PubGazetteHaiti202005

Les prix des produits de première nécessité explosent moins d'un an après leur chute sur le marché

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Sujet proposé par notre désormais défunt collaborateur Diego O. Charles, tué par balles aux côtés de la militante Antoinette Duclaire, porte parole du parti « Matris Liberasyon » à Christ-Roi dans la nuit du 29 juin 2021.



Les prix des produits de première nécessité explosent dans les marchés publics dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Il fallait presque deux fois plus d'argent pour se procurer un panier alimentaire. Septembre 2020, quand la gourde s'appréciait par rapport au dollar, tout le monde félicitait l'administration de Jovenel Moïse du fait que les prix de produits de première nécessité chutaient sur le marché. 9 mois après, l'abcès revient et corse davantage l'addition en ce qui concerne le pouvoir d'achat.
 



Du mois de septembre 2020 à juin 2021 - moins d'un an, on assiste à une explosion des prix de produits de première nécessité dans les différents marchés publics à Port-au-Prince. Il devient même difficile à des familles, déjà en proie à l'insécurité alimentaire, de s'acheter un panier alimentaire.

Le constat est identique aux marchés publics de Pétion-Ville, de Delmas et à Port-au-Prince que nous avons visités. 


À Pétion-Ville, le prix du panier alimentaire augmente de façon substantielle. Le gallon de l'huile de cuisine passe de 500 gourdes à 850 gourdes chez les petits marchands. Une augmentation de 70% en 9 mois seulement. La petite marmite de riz augmente de 20 gourdes passant de 40 gourdes à 60 gourdes (50%). Le sac de 25 kilo de riz se vend désormais à 2050 gourdes ( 800 gourdes augmentation). Ce tarif est imposé aussi pour le blé qui se vend par petite marmite à 60 gourdes.


La farine quand à elle augmente de 15 gourdes sur la petite marmite. Le sucre de 20 gourdes passant de 50 gourdes à 70 gourdes. L'avant « dernière dimension » de la marmite de beurre prend de l'expansion. Elle augmente de 25 gourdes.


Le prix du pois reste toutefois stable.  La pleine période de récolte en est la cause, explique Jésumène, une marchande qui étale ses produits à Pétion-Ville. La marmite de pois importé des États-Unis se vend toujours à 500 gourdes.


Un tour au marché public « Salomon »
permet de comparer ces produits qui tendent à augmenter de façon vertigineuse. Au niveau de ce marché, situé en plein cœur de la capitale, la tendance n'est pas trop différente. Cependant, le panier alimentaire là-bas coûte un poil plus cher que celui de Pétion-Ville. Au marché Salomon, sauf le kilo de riz qui garde le même prix que les autres marchés sillonnés. Le kilo de riz se vend à 300 gourdes soit une augmentation de 50%.


Le gallon d'huile de cuisine s'achète à 900 gourdes. La marmite de maïs moulu et celle du blé se vend à 375 gourdes alors que la marmite s'achetait à 250 gourdes au moment où la gourde s'appréciait face au dollar en septembre 2020.


À l'instar de ces produits de première nécessité, le prix du saumon et l'hareng saur plomble sur le marché. Pour la caisse du saumon, le prix se hisse à 33%. Elle se vend dorénavant à 200 mille gourdes.



Face à cette tendance sur le marché peu d’efforts sont consentis de la part des autorités étatiques responsables pour agir sur cette situation qui a un impact non négligeable sur la qualité de vie des plus pauvres.


La population crie famine


« On ne peut supporter ce combat. Chaque jour, le prix varie dans les centres commerciaux. Nous payons à la fois, les frais de dépôts, le transport de la marchandise vers le dépôt et notre place », compte du bout des doigts Chantale, marchande au marché Salomon.


À cause de la cherté de la vie, la quantité des visiteurs venant faire leurs emplettes diminue. Jimmy, motard stationné à proximité du marché Salomon, fait le même constat. «  La vie devient de plus en plus dure. Je ne peux même pas ajuster le prix de ma moto alors que je subis le même sort que les autres consommateurs qui ne peuvent pas bouillir la marmite. Ma femme grogne quand je lui donne 500 gourdes pour préparer le repas », raconte ce motard, père de famille.


À Delmas, au marché Dumorney, Junia se plaint d'avoir dépensé 1 000 gourdes alors qu'elle n'a pas acheté le riz. « Je ne vois pas ce que j'ai acheté pour que mon argent s'envole comme de l'air », soupire la jeune dame.


Au marché Dumorney comme au marché de Pétion-Ville et au marché Salomon, il n'y a pas vraiment de grand écart dans les prix des produits de première nécessité.


Si le prix des autres ingrédients ne subit pas l'assaut de la dévalorisation de la gourde, les produits importés pour la plupart explosent à la grande surprise des consommateurs. Il y a de cela 10 mois,  l'administration Moïse avait réussi à contenir l'inflation. La réalité de nos jours pousse les consommateurs à se plaindre en silence.


En septembre 2020, le dollar se valorisait au point que pour un dollar on avait besoin de 67 gourdes. Ce 29 juin 2021, un dollar se change à 93, 53, selon le taux de la BRH.



Le panier alimentaire haïtien se compose, selon la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA), de six produits à savoir : le riz, la farine de blé, le maïs, le haricot, le sucre et l’huile végétale.


 

 

Crédit photo: Loop Haiti

Par Michelson Césaire

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