche et 158 enfants sont devenus orphelins, rapporte le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), le lundi 27 Juin 2022, dans un rapport.
48 des personnes tuées ont été présentées au RNDDH comme étant des membres ou des proches de l'un des gangs armés qui s'affrontaient.
En outre, des parents ont assisté à l'exécution de leurs progénitures, d'autres ont été assassinés en présence de leurs enfants , dont la plupart sont en bas âge. Deux nombreuses personnes ont été obligées d'abandonner leurs proches, et au moins un conjoint a été assisté aux viols répétés de sa compagne, au cours de ce carnage, indique le RNDDH.
Le RNDDH rappelle avoir publié un rapport préliminaire en date du 10 mai 2022. Ce rapport, selon lui, n'avait retracé que les faits et campé le profil des protagonistes. Par cette nouvelle publication du 27 juin 2022, il tient à relater les témoignages des victimes survivantes, dans le but de faire la lumière sur la fureur avec laquelle les bandits armés se sont attaqués à la population et les actions entreprises par les autorités policières et judiciaires.
En ce sens, les autorités policières ont affirmé avoir mené plusieurs opérations dans la zone et procédé à l’arrestation de quelques individus impliqués dans ce carnage. Pour leur part, 2 mois après, les autorités judiciaires ne peuvent toujours pas fournir d’informations précises sur les actions entreprises, en vue de mettre l’action publique en mouvement à l’encontre des bandits armés impliqués dans ce carnage, dont des chefs de gangs armés très connus, précise le rapport.
La situation reste et demeure tendue à la Plaine du Cul de Sac jusqu'à maintenant. Les gens déplacés sont aux abois, car ces derniers qui s'étaient réfugiés sur la place publique de Clercine sont pressurés par les autorités locales, dans le but de laisser la place. Ils ne savent où aller ayant pour la plupart, perdu tout ce qu'ils possédaient. Cependant, selon le rapport, la base des « Chen Mechan » continue d’exécuter des jeunes, sous prétexte qu’ils servent d’antenne au gang armé des « 400 Mawozo ».
Le RNDDH recommande aux autorités concernées, sur la base des résultats de son enquête de:
Fournir un accompagnement financier, médical et psychologique aux survivants-tes du Carnage de la Plaine du Cul-de-Sac ;
Porter la DCPJ à enquêter sur les actes attentatoires aux vies et aux biens perpétrés à la Plaine du Cul-de-Sac du 24 avril au 6 mai 2022, en vue de transmettre aux autorités judiciaires un rapport circonstancié, pour la mise en mouvement de l’action publique à l’encontre de tous ceux qui y sont impliqués ; Porter la DCPJ à enquêter sur les relations de proximité existantes entre certains journalistes, des personnalités publiques et des bandits armés ; Porter l’IGPNH à enquêter sur l’implication de matériels et équipements policiers - notamment de l’UDMO - dans la perpétration du Carnage de la Plaine du Cul-de-Sac ; Mettre fin aux distributions des armes et munitions aux bandits armés ; Remettre en place les brigades anti-contrebande en vue de freiner l’entrée sur le territoire national, des armes et munitions illégales.
Dans un rapport préliminaire rendu public en date du 10 mai 2022 par le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), le déroulement de l’attaque a été reconstitué et un bilan partiel des victimes a été présenté. Le RNDDH a cependant expliqué qu'il a continué ses investigations, en accordant une attention particulière aux circonstances dans lesquelles les violations massives aux droits humains enregistrées, ont été perpétrées par les bandits armés.
Dans l'objectif de la réalisation de ce travail, le Réseau National de Défense des Droits Humains, s'est entretenu avec les responsables ; Des commissariats de la Croix-des-Bouquets et de Tabarre ; Du Parquet près le Tribunal de première instance de la Croix-des-Bouquets ; Des Tribunaux de paix de la Croix-des-Missions et de la Croix-des-Bouquets ; De l’Inspection Générale de la Police Nationale d’Haïti (PNH) ; De la Direction Départementale de l’Ouest ; De la Direction Centrale de la Police Administrative (DCPA) ; • De la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).
Plus loin, le Reseau National de Defense des Droits Humains dit recueillir les témoignages de deux-cent-huit (208) victimes survivantes du Carnage de la Plaine du Cul-de-Sac, lors d’entretiens effectués durant la période allant du 26 avril au 7 juin 2022.
Soulignons que deux (2) mois après le Carnage de la Plaine du Cul-de-Sac, la situation générale de la zone reste encore très précaire. Les victimes vivent dans la peur constante d’autres attaques du gang armé des 400 Mawozo alors qu’elles continuent de subir des raids sporadiques menés par la base des Chen Mechan qui continue de rechercher, au sein de la population, des personnes qui pourraient avoir des liens avec le gang des 400 Mawozo.
Par: Gazette Haïti News
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