La police nationale a fait une descente des lieux à la rue Nicolas, au fief du rappeur Daniel Darinus « Fantom » le lundi 8 mars pour l’empêcher, ainsi que ses amis rappeurs et DJs d’aller performer à Village de Dieu à l’occasion de l’anniversaire de la puissante bande armée « 5 Segond » emmenée par Izo et Manno. L’ancien membre de Barikad Crew déclare avoir été maltraité par les forces de l’ordre.
Une action qui revolte Fantom. « Nous sommes des artistes invités à performer dans la 2ème soirée de gala de 5 segond. Je ne fais que répondre aux invitations d'un groupe de personnes», dit le rappeur qui confirme que plusieurs personnes ont été arrêtées à la rue Nicolas.
Moins d’une heure après l'intervention de la PNH, les artistes se dirigeaient vers le Village de Dieu afin d’honorer leur contrat. Selon Fantom, des patrouilles policières auraient ouvert le feu sur les véhicules qui les transportaient. Plusieurs d'entre eux en sont sortis blessés dont l’artiste Aide-Lazarre, entre autres. Il accuse la police de lui avoir tiré dessus au moment de se rendre à Village de Dieu. La voiture du rappeur se trouverait actuellement dans un égout à la rue Joseph Janvier.
Fantom, invité à l'emission Matin Caraïbes ce mardi, fait savoir que les autorités étatiques doivent lui rendre sa voiture. «Ce n'est pas le gouvernement qui me l'a donnée, donc l'Etat doit me rendre ma voiture. Sinon, je peux devenir un bandit. Que Jovenel soit content ou pas, il me rendra la voiture. Il n'a que 24 heures pour le faire », menace le rappeur qui a déjà annoncé sa candidature à la députation pour les prochaines élections.
Il n’y a pas que son véhicule. L’artiste affirme que son « maillot Gucci de presque 500 us » aussi a été déchiré par les policiers.
« Ils doivent me le rendre », exige-t-il.
Le choix de Fantom et d’autres artistes d’aller jouer pour le compte d’un groupe armé dans un contexte d’insécurité marqué par une augmentation des actes de kidnapping dans le pays a choqué l’opinion publique. Sur les réseaux sociaux, des citoyens critiquent sévèrement ces derniers qui, selon eux, se montrent « insensibles face aux douleurs causées par cette pratique criminelle ».
« Les bourgeois quand ils font leur programme à Tara’s, ils ne m’invitent pas parce qu’ils me considèrent comme un « artiste sale »(du ghetto ). C’est le ghetto qui m’invite, alors j’y vais », tente-il de se défendre.
Par Gazette Haïti
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