PubGazetteHaiti202005

Ariel Henry commémore Vertières au MUPANAH et appelle à la mobilisation contre l’insécurité

Crédit Photo: Stanley LOUIS

A défaut du Cap-Haitien, le premier ministre Ariel Henry a commémoré ce jeudi 18 novembre 2021, le 218e anniversaire de la bataille de Vertières au Musée Panthéon National (MUPANAH) où il a déposé une offrande florale. A cette occasion, le chef du gouvernement  a lancé un appel  à la mobilisation contre le kidnapping et l’insécurité tout en croyant qu’il est du devoir de la génération actuelle de prendre exemple sur les héros du 18 novembre pour construire l’Haïti de demain.

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Il est 7h du matin. L’aire du Champ-de-Mars est déjà bouclée par les agents des forces de l’ordre. Des membres du corps d’intervention pour le maintien d’ordre (CIMO) se tiennent dans le périmètre du MUPANAH. Tandis que, des agents de l’unité de sécurité générale du palais national, eux, bouclent, le périmètre du palais présidentiel. Aucun véhicule, autres que ceux de la police, n’est autorisé à arpenter les grands axes du champ de mars.

Ce jeudi 18 novembre 2021 marquant le 218e anniversaire de la bataille de Vertières, un étonnant silence sépulcral surplombe le champ de mars. D’habitude, les 18 novembre, depuis une dizaine d’années, colère et manifestations populaires riment avec les cérémonies officielles. En ce 18 novembre, point de rassemblement, point d’actes de violence. 

8 heures 20, les sons de tambour et de trompette retentissent non loin du MUPANAH. Armes sur les épaules, pas saccadés, bicolores en main. La parade militaire débute sous les yeux des officiels déjà présents dans l’enceinte du musée dont le ministre de la culture et de la communication Jean Emmanuel Jacquet, la ministre du tourisme Cassandra François et le directeur général du MUPANAH Jean Claude Legagneur.  

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8h45, le premier ministre Ariel Henry arrive au Musée Panthéon National accompagné des ministre de l’intérieur et des collectivités territoriales, également titulaire de la justice et de la sécurité publique Liszt Quitel, du ministre de la Défense Enold Joseph, du directeur général de la police nationale d’Haïti, Frantz Elbé et du commandant en chef des forces armées, Jodel Lessage. Les portes du musée franchies, deux militaires remettent la gerbe de fleurs au chef du gouvernement qui le dépose en mémoire des Héros de Vertières sur le stèle du MUPANAH.

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C’est un membre des forces armées d’Haïti, le major Eddy Marcelin, qui lance la cérémonie officielle. Fidèle à lui-même, M.Marcelin a tenu à faire l’historicité de cette bataille qui a laissé une marque indélébile dans l’histoire d’Haïti. Ensuite, le major Marcelin passe le tour au commandant en chef des forces armées d’Haïti, Jodel Lessage.

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Dans son discours de circonstance, le général en chef des forces armées d’Haïti Jodel Lessage a fait un coup d’œil rétrospectif faisant l’éloge de l’armée indigène « qui a su, avec bravoure, contraindre les forces étrangères à quitter le territoire ». M. Lessage croit que « la remobilisation de l’armée en 2017 est l’une des meilleures choses pouvant arriver au pays malgré que les détracteurs ne cessaient de semer d’embûches contre sa rémobilisation ».

« Ces ennemis d’ici et d’ailleurs s’emploient à lui contester son droit d’exister.  Les efforts déployés par son ministère de tutelle pour améliorer son armement sont systématiquement bloqués », explique Jodel Lessage qui ajoute que le personnel de l’institution parfois attend souvent 10 mois de salaire. Il évoque des attaques perpétrées contre des véhicules de l’armée à Martissant. « Grâce au professionnalisme de nos hommes, ils ont pu s’en tirer avec des dégâts limités », souligne-t-il.


Après le discours du commandant général, s’en est suivi celui du ministre de la défense Enold Joseph. Ce dernier n’a pas tari d’éloges envers l’armée qu’il a félicitée pour les précieuses interventions aux différentes catastrophes naturelles qu’a connues le pays et pour leur apport dans le retour du carburant après une pénurie de plusieurs semaines. « Ils étaient toujours à la tête du peloton pour entrer dans les terminaux et accompagner les chauffeurs », rapporte le ministre de la défense qui les encourage à tenir bon.

Le ministre de la défense en a profité pour annoncer le recrutement d’une nouvelle cohorte de jeunes en décembre prochain afin d’augmenter l’effectif des forces armées d’Haïti. « Le corps médical des forces armées sera doté d’un hôpital qui sera inauguré à la fin de 2021 », annonce le ministre qui précise que cette institution sera au profit des militaires spécifiquement mais aussi de toute la population.


Pour le premier ministre Ariel Henry, « Il est venu le temps de refaire l’histoire sous une autre forme ». Cette bataille qui a abouti à l’indépendance était la volonté d’être libre, selon le neuro-chirurgien qui croit que la transcendance de 1803 doit être le maître mot devant guider nos actions. « Nous ne pourrons jamais affronter les défis de l’heure en grenn senk », croit Ariel Henry.

 

 

Appel au dialogue

 

Ariel Henry dit avoir fait le dialogue, son cheval de bataille depuis son intronisation. Ce qui selon lui a permis « d’aboutir à un large consensus pour une gouvernance efficace et apaisée dont les retombées seront profitables pour les fils et filles de la nation ». « Je reste convaincu que cette voie du consensus nous conduira à bon port », assure Dr. Henry qui pense que « nous sommes dans l’obligation de rééditer 1803 à cause des différents problèmes auxquels le pays est en proie ».

 

« Nous devons mener un combat sans merci pour parvenir à aplanir les sentiers et faire taire nos divergences », fait remarquer le premier ministre qui pense qu’ »il faut une transcendance des querelles, un dépassement de soi pour arriver à emprunter la voie d’un vrai consensus ».

 

En dépit de nombreuses contraintes, le premier ministre Ariel Henry croit que les forces armées d’Haïti et la police nationale d’Haïti ont démontré qu’elles étaient capables de remplir leur mission. « Anpil moun t ap plede di lame ak lapolis pap kabap siye kajou ensekirite a. Gen moun ki t ap mande se militè etranje ki pou te debake pou vini mete lòd lakay nou », rappelle le chef de la primature qui dit avoir toujours cru qu’en cas d’allocation de moyens et d'entraînements, ils pourront gérer la question de l’insécurité. « Si nous pouvons marquer des points ces derniers jours, c’est grâce à la détermination et la force de ces jeunes », souligne le chef du gouvernement.

 

« En 1803, avec moins de moyens, nous avons remporté une victoire importante, en 2021 nous pouvons le refaire et remporter une victoire certaine », assure Ariel Henry qui précise qu’ « il est du devoir de cette génération de bâtir la nouvelle Haïti que nous voulons tous »

Pour honorer valablement la mémoire des héros de l’indépendance après « deux siècles perdus », le titulaire de la primature demande à la population de se mettre debout pour dire « non au kidnapping, non à ceux qui veulent instaurer un climat instable dans le pays ». « Debou pou timoun nou ka ale lekol, debou pou wout debloke, debou pou Ayiti kanpe », clame-t-il.

Après son discours, le premier ministre Ariel Henry a signé le traditionnel livre d’or avant de quitter les locaux du musée pour arpenter à pied les rues de l’aire du champs de mars pour se rendre au local des forces armées d’Haïti où il a passé plusieurs minutes de discussion avec les membres du haut Etat-Major.

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Par : Daniel Zéphyr

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