L’ancienne première dame de la république Martine Moïse, par le biais de son cabinet d’avocat, a adressé une requête au commissaire du gouvernement près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Jacques Lafontant, pour lui demander d'exiger l’autopsie du cadavre de Gilbert Dragon, l’un des présumés assassins de l’ancien président Jovenel Moïse « pour cause de mort suspecte ». En réaction, l’avocat Patrick Laurent intervenant à l’émission « Panel Magik » voit dans cette démarche, une action capable de troubler l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moise.
A travers cette requête adressée au commissaire du gouvernement, le conseil d’avocats de Martine Moïse qui dit avoir appris par « voie de presse » la nouvelle du décès du détenu, rappelle au commissaire du gouvernement que selon le Code d’instruction Criminelle en son article 34 « il est tenu de se faire assister d’un ou de deux médecins, chirurgiens, ou officiers de santé, qui feront leur rapport sur les causes de la mort et sur l’état du cadavre, s’il s’agit d’une mort violente, ou d’une mort dont la cause serait inconnue et suspecte ».
Rappelant que le nom du présumé assassin de Jovenel Moïse est mentionné 43 fois dans le rapport de la DCPJ, le conseil d’avocats de l’ancienne première dame estime qu’« en toute décence juridique et judiciaire, son cadavre ne saurait être remis à ses proches pour inhumation ou crémation sans un rapport d’expert expliquant aux victimes et au peuple haïtien tout entier, les causes exactes de sa mort ».
L’avis juridique de Me Patrick Laurent
Selon Me Patrick Lauren, intervenant à l’émission « Panel Magik » de la radio Magik9, cette démarche peut troubler l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moise, tué le 7 juillet dernier en sa résidence privée à Pèlerin 5. « En cas de mort subite violente, le commissaire peut se faire assister de médecin légiste et demander l’autopsie du cadavre », explique Me Patrick Laurent précisant qu’au cas où le commissaire du gouvernement ne l’aurait pas demandé, les ayants droit peuvent en faire la demande.
« s’agissant du cas dont nous parlons (assassinat de Jovenel Moise), un dossier est déjà au cabinet d’instruction. Si une partie s’intéresse au dossier, elle peut s’adresser au juge d’instruction qui jugera si c’est nécessaire de faire une autopsie », explique Me Patrick Laurent qui souligne que cette démarche est une « fenêtre à double tranchant » qui peut nuire à l’enquête déjà en cours.
« Si on réalise l’autopsie et on se rend compte que c’est un assassinat ou un empoisonnement, des poursuites seront effectuées contre les complices. C’est un autre dossier qui sera ouvert », alerte Me Laurent qui souligne que cette situation peut démontrer que la sécurité des suspects n’est pas garantie et que d’autres pays pourront se montrer peu coopératifs.
Pour Me Patrick Laurent, le cabinet d’avocat de Martine Moise entend conforter leur hypothèse à savoir; qu'il y a suspicion de vouloir faire disparaitre les suspects de l’assassinat de Jovenel Moise. L’homme de loi croit en parallèle que cette action peut faciliter la sécurisation de tous les suspects dans le cadre de ce dossier.
Gilbert Dragon, l'un des suspects arrêtés dans le cadre de l'assassinat du président Jovenel Moïse est décédé des suites du Covid-19, après avoir été admis à l’hôpital Bernard Mevs.
Par : Daniel Zéphyr
- Log in to post comments


