PubGazetteHaiti202005

La guerre en Ukraine bouscule la campagne présidentielle française

MICHEL EULER / AFP

À 44 jours du premier tour de la présidentielle, la campagne est percutée par la guerre en Ukraine. Les menaces russes aux portes de l'Europe occupent tout l'espace. Les candidats sont obligés de s’adapter. Mais c’est avant tout Emmanuel Macron qui doit changer ses plans.


Tout est prêt pour sa déclaration de candidature. Le président n'a plus qu'à appuyer sur le bouton. Le plan est simple : une annonce en milieu de semaine prochaine, puis un meeting à Marseille, le samedi 5 mars. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Emmanuel Macron a autre chose en tête : l'Ukraine, matin, midi et soir. Entre sommet européen, visioconférence du G7, et coups de téléphone à Vladimir Poutine, le chef de l'État est loin, très loin de la campagne présidentielle.

Le président-candidat ou le candidat-président va encore rester au-dessus de la mêlée. Pas par choix, mais bien obligé, contraint par Vladimir Poutine. Le maître des horloges n'est plus à l'Élysée, mais au Kremlin.


Un avantage pour Macron ?


En cas de crise, les Français se tournent traditionnellement vers le président. On l'a vu pendant le Covid. Les adversaires d'Emmanuel Macron n'en ont pas profité, la cote de popularité du chef de l'État était restée élevée. Aujourd'hui, le costume de président en période de guerre accentue encore plus le décalage entre celui qui se trouve aux manettes du pays et ceux qui aimeraient le remplacer.


D'un côté, Emmanuel Macron en président protecteur, chef de l'Union européenne ; de l'autre, des adversaires qui ne peuvent que lui demander des comptes. Le chef de l'État multiplie les gestes pour jouer cette carte : allocution solennelle hier, tête-à-tête ce vendredi matin à l'Élysée avec ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy, message au Parlement l’après-midi. Une autre prise de parole face aux Français n'est pas exclue.

Le président devra endosser le costume de candidat avant le 4 mars, date à laquelle le Conseil constitutionnel validera les candidatures. Mais sous quelle forme ? En pleine guerre en Ukraine, comment s'afficher sur une scène de meeting avec musique et applaudissements ? Et si sa venue au Salon de l'agriculture ce samedi est pour l'instant maintenue, des allusions à sa candidature ou une journée marathon auprès des agriculteurs sont exclues. L'Élysée va plutôt organiser une visite sobre. Pour l'instant, le plan de campagne d'Emmanuel Macron est sur pause.

Une campagne anesthésiée

Si Valérie Pécresse, Anne Hidalgo ou Éric Zemmour ont repris leurs déplacements aujourd'hui, la campagne est écrasée, anesthésiée en partie par la guerre en Ukraine. Difficile, voire impossible d'imposer un autre sujet dans le débat. Tous les candidats ont d'ailleurs fait des déclarations sur le sujet. Certains ont même dû réaliser de belles figures acrobatiques, dans la catégorie volte-face. 

Dans cet exercice, Éric Zemmour remporte le premier prix. Le candidat de Reconquête! est un grand admirateur du chef du Kremlin. En 2018, il « rêvait d’un Poutine français ». Il y a encore cinq jours, il minimisait les alertes américaines sur une intervention russe parlant de « propagande » des États-Unis. Rétropédalage ce jeudi : Éric Zemmour condamne l'opération russe. Et pour que ce soit bien clair, un écriteau le précisait noir sur blanc sur son pupitre.

Marine Le Pen, elle non plus ne croyait pas à cette attaque russe en Ukraine. Elle aussi a changé de pied hier. À l'extrême gauche, c'est Jean-Luc Mélenchon qui est épinglé. Le candidat de la France insoumise est critiqué pour avoir dit que « l'Otan était l'agresseur ».
Dans ce contexte, la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen s’attend à une campagne éclair du président sortant. Ce sera très difficile pour les candidats à la présidentielle d'attaquer Emmanuel Macron, les occasions seront plus rares qu'espérées, le chef de l'État s'abîmera moins que les autres dans la bataille électorale.


Par: Gazette Haiti avec RFI

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