Les funérailles du Docteur Ernst Pady, tué par des bandits le 28 février 2021, à proximité de sa clinique, ont été chantées en milieu de journée du samedi 13 mars 2021. Entre pleurs, soupires de désespoir, la famille, les amis (e) et collègues ont dit adieu à cet illustre médecin, éminent pédiatre et professeur lors de cette cérémonie funèbre qui s’est déroulée au Parc du Souvenir.
Des larmes coulent, des pleurs abondent, des soupires et des cris de rage, il est difficile de définir davantage la tristesse et le chagrin inscrits sur les visage des centaines de personnes venues rendre un dernier hommage et accompagner la dépouille mortelle de Ernst Pady emporté par des balles assassines lors d’une tentative d’enlèvement. Pas de fanfare.
Au fond de l’église, des cris résonnent et les larmes ne peuvent plus se retenir quand la chanson « Tiens ma lampe allumée » est cantonnée.
Entre hommages et compassion, le père Jean Jacques Saint-Louis épuise le rituel funéraire. Pour lui, au fond, cette mort est inutile, injuste et insensée. L’homme d’église croit mordicus que les assassins n’ont pas tué que le docteur Ernst Paddy mais plutôt toutes les œuvres de bienfaisance qu’il accomplissait. « Vous avez tué Ernst Pady mais vous ne pouvez pas tuer l’amour qu’il projetait. Mr Pady était un homme honnête, sincère, intègre qui faisait du bien, qui disait la vérité et qui s’était livré entièrement pour sauver l’humanité », décrit le père Jean Jacques Saint-Louis.
La gentillesse, l’esprit de perfection, la discipline du pédiatre Ernst Paddy sont vantés. Véritable source d’inspiration pour ses collègues, confrères et consœurs. Il repoussait, à cause de son obstination, les limites de la mort en tentant parfois l’impossible pour sauver des enfants malades confiés à ses soins. D’après Le docteur Florence Siné Saint-Surin, présidente de la Société haïtienne de Pédiatrie, ces bandits ont hypothéqué l’avenir de leur propre progéniture. « Imaginez-vous un médecin après une journée dans les hôpitaux urbains, au bureau, transformé, au cours de la nuit, son lit de repos en lit d’hôpital pour soigner un malade qui lui est emmené en urgence », témoigne le docteur Florence Siné Saint-Surin pour faire le portrait de l’homme.
Éplorée, submergée par la tristesse, Arianne Pady, l’une des nièces de Mr Pady s’efforce pour camper un homme qui, selon elle, a contribué à résoudre des cas de maladie très rares dans le monde trouvé en Haïti en collaborant avec des universités étrangères. Elle dresse le portrait d’une personne qui luttait sans relâche pour le bonheur de ses proches. Son vécu a été un modèle d’homme d’une rare sensibilité d’après cette dernière. « Un panorama ne sera qu’une ébauche incomplète des multiples dimensions un peu complexes de l’homme, de sa fulgurance et de son autorité intellectuelle », affirme Melissa Pady faisant savoir que Mr Pady a payé de sa propre vie pour avoir tenté de sauver la vie d’une patiente blessée.
La flamme du Dr Ernst Pady est éteinte et les larmes des uns et les soupires des autres essaient de la rallumer.
Le départ de ce pédiatre modèle laissera un grand vide dans le secteur de la santé en Haïti qui « compte en moyenne 5,9 médecins ou infirmières et 6,3 professionnels de santé pour 10.000 habitants », selon les chiffres datés de 2017 de l’OMS.
Par Daniel Zephyr
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