PubGazetteHaiti202005

Un Inspecteur Général a saboté l'opération policière à village de Dieu, révèle le policier Lionel Lazarre.

L'inspecteur Lionel Lazarre

Intervenant à l'émission « HAÏTI sa k ap kwit? » sur télé 20, le policier Lionel Lazarre, coordinateur général du syndicat national des policiers haïtiens (SYNAPOH), a révélé que «  c'est un Inspecteur Général de la PNH qui a boycotté l'opération policière à Village-de-Dieu », causant ainsi la mort de plus de quatre agents des forces de l’ordre, et plusieurs autres blessés par les bandits de «5 segond».


« On a un ensemble de preuves qui prouvent que l'opération a été sabotée », révèle le policier Lazarre qui fait savoir que cet inspecteur a donné des contre-ordres aux policiers qui participaient à cette opération.

Selon le policier Lazarre, le drone qui accompagnait les policiers lors de cette opération les a informés sur les dangers qui les attendaient, ainsi que les endroits à éviter. « (Ces bandits armés) ont creusé des trous puis les ont remplis avec de "sacs à sable" », rapporte le chef du SYNAPOH en expliquant qu'il y a quelqu'un qui enlève les « sacs à sable » dans les trous, une fois que les agents pénètrent à l'intérieur de Village-de-Dieu, ce qui, selon lui, empêche aux policiers de faire marche arrière.
Selon Lionel Lazarre, c'est en essayant de retourner au point de départ, que les policiers sont tombés dans le piège des trous creusés par le gang « 5 segond » dirigé par « IZO ».

Dans les révélations du policier Lazarre, cet inspecteur a la mission de permettre la réussite de cette opération, mais « lorsque le drone a informé sur le guet-apens et que les agents sur place ont renseigné l'inspecteur sur le danger à braver, ce dernier a ordonné aux agents de continuer l'opération ».

Evitant de révéler le nom de cet inspecteur général,  le syndicaliste croit que c’est la vraie cause de l'échec de l'opération de Village-de-Dieu où plusieurs policiers ont trouvé la mort.

Le coordinateur du syndicat national des policiers haïtiens a révélé qu’« Actuellement l'inspection générale de la police nationale d'Haïti est en train d'interroger cet inspecteur de façon à ce qu'il fournisse des explications sur l'échec de cette opération ». Et de poursuivre: « (Qui pis est) à chaque fois que le drone informe aux policiers de ne pas s'aventurer, l'inspecteur instruit de poursuivre. Quelque part, je pense qu'il a une part de responsabilité dans ce qui s’est produit ».

 

Invité, par ailleurs, à reagir sur l'infiltration des bandits au niveau de la PNH, M. Lazarre dit reconnaître que les groupes armés ont aussi des cellules de renseignement, sans affirmer si elles sont à l'intérieur de l'institution policière. « L'inspection générale n'est pas encore en mesure de prouver que ce sont des policiers qui tiennent les bandits informés des opérations de la PNH », nuance le policier qui indique que les informations peuvent être fuitées, et qu' « il revient à l'inspection générale de mener des enquêtes pour savoir comment les informations détenues par la PNH ont été divulguées ».

Audio des policiers en détresse authentifié

En ce qui a trait aux enregistrements audios (voice) qui circulent en boucle sur les réseaux sociaux dans lesquels on peut entendre des policiers de l'opération en détresse, se plaignant d’avoir en vain appelé en renfort. Le policier Lionel Lazarre a confié que c'était bel et bien les voix de ces policiers en difficulté.

« Nous nous sommes rendus à l'hôpital Bernard Mevz. Nous avons rencontré trois policiers parmi les huit blessés dont deux BOID et un SWAT. Nous les avons questionnés, ils nous ont parlé; comme je viens de vous dire tout à l'heure, ils sont tombés dans un piège », rapporte le coordinateur de SYNAPOH, affirmant qu’au lieu de 4, il y a 5 policiers tués. 


Selon Lionel Lazarre, les blindés de couleur jaune ne sont pas aptes à mener ce genre d'opération. L’opération n'avait pas pour but , dit-il, d'entrer d'un coup à l'intérieur du Village-de-Dieu, mais permettre de faire une avancée en vue de refouler les bandits armés. 
Quant au blindé qui se retrouve entre les mains du gang de « IZO », le policier confirme que « oui les bandits ont le blindé le plus performant de la PNH ».

 

 

 

 

Par Juhakenson Blaise

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