Des responsables politiques et d’organisations de la société civile critiquent vertement la décision du chef de l’Etat de gracier plusieurs criminels notoires. Ils dénoncent le fait que la liste des bénéficiaires de la grâce présidentielle ait été élaborée dans l’opacité alors que des responsables des droits humains avaient attiré l’attention sur la nécessité de mettre en place une commission constitué de représentants de l’OPC, du CSPJ, de la DAP et des organismes de défense des droits humains afin d’éviter que des bandits de grands chemins soient remis en liberté.
Les commissaires du gouvernement sanctionnés dans le scandale de la grâce présidentielle ne sont que des boucs émissaires, de l’avis du porte-parole de l’Organisation du Peuple en Lutte. Danio Siriack explique qu’une telle décision ne saurait etre prise sans que le ministre de la justice, Me Lucmane Dellile, ne soit au courant à moins qu’il ne soit pas suffisamment compétent pour son poste. Le responsable politique en a profité pour féliciter les organisations de la société civile et l’Office de la Protection de la Citoyenne et du Citoyen qui ont attiré l’attention de la société sur cette grave décision de l’Exécutif.
Le responsable du MOCHRENA, le pasteur Sadrack Dieudonné pense, lui aussi, que les commissaires du gouvernement de la Croix-des-Bouquets et de Jérémie sont des boucs émissaires dans ce dossier. L’ex-député des Gonaïves invite ces derniers à dénoncer les sanctions qui leur ont été infligées si effectivement ils avaient bien fait leur travail. L’ancien représentant de la cité de l’indépendance à la 49ème Législature fait remarquer que ce n’est pas la première fois que le régime en place procède à la libération massive de bandits de grands chemins, rappelant que l’ex-président Michel Martelly avait également agi de la sorte à la fin de son mandat.
L’ancien député Alfrédo Antoine, proche du pouvoir, a, pour sa part, tenté de dédouaner le président Jovenel Moïse dans ce scandale et responsabilise l’OPC qui, selon lui, n’a pas su jouer son rôle dans ce dossier. Il dit ne pas comprendre comment la liste des bénéficiaires de cette mesure de clémence a-t-elle pu être transmise au chef de l’Etat sans avoir été examinée par l’institution dirigée par Me Renan Hédouville.
Le coordonnateur général de l’organisation des citoyennes et citoyens pour une nouvelle Haïti, OCNH, est, lui aussi, monté au créneau pour dénoncer la decision du chef de l’Etat. Me Camille Occius rappelle qu’il avait attiré l’attention sur la nécessité de mettre en place une commission constitué de représentants de l’OPC, du CSPJ, de la DAP et des organismes de défense des droits humains afin d’éviter que des bandits notoires soient remis en liberté. L’homme de loi exige que des sanctions soient adoptées à l’encontre de tous ceux qui ont participé à l’élaboration de la liste des 415 détenus ayant bénéficié de cette grâce du chef de l’Executif.
La directrice exécutive de l’institut mobile d'éducation démocratique, Kettly Julien abonde dans le même sens. La défenseure des droits de l’homme dénonce le fait que la liste des bénéficiaires ait été élaborée dans l’opacité.
Par Diego O. Charles
Lezec15@gmail.com
- Log in to post comments


