PubGazetteHaiti202005

L'Ensemble contre la Corruption défend la CSC/CA face à la menace de l'Exécutif

Ensemble Contre la Corruption  ( ECC)

Le président Jovenel Moïse s'en est pris ouvertement à la CSC/CA pour avoir donné avis défavorables à plusieurs projets acheminés à cette institution. L'Ensemble contre la Corruption exige la fin de cette machination. De l'avis de l'ECC, ce sont les projets conçus par les dirigeants qui doivent s'accommoder au code légal du pays et non le contraire

 

L'Ensemble Contre la Corruption (ECC) n'a pas pris trop de temps pour réagir après les propos non élogieux du président Jovenel Moïse sur la Cour supérieure des comptes en marge de son dialogue communautaire. 

 

L'ECC juge d'une extrême gravité les attaques du président de la République, du Premier ministre, du ministre des TPTC et du directeur général de l'ED'h lancées contre la CSC/CA et les membres de son conseil, lors du 6e dialogue par le palais national.


Aux yeux du signataire de la note de l'ECC, Edouard Paultre, ces attaques traduisent la volonté des membres du Pouvoir exécutif qui cherchent à exercer leur pouvoir décisionnel sur cette institution indépendante, la placer sous la coupe réglée du pouvoir exécutif et mettre par ainsi en péril le système "poids et contrepoids", point fort et incontournable de la bonne gouvernance démocratique.

 

"De telles menaces sont de nature à déstabiliser la CSC/CA, qui est consacrée comme institution indépendante par la Constitution de 1987 comme ce fut le cas pour l'Unité centrale de Renseignements financiers (UCREF) par l'arrêté présidentiel du 19 avril 2017", a déploré l'Ensemble Contre la Corruption, profitant l'occasion pour rappeler que la CSC/CA fonctionne sous l'égide du décret du 23 novembre 2005 établissant l'organisation et le fonctionnement de la CSC/CA. 


De ce fait, l'organisme militant contre la corruption exige la fin de cette machination à l'encontre de la CSC/CA, car, dit-il, ce sont les projets conçus par les dirigeants qui doivent s'accommoder au code légal du pays et non le contraire


"Le président de la République vient de déclarer péremptoirement qu'il compte modifier le décret relatif au fonctionnement de la CSC/CA. Comment peut-on accepter que chaque administration en poste, se donne le pouvoir de changer la loi à chaque fois qu'elle va à contre sens de ses intérêts immédiats. C'est une grave menace pour la démocratie", a rouspeté l'ECC. 


Ainsi, ajoute l'ECC, ces attaques orchestrées à l'encontre de la CSC/CA sont d'une arrogance improductive et constituent une insulte à tous ceux et toutes celles qui luttent pour débarrasser Haïti de la corruption.


Tout en rappelant le président au respect de la Constitution, l'ECC souligne à l'attention de son gouvernement que la gouvernance démocratique impose des normes et des règles devant lesquelles toute administration publique devant se plier. 

 

Rappelons que la Cour supérieure des comptes et du Contentieux administratif a, à maintes reprises, renvoyé l'exécutif à corriger son cahier sur plusieurs projets dont le projet de contrat de 57 millions de dollars pour la construction d'une centrale électrique de 55,5 mégawatts à Carrefour et la réparation des lampadaires pour une somme de 1,2 million de dollars.  

 

 

Par César Michel

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