PubGazetteHaiti202005

Plus de 20 ans après, la situation des policiers n’a pas changé pour faire face au défi de la sécurité nationale, selon l’ancien porte-parole de la PNH, Felder Jean Baptiste

Felder Jean Baptiste, ex porte parole de la PNH

Les autorités doivent tirer les conséquences de leur incapacité à juguler un problème qu’ils ont eux-mêmes créé. L’absence de leadership est palpable et la médiocrité dans la gestion de la sécurité publique est plus qu’une évidence.
Si les responsables ont un minimum de décence, nombreux sont ceux qui doivent rendre leur tablier. Ces jeunes policiers ne doivent pas mourir en vain. L’institution policière mérite bien mieux. C'est en ces termes que réagit Felder Jean Baptiste, ancien responsable de communication de la police nationale, après la tragédie de Village de Dieu. 


Parachutage orchestré par des élus dans les rangs de la PNH, instabilité au sein de la police, concomitance des autorités judiciaires avec les bandits, manque de moyens, salaires inadéquats sont parmi les causes qui sapent la morale des policiers qui devraient assurer la sécurité de la population et exécuter leur tâche à bon escient, selon l’ancien responsable de communication au sein de la Police Nationale d’Haïti, Felder Jean Baptiste dans un entretien accordé au Journal. 

Les crimes organisés, la sûreté dans les rues, la surveillance des biens publics/privés...la résolution de tous ces problèmes dépend de la volonté du policier et son sentiment d’engagement. M. Felder Jean Baptiste y croit mais pour lui la situation surtout économique des policiers devrait être mise en évidence. «  Les décisions prises en amont doivent être plus satisfaisantes pour les policiers. Même si l’économie du pays est malade, l’Etat devrait faire en sorte que les ressources soient disponibles car la police en soi demande des ressources énormes. Que ce soit du côté matériel, moyens, primes ou autres », exhorte-t-il 

 

« Quand on parle de kidnapping, on parle de crime organisé », indique l’ex porte-parole de la PNH 

La police a les matériels pour intervenir. Le problème réside dans la corruption des agents de police, la complicité des autorités qui usent les gangs à des fins politiques. « Quand un haut fonctionnaire de l’Etat affirme avoir des contacts directs avec des bandits, il met le policier dans des situations dificiles, il faut traiter le mal dans sa racine », lache M. Jean Baptiste . 

Par dessus tout, la géographie des sites « bases » et les ramifications doivent être analysées en profondeur pour stopper cette machine infernale, d’après lui.


Qu’en est-il du rôle de l’Etat ? 

La surpopulation de la capitale, une ville qui était construite au préalable pour 700 mille personnes qui en regorge maintenant environ 3 millions, la densité de la population dans les zones rouges sont parmi les obstacles que l’Etat devrait résoudre pour mener à bien la lutte contre le kidnapping. 

« Les facteurs criminogènes comme pauvreté, chômage entraînent ces genres de problèmes. Quand l’Etat n’a pas une politique urbaine cela pourrait jouer en faveur des bandits. Il y aussi la question de réinsertion des mineurs qui sont aux services des gangs et aussi les femmes qui servent de boucliers », explique l’ancien porte parole de la PNH. 

« Tous les gangs ne sont pas des tueurs. C’est une association qui a une périphérie, les bandits vivent parmi la population civile. Imaginez un enfant qui travaille comme éclaireur, Il faut l’intervention pour réinsérer ces enfants. Stopper les bandits dissimulés parmi la population, c’est un travail interdisciplinaire où d’autres disciplines s’unissent pour déconstruire ce problème social »,  souligne Felder Jean Baptiste.

 

 

 

Par Yveson Pascal

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