Le Conseil d'administration de l'UNIFA a procédé ce dimanche 14 mars 2021, à la célébration de la troisième collation de diplôme de 397 récipiendaires, dont 32 en droit, 34 infirmières, 38 physiothérapeutes et des médecins. Une cérémonie de graduation qui a été retardée à cause la propagation de la covid-19 dans le pays. Lors de cette cérémonie, l'ancien président Jean Bertrand Aristide n’a pas manqué de réitérer la position de son parti « Fanmi Lavalas ». Il a fait savoir que le gouvernement de salut est la source du bonheur pour les haïtiens (qui souffrent).
D'entrée de jeu, le président de l'UNIFA a pris le temps de saluer les travaux des dirigeants de l'université, les professeurs, ayant participé à la formation de plusieurs fils et filles du pays, et des parents qui ont fait des sacrifices pour leurs enfants; mais aussi pointe du doigt le retour de la dictature qui, dit-il, accélère la descente aux enfers.

Dans son discours axé sur la neuroscience, portant sur l'importance du cerveau dans le bon fonctionnement de l'organisme de l'être humain, le Dr Aristide argumente que « la conscience morale des assassins en Haïti semble n'a pas suivi de formation ». Plus loin, il fait comprendre que « défendre la dignité haïtienne face à l'inconscience coloniale est un devoir de conscience, (et que) science sans conscience est un axone sans influent nerveux ».
Et, les massacres à la Saline, Tokyo, Bel-aire, Cité Soleil, Grand-Ravine, Carrefour, Croix-des-Bouquets, Archaïe, Savien; le nombre d'assassinats et de kidnappings enregistrés par jour, nous laisse l'impression que la conscience morale des assassins est véhiculée par les "tractus spino-cerebelleuses vers le cervelet" où leur formarion demeure inconscient", déclare l’ancien président, une façon de montrer à quel point le niveau de la conscience morale est très basse dans le pays.
Une révolution d'amour contre le système inégalitaire
Pour l’ancien président Aristide, la Var( appareil utilisé dans les matchs de Football) du système haïtien ne tient pas compte de la douleur de la majorité pauvre des haïtiens. Selon toute vraisemblance, estime-t-il, c'est le peuple qui doit prendre son destin en main. Sur ce, il a fait référence à la révolte des captifs de Saint-domingue, en 1803, qui avaient su affronter le système esclavagiste. Ainsi, le leader de Fanmi Lavalas déclare qu’il ne faut laisser l'inconscience coloniale triompher, mais plutôt la conscience morale, capable de prendre des décisions rationnelles.
Dans la même veine, dans un discours mélangeant des concepts médicaux, politiques et footballistiques, en vue de décrire la réalité actuelle où chaque Haïtien est traqué par l'insécurité, le président de l'UNIFA veut enseigner à ses récipiendaires les bienfaits de l'amour pour son pays, et de la générosité.
« Lorsqu'on roule le ballon de la graduation (d'aujourd'hui) sur le terrain de cet amour, pas besoin d'appeler Léonel Messi pour avoir 10 ballons d'or. Vos ballons d'or ne viennent pas de la FIFA mais de l'UNIFA. Une source d'amour universitaire qui ne s’épuisera jamais », dit Aristide qui avance que « À chaque fois qu'un arbitre siffle "outside" parce que vous vous tenez trop longtemps dans le carré du chômage, cet armour sera toujours avec vous quand vous attendez que l'arbitre finit sa verification dans la VAR ».
« Ici ( en Haïti) la VAR est toujours aveugle, parce qu'elle est programmée pour éliminer l'équipe de la majorité », indique l'ex chef d'État qui croit que « pour arriver à la déprogrammation de cet ordinateur il faut une révolution d'amour ».
La dictature, régime des zéros
Le pays est actuellement en pleine crise, où presque tous les secteurs de la vie nationale crient non à la dictature, le leader national du parti politique fanmi lavalas, Jean Bertrand Aristide, à l'occasion de cette cérémonie de graduation, argue que « seuls les zéros adhérent à la dictature », question de tacler subtilement le pouvoir en place accusé de velléités dictatoriales par l’opposition et des secteurs de la société civile.
« Les zéros adorent la dictature, les héros préfèrent la démocratie. Aimez-vous les zéros?, aimez-vous les zero bare? », a-t-il interrogé le public qui répond unanimement "non".
« Aimez-vous les héros ? », demande-t-il en souriant, avant de conclure après la reponse "oui" du public que « ewo bare zewo, ewo bare zewo, ewo bare zewo ». Par ces propos imagés qu’on lui connaît, Jean Bertrand Aristide voulait faire référence à la gestion du pouvoir par l'actuel locataire du Palais National.
Le gouvernement de salut public
Le président de l'Université de la Fondation d'Aristide, s'est misé sur ce moment de remise de diplôme pour rappeler la position du parti politique fanmi lavalas qui prône un gouvernement de salut public pour mener la transition de rupture. « Après 220 années, il faut cette transition de rupture, devant nous conduire au salut public. Salut public pour le bonheur de tous les haïtiens et toutes les haïtiennes », soutient Jean Bartrand Aristide qui ajoute que « cette route du bonheur Toussaint l'a ouvert d'où son nom Louverture, Dessalines l'a suivi jusqu'au pont-rouge où son sang irrigua la voie royale de la liberté ».
Maintenant, « le tronc cérébral du système néocolonial est rongé par la corruption, causant augmentation de la criminalité, désinhibition de la violence institutionnelle, mutiplication des gangs et du fleau kidnaping; l'inconscience coloniale se révèle dangereuse, engendrant non le coronavirus, mais le colonial virus ».
Aristide annonce l’ouverture prochaine de l’hôpital universitaire
« À l'UNIFA le bonheur s'écrit toujours au singulier, mais s'éppelle B-O-N-H-E-U-R-S, car il se donne aux autres et est amoureux du pluriel. Cet amour inclut bien évidemment la construction de votre hôpital universitaire. Achevé à 90 %, votre hôpital de 5040 mètres carrés de terre vous ouvrira bientôt les portes de son cœur », informe le leader Lavalas sous les applaudissements des récipiendaires.
« Enfin, chers récipiendaires, que les ondes de bonheur générées par votre graduation se propagent a travers le pays et la diaspora haïtienne », par ces mots conclut Jean Bertrand son discours en souhaitant aux 397 gradués, dont 32 en droit, 34 infirmières, 38 physiothérapeute, du succès, bonheur et beaucoup d’amour.
Par Juhakenson Blaise
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