Les magistrats en grève dans le pays n'entendent pas faire marche arrière, si leurs revendications ne sont pas satisfaites. Lors d'une conférence de presse donnée le 10 mars, l'Association nationale des magistrats haïtiens (ANAMAH), l'Association professionnelle des magistrats (APM) et le Réseau national des magistrats haitiens (RENAMAH) annoncent que la grève des magistrats se poursuit et saluent la solidarité du Président de la Cour de Cassation, Me René Sylvestre, aux magistrats dans leur lutte.
Dans une cérémonie, organisée le 8 mars, pour honorer plusieurs femmes au niveau du système judiciaire haïtien, le président de la cour de cassation, René Sylvestre, s'est prononcé sur la lutte des magistrats et avait fait comprendre, selon Juge Morin, que les juges doivent être indépendants dans l'exercice de leur fonction.
"Lors de cette cérémonie, le président du conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) également Président de la Cour de Cassation a compris la nécessité pour la cour de se solidairer avec la lutte des magistrats. Dans les propos du président, il a fait ressortir que non seulement les magistrats doivent avoir un devoir de réserve mais aussi les magistrats doivent travailler en toute indépendance et que d'autres pouvoirs ne peuvent pas s'immiscer dans leurs travaux", se réjouit le juge Jean Wilner Morin qui salue la solidarité de la Cour à la grève et la lutte des magistrats.
Plus loin, l'homme de loi évoque la réponse favorable de monsieur Sylvestre suite à une correspondance que plusieurs associations des magistrats lui avaient adressée, lui enjoignant "de ne pas recevoir de prestation de sermentt des trois (3) nouveaux magistrats nommés par l'exécutif en dehors de la loi".
"Le président a dit que la Cour est attachée à la loi, la cour va trancher sur cette correspondance. Ça montre que le président est solidaire puisqu'il est attaché à la loi, et c'est la loi que nous avons évoquée dans la correspondance. Nous savons aussi que le président n'allait pas prendre une autre position car il est un magistrat de carrière, et ainsi il a fait œuvre qui vaille lorque publiquement dans ses propos il se positionne du côté des magistrats", croit le président de l'ANAMAH qui dit attendre une réponse officielle de la part du président du CSPJ à la correspondance.
L'arrêt de travail des magistrats s'inscrit, d'après juge Morin, dans la défense de l'indépendance du pouvoir judiciaire. Il fait savoir que la grève se poursuit tant que l'exécutif ne revient pas sur ses arrêtés mettant à la retraite puis remplaçant trois juges à la cour de cassation. En ce sens, Jean Wilner Morin exhorte tous les magistrats assis et debouts à continuer d'observer le mot d'ordre de la grève.
"L'arrêt de travail n'est pas pour une augmentation de salaire ni pour des privilèges, mais pour l'indépendance de la justice et la défense des principes. Nous, au niveau des associations des magistrats, ne défendons pas un magistrat en particulier, mais des principes. On ne peut envoyer à la retraite ni nommer des magistrats en dehors de loi; on ne peut pas mettre en disponibilité un greffier dans l'exercice de ses fonctions", martèle l'homme de la basoche qui exige la réintégration dans la système judiciaire le greffier Christopher L'espérance, qui a avait siégé lors de l'ordonnance de libération du juge Yvickel Dabrésil.
En plus des problèmes qui bouleversent le système judiciaire haïtien, depuis le 14 février 2021, les magistrats ont entamé une grève illimitée pour protester contre l'ingérence et les exactions du pouvoir de l'exécutif contre le pouvoir judiciaire. Une situation qui paralyse actuellement le fonctionnement du système judiciaire, reconnaît Juge Wilner Morin.
Par Juhakenson Blaise
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