PubGazetteHaiti202005

Le gouvernement dominicain lance la construction d’un mur électrifié à la frontière avec Haiti

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Le gouvernement dominicain a lancé ce dimanche 20 février 2022 la construction d’un mur électrifié à la frontière avec Haiti. Lors de cette cérémonie, le président de la République Dominicaine Luis Abinader soutient que cette initiative vise à contrôler l’immigration clandestine et le crime. Quelques jours avant ce lancement officiel, Luis Abinader s’est entretenu avec Ariel Henry pour l’en informer. Une initiative qui a soulevé la colère de plus d’un.


La République Dominicaine n’a pas fini avec ses mesures tendant à limiter le flux migratoire dans son pays. Le gouvernement dominicain a commencé hier dimanche la construction d’un mur électrifié au niveau de la frontière séparant les deux pays.  


Cette barrière « bénéficiera aux deux pays, car elle permettra de contrôler beaucoup plus efficacement le commerce bilatéral, de réguler les flux migratoires pour lutter contre les mafias de trafic d'êtres humains, de lutter contre le trafic de drogue et les ventes illégales d’armes », a déclaré le président de la  République Dominicaine lors de la cérémonie de lancement pour justifier l’initiative.


La première étape lancée dimanche comptera 54 kilomètres de clôture « dans les zones les plus peuplées et sensibles de la frontière », selon Luis Abinader. Une deuxième étape prolongera le mur de 110 kilomètres. Le mur s'étendra ainsi sur 164 des 380 kilomètres de la frontière poreuse entre les deux voisins qui se partagent l'île d'Hispaniola. Le mur en béton armé sur lequel sera posée une structure métallique sera haut de 3,90 mètres et épais de 20 centimètres. Il y aura 70 tours de surveillance et de contrôle.


En République Dominicaine, ce projet a été critiqué vertement par certaines organisations de défense des migrants, estimant qu’il provoquera « la xénophobie et le racisme ». Le maire de Dajabon, Santiago Riveron, a déclaré à l'AFP qu'il n'était pas d'accord « avec ce type de mur », car « le vrai mur, c'est celui de l'économie » et de la corruption, accusant des « militaires d'encaisser des pots-de-vin de 100 ou 200 pesos (2 ou 4 dollars) » par immigrant clandestin.


Le gouvernement haïtien était informé 


Avant la construction de ce mur électrifié, le gouvernement haïtien était informé par l’entremise d’une conversation téléphonique entre le premier ministre Ariel Henry et le président de la République Dominicaine, Luis Abinader. Une correspondance adressée par la chancellerie haïtienne à l’attention des ministres du gouvernement avait confirmé la nouvelle.

« Au cours de la conversation, le mandataire dominicain a officiellement informé le Premier Ministre du projet du Gouvernement dominicain de construction d'un mur électrifié le long de la frontière séparant les deux pays. Le Président dominicain, a proposé la création d'un comité mixte d'experts dans le domaine géo-spatial pour s'assurer du respect de la position des bornes frontalières », avait indiqué la chancellerie aux ministres dans cette correspondance.

Un ultimatum affront pour la nation haïtienne, selon Claude Joseph 

 
Remonté par cette nouvelle, l’ancien premier ministre a.i Claude Joseph estime que ces échanges entre le premier ministre Ariel Henry constituent « un ultime affront pour la Nation haïtienne ». « Il est inacceptable que le Ministère des Affaires étrangères, cette prestigieuse institution étatique, ait commis la bêtise de publier, à l'attention des Ministres du Gouvernement, la décision annoncée des autorités dominicaines de construire un mur électrifié le long de la frontière entre les deux pays », écrit l’ancien chancelier haïtien sur son compte Twitter le 19 février dernier après la nouvelle de la chancellerie.
 
 
« Notre chère Haïti a plus que jamais besoin de dirigeants dignes, empreints de nationalisme et de patriotisme, et surtout hors de tout soupçon, qui soient capables de tenir tête aux dirigeants des pays étrangers quand il s'agit de défendre les intérêts nationaux et les droits du peuple haïtien », croit Claude Joseph.
 

La République dominicaine (10,5 millions d'habitants) accueille près de 500 000 Haïtiens à la recherche de meilleures conditions de vie,  selon l'Enquête nationale sur les immigrants.

 

Par : Daniel Zéphyr

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