PubGazetteHaiti202005

Face à la menace Trump, Leslie Voltaire veut frapper à la porte de ceux qui « aiment » Haïti

Leslie Voltaire, Président du CPT

Dans une entrevue accordée à l’agence de presse « Associated Press » le samedi 25 janvier 2025, le président du conseil présidentiel de transition a déclaré que les décisions de l’administration Trump de geler les programmes d’aide, de déporter les migrants et de bloquer les réfugiés seront « catastrophiques » pour Haïti. Par conséquent, il veut frapper aux portes de ceux qui aiment Haïti.

Le Président du Conseil Présidentiel de Transition a réalisé cette entrevue après sa rencontre avec le pape François au Vatican. Il n’a pas manqué de présenter le pape comme quelqu’un qui aime Haïti contrairement à Trump.

« Je frappe aux portes des personnes qui aiment Haïti. Le pape aime Haïti, et il est prêt à aider », a déclaré Voltaire au micro de Associated Press.

Selon un communiqué de presse de la présidence, Leslie Voltaire a discuté avec le pape François de la crise en Haïti où des gangs tuent des civils et opèrent en toute impunité à travers le pays. Selon Voltaire, la moitié des 11,4 millions d’habitants d’Haïti souffrent déjà de la faim, et la perte de l’aide humanitaire comme la décision prise par l’administration Trump aggravera considérablement la situation.

« Trump a dit qu’Haïti est un ‘trou à rats’, donc je ne pense pas qu’il se souciera d’Haïti », a prévenu Voltaire. Il souligne que des milliers d’Haïtiens sont entrain d’être déportés vers Haïti via la République dominicaine alors que la situation sécuritaire va de mal en pis. D’après le représentant de Fanmi Lavalas, « la situation sera catastrophique » avec les nouvelles politiques américaines.

Les nouvelles politiques américaines relatives aux aides et à l’immigration seront très préjudiciables à Haïti. D’après les chiffres de Leslie Voltaire, 1,5 million d’Haïtiens vivent aux États-Unis, dont environ 150 000 bénéficient d’un programme appelé « Temporary Protection System » (Système de Protection Temporaire).

« Trump dit qu’il va expulser tous ces Haïtiens », a ajouté Voltaire, expliquant que le pays risque de ne pas pouvoir gérer cet afllux.

Des élections possibles avec 80% du pays

Lors de cette entrevue, Leslie Voltaire ne s’est pas gardé de faire part de son optimisme dans la quête de la réalisation du référendum constitutionnel et des prochaines joutes électorales. AP souligne que ce dernier est convaincu « qu’ils pourront y parvenir d’ici novembre prochain ». Il estime que si la MMSS est renforcée par plusieurs milliers d’agents supplémentaires, les élections pourront avoir lieu cette année.

« Nous devons organiser un référendum sur une nouvelle constitution et également les élections à la fin novembre. Je pense que nous pouvons organiser les élections car nous avons environ huit départements, soit 80 % du pays, où cela est possible », a-t-il déclaré à Associated Press.

Selon un bilan des Nations unies, plus de 5 600 personnes ont été tuées en Haïti l’année dernière. Le nombre de meurtres a augmenté de plus de 20 % par rapport à 2023, selon le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies.

La semaine dernière, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a averti que les gangs pourraient bientôt prendre le contrôle de la capitale, Port-au-Prince, entraînant un effondrement total de l’autorité gouvernementale sans un soutien international supplémentaire à la police nationale en difficulté.

 

 


Par:   avec Associated Press

Politique

Culture

Economie

Sport