PubGazetteHaiti202005

80% de la population carcérale en détention préventive prolongée : La CE-JILAP s’alarme face à ce nouveau record

Justice et Paix

La Commission Episcopale Justice et Paix tire la sonnette d’alarme face à la situation déplorable dans les prisons civiles du pays. La CE-JILAP presse, en ce sens, les autorités concernées à prendre les dispositions nécessaires pour améliorer les conditions de détention dans le pays.

Jusqu’en décembre 2020, la population carcérale (Haïti) s’estimait à environ 11 mille détenus. Un chiffre qui a connu une augmentation vertigineuse en atteignant près de 12 mille personnes en moins de trois mois seulement, selon des statistiques publiées, vendredi dernier, par la CE-JILAP. L’institution de défense des droits humains fait remarquer que 33% de ces personnes sont gardées au pénitencier national, le plus grand centre carcéral du pays.

Ces derniers évoluent dans des conditions infrahumaines caractérisées notamment par l’insalubrité, la promiscuité, l’absence de soin de santé et l’insuffisance de nourriture, dénonce la Directrice Exécutive de l’organisation de défense des droits humains, Jocelyne Colas Noel, jointe au téléphone par la rédaction. Mme Noel va jusqu’à comparer la situation de ces gens à un enfer.

La situation est d’autant plus grave, s’insurge-t-elle, que 80% de la population carcérale sont en attente de jugement. Soit un record depuis les 15 dernières années, fait remarquer la défenseure des droits humains. Une situation qui est due principalement au laxisme et la paralysie à répétition de l’appareil judiciaire ces derniers temps, explique la militante des droits humains.

Fort de cette situation déplorable, la CE-JILAP recommande notamment aux personnes concernées par la paralysie de l’appareil judiciaire à faire le nécessaire en vue de la reprise des activités dans les tribunaux. Justement, les magistrats des 18 juridictions  du pays observent depuis plus d’un mois un arrêt de travail pour exiger le respect de la Constitution par le président de la République qu’ils accusent d’avoir révoqué illégalement et arbitrairement trois juges de la Cour de Cassation. Ces derniers qui étaient pressentis pour remplacer le chef de l’Etat dans le cadre d’un gouvernement de transition au cas l’opposition politique parviendrait à le contraindre à quitter le pouvoir.

 

 

 

Par Diego O. Charles

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