En visite à la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif, ce vendredi, le premier Joseph Jouthe a présenté des excuses publiques aux conseillers de la CSC-CA pour les déclarations faites par le président de la République et le ministre des travaux publics à l’encontre des juges de la Cour. Le chef du gouvernement s’était fait accompagner de la Ministre de Santé Publique et du ministre des Travaux Publics, Nader Joiséus. Ce dernier avait qualifié de sauvages et d’ignorants les membres de la Cour les accusant d’ « avoir bloqué plusieurs projets du gouvernent ».
La scène était pour le moins embarrassante, ce vendredi, à la Cour Supérieure des Comptes, pour le ministre des travaux publics, Nader Joiséus, auquel des excuses publiques ont été réclamées. C’est le président de la CSC-CA en personne qui avait exigé ces excuses du ministre des TPTC comme condition sine qua non à la tenue de la rencontre. Me Rogavil Boisguéné explique que les propos du ministre Joiséus qui a qualifié de sauvages et d’ignorants les membres de la Cour avaient provoqué l’indignation des conseillers. « M. le Premier Ministre, j’aimerais savoir si le ministre des TPTC, ici présent, maintient ses propos ou pas. Car, s’il les maintient, il ne pourra pas participer à la rencontre. Et s’il ne les maintient pas, il devra présenter des excuses publiques aux membres de la Cour », dixit Rogavil Boiguéné qui assimile à « un coup de massue, un coup de tonnerre, un tremblement de terre » les propos tenus, dimanche dernier, par les plus hautes autorités du pays en particulier le ministre Nader Joiséus.
En lieu et place de Nader Joiséus, c’est le chef du gouvernement qui depuis quelques temps cherche à éteindre tous les feux provoqués par le pouvoir qui a pris la parole. Pour protéger son ministre, Joseph Jouthe a présenté les excuses de tout le gouvernement aux juges de la Cour reconnaissant que les deux mots utilisés par le titulaire du MTPTC étaient de trop. « C’étaient deux mots de trop et je vous prie de bien vouloir recevoir les excuses de tout le gouvernement », a dit le patron de la primature s’adressant au numéro 1 de la CSC-CA avant la réunion de travail. Laquelle réunion s’est déroulée autour des projets de contrats en énergie, en santé et en infrastructures routières. Elle devait également permettre d’harmoniser les relations entre la Cour et l’Exécutif, selon ce qu’a tweeté le premier ministre qui parle de rencontre fructueuse.
Si le président Boisguéné a dit accepter les excuses du chef du gouvernement, il affirme prendre les menaces proférées par l’exécutif pour ce qu’elles sont. Cette visite du premier ministre à l’Avenue Christophe n’aura donc pas contribué à évacuer ce problème. D’ailleurs, en exprimant ses préoccupations face aux propos des membres de l’Executif, Rogavil Boisguéné a demandé au premier ministre en sa qualité de chef du CSPN d’assurer la sécurité de la CSC-CA, de ses conseillers et de ses cadres. « Les conseillers et cadres de la Cour se trouvent dans une situation inconfortable pour faire leur travail en raison des menaces des membres de l’Executif qui pèsent sur eux », explique M. Boiguéné à Joseph Jouthe.
S’agissant des contrats à la base de ce différend, Me Boisguéné, a dit n’avoir aucun problème pour les traiter à nouveau, dans la mesure où les corrections nécessaires y sont apportées. Justement le premier ministre s’engage à appliquer les recommandations de la Cour avant de réacheminer les contrats pour les suites nécessaires.
Lors de son intervention, le Premier ministre tenait à préciser que la planification de sa visite à la Cour des Comptes précédait les déclarations du ministre des TPTCS au Palais National dimanche dernier.
Par Diego O. Charles
lezec15@gmail.com
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