PubGazetteHaiti202005

EDITORIAL: Jean Charles Moïse sur les traces de Jovenel Moïse pour atteindre le Palais national

Jovennel Moïse et Jean Charles Moïse (deux époques)

Le malheur des uns fait le bonheur des autres dit le viel adage et s'applique en Haïti en toutes ocasions notamment en politique. Il est de coutume dans ce pays que nos politiciens utilisent le malheur ou la vulnérabilité de la population pour s’assurer de ses bonnes grâces surtout en période électorale. On dirait qu'ils prient le grand Dieu pour que le malheur arrive, que la catastrophe nous frappe pour caresser les citoyens dans le sens du poils. Si les gouvernements successifs se frottent les mains en pareilles occasions nos politiques dont les candidats à la présidence n'attendent que les tempêtes, les incendies qui font pleurer toute une nation pour se présenter comme un «  Papa Bon coeur » face à un état inexistant incapable de faire face à ses responsabilités.

L'une des personnes ayant largement profité de l'absence de l'Etat lors du passage de l'Ouragan Mathieu en pleine campagne électorale était bien Jovenel Moïse.  Sa campagne allait prendre sa vitesse de croisière quand il avait débarqué dans le Sud et la Grand Anse accompagné de containers et de bateaux remplis de produits de première nécéssité, de tôles, de bois, de fer, d'eau, du riz, de la farine. Soutenu par des hommes d'affaires de la place, «  Nèg Bannan n lan » avait pratiquement mis k.o ses principaux concurents Jean Charles Moïse, Jude Celestin, Maryse Narcisse pour ne citer que ceux-là. Jovenel Moïse, fort de ses moyens colossaux, avait comme remplacé à cette époque le gouvernement provisoire et s'est fait élire, se faisant passer pour le  sauveur.

Environ 5 ans plus tard, la même zone ( Sud, Grand Anse, Nippes)  est frappée, mais cette fois par un tremblement de terre devastateur. Cette partie du territoire semble avoir reçu de plein fouet une bombe atomique tant les dègâts sont énormes. Comme avec le cyclone Mathieu, les aspirants présidents se mobilisent pour prendre le contrôle de la situation. Curieusement, en première loge, Jean Charles Moïse débarque en avion charter à Jérémie et aux Cayes. Dans une vidéo publiée par l'équipe de communication du leader, on le voit monté à bord de son avion l'air fier. Visiblement en campagne, le leader de Pitit Dessalines a organisé un défilé dans la troisième ville du pays aclammé par ses partisans.

Si Jovenel Moïse avait débarqué dans la région dévasté par Mathieu « fait et fourni », Moïse est y allé les mains vides du moins pour le moment. Il dit être en visite d'évaluation afin de déterminer les besoins. Il promet de lancer son BITGOUG dans la région. Celui qui enfilait le costume de candidat pauvre en 2015 semble actuellement bénéficier de soutiens financiers locaux et internationaux. « On va apporter de l'aide aux sinistrés et si d'aventure il nous manquerait quelque chose on fera appel à nos amis de l'international qui nous viendra en aide », promet le candidat à la présidence de Pitit Dessalines accompagné du # 2 du parti Muraille Jean Myrtho.

Comme Jovenel Moïse, Jean Charles Moïse veut exploiter cette sitiation pour atteindre le Palais national. Mais qui financera l'importante aide que compte apporter Moïse aux victimes du tremblement de terre dans le Grand Sud ? La question est de taille si l'on se réfère aux nombreuses accusations faites par ce dernier contre Jovenel Moïse, selon lesquelles il aurait utilisé l'argent de la bourgeoisie pour apporter de l'aide aux victimes de Mathieu dans le Sud. Le leader de Pitit Dessalines ne nous a pas habitué à un comportement transparent en pareilles situations. Quand on lui avait posé la question à savoir d'où provenaient les fonds et matériels utilisés pour combattre le CORONAVIRUS, il était plus tôt évasif. Mais d'habitude il explique sans trop convaincre que ces activités sont financées par la classe moyenne.

L'homme de Milot n'est pas le seul à se rendre au chevet des victimes du grand Sud. Le leader du PHTK qui avait bénéficié d'un soutien indéfectible de cette région lors des élections de 2010 s'est lui aussi rendu dans le Sud. Accompagné de sa femme Sofia, l’ancien président Michel Martelly a rendu visite aux sinistrés mais est apparu plus discret. Il n'a peut-être pas voulu donner l'impression d'être en campagne, mais comme Moïse,  il n’y a pas de doute, il cherche la sympathie des populations des zones sinistrées pour les prochaines élections.


Le leader de Pitit Dessalines pourra-t-il pleinement suivre les traces de Jovenel Moîse et se faire élire aux prochaines élections ? Quel autre candidat va déployer la grande artillerie  aux Cayes, à Jérémie et dans les Nippes et surclasser Moïse Jean Charles ? On le saura dans les prochains jours d'autant plus que Jude Celestin et Eric Jean Baptiste se mobilisent. La course à l'exploitation de la situation de misère du peuple pour prendre le pouvoir est lancée. Peut-être qu'une fois de plus, il se fera avoir par nos vendeurs de promesses faute de mieux.





Par Gazette Haïti

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