Les signataires de l’Accord de Montana et ceux du Protocole d’Entente Nationale se sont mis d’accord sur un collège présidentiel de cinq membres et un premier ministre conformément à une alliance faite entre les deux regroupements, le lundi 10 janvier 2022. Dans ce document de 4 pages, les mécanismes devant aboutir à la mise en place d'un collège présidentiel et d'un nouveau gouvernement sont évoqués.
Véritable revirement de situation dans le contexte sociopolitique haïtien. Les initiateurs de l’accord de Montana et ceux de PEN modifié se sont mis d’accord sur un document de 4 pages scellant l’alliance entre ces deux regroupements. Dans ce document de 4 pages, les signataires ont expliqué que ce consensus a été trouvé dans l’objectif de débloquer la crise qui ronge le pays afin de faciliter une paix sociale qui doit occasionner une stabilité politique ; faire la mise en place d’une gouvernance consensuelle ayant une légitimité sociale comprenant des personnalités crédibles inspirant confiance ; prendre des dispositions nécessaires pour modifier ou changer la constitution 1987 ; mettre en place une transition de 2 ans.
Selon les explications du document, la gouvernance consensuelle se basera sur un exécutif bicéphale comprenant la primature et la présidence. La présidence prendra la forme d’un collège présidentiel qui devra dégager un bon compromis entre les protagonistes engagés dans le changement réel du pays.
« Le collège présidentiel composé de 5 membres aura au moins une femme. Un membre sortira des mécanismes prévus par l’accord du 30 août. Un membre sortant de l’accord PEN modifié répondant aux critères définis par le consensus politique. Un membre sortira du pouvoir en place répondant aux critères définis par le consensus politique et deux membres sortant dans d’autres secteurs de la société civile validés par le consensus politique aux regards des critères définis et présentés par devant le conseil national de transition », lit-on dans ce document.
Le chef du gouvernement ou la cheffe du gouvernement sera désigné.e selon les mécanismes prévus dans l’accord de Montana. Selon le document, il ou elle aura la lourde tâche de coordonner, planifier et exécuter les actions du gouvernement. Le chef du gouvernement en concertation avec le collège présidentiel et selon la feuille de route aura à constituer le gouvernement. « Les membres du gouvernement sortiront entre les secteurs signataires du consensus politique national tout en étant éligible par rapport aux critères définis dans le consensus politique. Le cabinet ministériel sera réduit et devra trouver la validation du CNT avant son entrée en fonction », précise le document.
Après que sa mission est arrivée à terme, le conseil national de transition sera transformé en organe de contrôle de la transition.
Selon les signataires du document, le gouvernement de transition aura à faire les mises en place urgentes et importantes dans les ministères et les organismes autonomes de l’Etat haïtien pour y mettre de l’ordre et réaliser les réformes nécessaires devant permettre au gouvernement de prendre le plein contrôle de l’administration publique pour faciliter une amélioration des conditions de vie de la population.
Réorganiser et renforcer la sécurité publique pour combattre systématiquement les crimes organisés et le banditisme en cherchant à mettre les membres des gangs armés hors d’état de nuire ; réorganiser le système judiciaire pour combattre la corruption et l’impunité en cherchant dans un premier temps à faire la lumière sur les crimes et massacres perpétrés notamment les crimes financiers ; renforcer le système d’identification nationale et le système électoral pour assurer des élections souveraines et démocratiques dans le pays, sont entre-autres l’ensemble des prérogatives de ce gouvernement de transition.
Par : Daniel Zéphyr
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