« Déclaration d’Engagement Juillet 2020 », c’est le titre d’une déclaration conjointe signée par plusieurs partis et regroupements de partis politiques de l’opposition, des représentants d’organisations de la société civile et des personnalités politiques dont certaines évoluant au niveau de la diaspora haïtienne dans laquelle ils se sont mis d’accord pour travailler et de mener ensemble diverses activités en vue de stopper les dérives du pouvoir en place et ramener le pays sur la voie du fonctionnement régulier des institutions.
Les dirigeants politiques de l’opposition n’en démordent pas. Suite à une longue trêve provoquée par la situation due au CoronaVirus, ils reviennent à la charge estimant que les dirigeants actuels du pays sont dans l’incapacité d’apporter des réponses appropriées aux souffrances de la population. Les signataires de ce document intitulé « Déclaration d’Engagement Juillet 2020 » dénoncent une volonté manifeste du président Jovenel Moïse de rester au pouvoir au-delà du 7 février 2021 en violation de la constitution. Ils s’engagent également à trouver un accord politique entre la classe politique et les autres secteurs du pays sur les modalités de remplacement de Jovenel Moïse le 7 février 2021 afin de mieux gérer la période de transition.
« Nous nous engageons fermement à :
1) Nous mettre d'accord sur une structure de rassemblement des forces de changement, éparses aujourd'hui, et sur les modalités de son fonctionnement ;
2) Faire échec au projet de coup d'état électoral, en préparation par le pouvoir ;
3) Forcer le Président Jovenel Moïse à respecter les prescrits de la Constitution relatifs à la fin du mandat présidentiel ;
4) Trouver un accord politique entre le secteur politique et les autres secteurs de la vie nationale sur les modalités de remplacement du Président Jovenel Moïse et de la réalisation d'une période de transition permettant de jeter les bases pour la construction d'une nouvelle société ;
5) Accompagner la population haïtienne en général et les organisations de base en particulier dans la mobilisation, déjà en marche, pour faire respecter les articles 134.2 et 134.3 de la Constitution », peut-on lire dans la déclaration.
Durant la transition, il sera question principalement de lutter contre la corruption, d’organiser une conférence nationale, de réviser la constitution et déréaliser le procès Petrocaribe, toujours selon la note. « Durant cette période transitoire, il reviendra de :
- Lutter contre la corruption;
- Créer un climat sécuritaire garantissant l'ordre public, la sécurité des vies, des biens et des investissements ;
- Organiser une conférence nationale ;
- Réviser la Constitution ;
- Réaliser les procès pour la dilapidation des fonds Petro Caribe ou de toute autre ressource du trésor public ;
- Obtenir justice pour les victimes de divers massacres dans les quartiers populaires ;
- Établir le cadre juridique, les mécanismes financiers appropriés, et conclure les ententes politiques nécessaires permettant l'institutionnalisation de la démocratie en Haïti à travers la mise en place d'un multipartisme modéré autour de 4 à 5 partis ou plateformes politiques ;
- Renforcer les institutions de l'État ;
- Rétablir la confiance dans l'État ;
- Assainir les finances publiques ;
-Promouvoir des réformes économiques, un climat favorable aux investissements, à la création d'emplois et au développement de la production nationale ;
- Initier des projets d'apaisement social tout en apportant des services à la population ;
- Organiser des élections générales libres, honnêtes et démocratiques à travers un processus inclusif et transparent ;
- Défendre le droit du peuple haïtien à décider souverainement de ses affaires, tout en travaillant au développement de la coopération internationale, de l'amitié et de la solidarité entre les peuples du monde entier.
Le document est paraphé notamment par : l’OPL, FUSION, VÉRITÉ, VEYE YO, INIFÒS, Secteur Démocratique et Populaire, Initiative Patriote Marien – IPAM, AAA, INITE, Kowòt Patriotik, Conférence des Pasteurs Haïtiens, Femmes en Politique pour le changement.
« Le texte reste ouvert à l’adhésion d’autres Partis, Organisations et Personnalités », disent les signataires. Justement, les signatures des représentants de plusieurs partis et/ou regroupements de partis politiques représentatifs de l’opposition ne sont pas remarquées dans l’accord. C’est le cas notamment de Fanmi Lavalas, MOPOD et Pitit Dessalines.
Rappelons que cela fait la nième fois que la plupart de ces partis se mettent ensemble pour le renversement du président Jovenel Moise. L’alternative consensuelle, l’accord de Marriott ont volé en éclats une fois des négociations pour le pouvoir ouvertes à la nonciature apostolique. Sans explications, ces leaders proposent une nouvelle alliance á la nation.
Par Diego O. Charles
Lezec15@gmail.com
- Log in to post comments


