Le Conseil Supérieur de la police nationale (CSPN) s'est encore présenté à la presse le 11 juillet, pour faire le point sur l'évolution de l'enquête autour de l'assassinat du président de la République Jovenel Moïse survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet, en sa résidence privée. Le chef de la police Léon Charles annonce l'arrestation de deux autres présumés assassins dont un Colombien et un Haïtien, Christian Emmanuel Sanon. Ce dernier selon le DG de la PNH serait l'intermédiaire entre les assaillants colombiens et deux auteurs intellectuels de l'assassinat du président Jovenel Moïse.
Après l'annonce de l'arrestation d'un Colombien avec l'appui de la population et d'un Haïtien par les forces de l'ordre, Léon Charles indique que « pour maintenant, il y a 18 Colombiens en détention, 5 en cavale, 3 décédés, et 3 Haïtiens dont celui arrêté récemment qui répond au nom de Christian Emmanuel Sanon, âgé de 63 ans ».
« Cet individu est entré dans le pays, au début du mois de juin, à bord d'un avion privé avec des objectifs politiques. Il a pris contact avec une firme d'investigation pour recruter des éléments parmi ces assaillants pour assurer la sécurité de ses entreprises et de sa vie en tant que président de la République », a fait savoir Léon Charles qui dit recueillir ces informations lors des interrogatoires avec les bandits colombiens « en présence d'un interprète dûment autorisé ».
« La mission des Colombiens a changé, et ils seront mandatés pour arrêter le président (Jovenel Moïse) », poursuit Léon Charles.
« Lorsque nous avons bloqué la progression de ces bandits après la perpétration de ce crime, l'un des assaillants a appelé Emmanuel Sanon qui par la suite a pris contact avec deux autres personnes que nous considérons comme auteurs intellectuels de l'assassinat du président Jovenel Moïse », a révélé le patron de la PNH qui promet plus d'informations dans les prochains jours.
« Une casquette « DEA », six étuis ou fusils pistolet; une vingtaine de cartons de cartouches de calibre 12 et de 9mm; quatre plaques d'immatriculation de la République Dominicaine; chargeurs de pistolet non garnis; 24 sites de tirs non utilisés; deux véhicules et d'autres correspondances qui s'adressent à plusieurs secteurs du pays », tels sont les éléments récupérés par la police nationale d'Haïti chez Emmanuel Sanon, selon le DG de la police.
Christian Emmanuel Sanon, qui est-il?
L'arrestation de Christian Emmanuel Sanon fait de lui la troisième personne d'origine haïtienne à être arrêtée pour l'assassinat du président Moïse. Il est né a Jacmel, à Marigot en 1958, révèle le chef de la PNH.
Sanon vit au sud de la Floride, dans la région de Tampa Bay depuis plus de 20 ans. Propriétaire d'une douzaine d'entreprises à la Floride, dont la plupart sont inactives: des services médicaux à une société d'énergie en passant par l'immobilier. En 2013, il a déposé une affaire de faillite fédérale à Tampa. Il a également perdue dans une saisie une maison qu'il avait à Brandon, près de Tampa, rapporte Miami Herald.
« À l'époque, il a dit qu'il avait plus de 140 000 $ en valeur nette dans la maison. Selon les dossiers de faillite, il gagnait un salaire annuel de 60 000 $ et avait des dettes totalisant plus de 400 000 $. Lors de la faillite, Sanon a transféré son adresse de Brandon à Hollywood, puis à Boynton Beach », toujours selon le journal.
A travers une vidéo YouTube, republiée par « Miami Herald », il est indiqué que « Sanon a étudié la médecine en République dominicaine. Et, les dossiers judiciaires le présente comme un médecin qui travaille en Haïti et en République dominicaine ».
En 1998, Sanon a reçu une contravention pour une infraction au code de la route. Selon une vidéo partagée sur YouTube, Sanon serait « l'un des leaders nécessaires pour représenter le peuple haïtien, et qu'il a le soutien de plus de 200 entreprises pour favoriser le développement industriel et le redressement socio-économique d'Haïti, et qu'il a étudié la biologie à New York avant d'étudier en République dominicaine ».
Dans son dépôt de bilan, Sanon s'est également inscrit comme pasteur d'église au Tabernacle évangélique de Tabarre, en tant que président d'une organisation non gouvernementale appelée Organisation Rome Haïti, et en tant que président de Radio-Télé Vasco - tous à Tabarre, informe le journal américain.
Le commandant en chef de la PNH fait savoir que beaucoup d'autres informations seront collectées avec l'aide d'une délégation du gouvernement de la Colombie. Il est également souligné lors de ce point de presse que « la compagnie d'investigation avec laquelle Sanon était en contact est une compagnie vénézuélienne basée aux États-Unis, (enregistrée en Floride sous le nom de Counter Terrorist Unit Federal Academy LLC) ».
« Je dirais que le [médecin] haïtien (Sanon) a recruté la CTU et la CTU a recruté les Colombiens. C'est le modèle », a déclaré Léon Charles, rapporté par le journal.
Léon Charles informe qu'une enquête administrative a été ouverte au niveau de l'inspection générale qui a déjà pris des mesures conservatoires pour évaluer « le degré d'implication des entités chargées de la sécurité du président de la République ».
Léon Charles demande « à la population de continuer à contribuer à aider la police à rechercher les cinq membres du commando en cavale ».
Entretemps, le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Berd Ford Claude a demandé de mettre à la disposition de la justice plusieurs reponsables des entités chargées de la sécurité de Jovenel Moïse. Plusieurs hommes d'affaires et d'anciens parlementaires sont attendus au parquet dans le cadre du dossier de l'assassinat du président de la république.
Par: Juhakenson Blaise
- Log in to post comments


