Le Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme dénonce la violation des droits sociaux et économiques de la population durant le mandat du président Jovenel Moise. Le responsable du CARDH va même jusqu’à comparer la situation des droits sociaux et économiques aux différents massacres perpétrés dans les quartiers populaires sous l’administration en place pour avoir titré le document « Droits sociaux et économiques : un massacre imminent au-delà des tueries par balles dans des quartiers populaires ».
Durant toute la présidence de Jovenel Moise les conditions de vie de la population n’ont pas cessé de se dégrader traduisant ainsi une violation systématique des droits sociaux et économiques des citoyens, fait remarquer le CARDH dans ce rapport. L’augmentation vertigineuse du nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire passant de 1.3 millions en 2017 à environ 5 millions en 2020 et la mauvaise qualité de l’éducation sont, entre autres, élément avancés par le Directeur Exécutif du CARDH, Me Gédéon Jean pour expliquer cette situation qu’il qualifie de massacre silencieux. Il avance également la baisse considérable du pouvoir d’achat des ménages pour justifier sa position.
Le défenseur des droits humains déplore aussi le fait que les différents budgets adoptés par le gouvernement de 2017 à date ne tiennent pas compte des droits économiques et sociaux de la population. Au lieu de contribuer à l’amélioration des conditions de vie de la population, les budgets tendent de préférence à consolider la corruption. « Étant l’élément d’opérationnalisation annuelle des politiques publiques préalablement élaborées, le budget doit découler d’un cadre programmatique dans lequel la vision globale axée sur les droits humains est dégagée et les projets devant en garantir la jouissance présentés, constituant ainsi la volonté d’un gouvernement de promouvoir les droits humains, particulièrement les droits économiques et sociaux, dans un contexte où les conditions de vie de la population se dégradent considérablement. L’administration Jovenel Moïse ne disposant pas d’un tel cadre, le budget 2019-2020 ne saurait être, d’une manière générale, un budget-programmes promoteur des droits », dit le rapport.
Le juriste évoque le principe d’indivisibilité et d’interdépendance des droits pour expliquer la conséquence négative de la violation des droits sociaux et économiques sur la jouissance des autres droits. « Les droits humains constituent un tout. Le respect d’une catégorie ou d’une génération est essentiel à la jouissance d’une autre. À titre d’exemples, en garantissant le droit à la santé, le droit à la vie sera protégé ; en permettant aux citoyens d’avoir accès à une éducation de qualité, ils seront en mesure de choisir des gouvernants capables de prendre des décisions dans le respect de leurs droits et du développement durable et de participer à la vie publique ».
Cette situation, jugée préoccupante, doit être mise en avant, compte tenu des principes d’indivisibilité et d’interdépendance des droits humains, recommande le CARDH. L’organisation plaide également en faveur de l‘adoption de politiques publiques axées sur le respect des droits humains.
Par Diego O. Charles
Lezec15@gmail.com
- Log in to post comments


