PubGazetteHaiti202005

Claude Joseph rejette l’idée d’une  nouvelle transition en Haïti 

Claude Joseph rejette l’idée d’une  nouvelle transition en Haïti 

Invité de l’émission « Le Rendez-Vous avec Volcy Assad » ce lundi 24 août 2026, l’ancien Premier ministre et dirigeant du parti EDE, Claude Joseph, a clarifié sa position sur l’avenir politique du pays. Au cours de cet échange, il a rejeté toute participation à une nouvelle formule de transition et livré une analyse critique des difficultés auxquelles fait face la classe politique haïtienne à l’approche des prochaines échéances électorales.

D’entrée de jeu, Claude Joseph s’est montré catégorique sur la question des gouvernements intérimaires. Selon lui, Haïti ne peut pas continuer à s’enliser dans des arrangements politiques provisoires qui, au fil des années, ont contribué à fragiliser les institutions et à retarder le retour à un ordre constitutionnel durable. Ainsi, l’ancien chef du gouvernement estime que la priorité doit désormais être accordée au rétablissement des institutions par la voie des élections.

Dans cette logique, il prend clairement ses distances avec les différentes formules de transition expérimentées dans le pays. Pour Claude Joseph, la répétition de ces mécanismes n’a pas permis de résoudre les problèmes structurels de l’État. Au contraire, elle aurait contribué à maintenir une instabilité politique qui empêche la mise en place d’institutions solides et légitimes.

L’ancien Premier ministre a porté un regard critique sur l’agitation qui caractérise actuellement la classe politique. Alors que plusieurs personnalités multiplient les rencontres, les déclarations publiques et les démarches en vue des prochaines élections, Claude Joseph estime que cette effervescence ne doit pas faire oublier les nombreux obstacles qui se dressent devant les prétendants au pouvoir.

Derrière le nombre élevé de candidatures annoncées ou envisagées, plusieurs contraintes juridiques et politiques pourraient considérablement réduire le nombre de candidats effectivement autorisés à participer au processus électoral. Les questions liées aux décharges, aux incompatibilités légales, aux contestations politiques et aux exigences constitutionnelles pourraient notamment compliquer la validation de certains dossiers.

À ce sujet, Claude Joseph a également reconnu que sa propre situation pouvait être concernée par ces contraintes. L’ancien Premier ministre a laissé entendre que les fonctions qu’il a occupées pourraient constituer des obstacles à une éventuelle candidature. Allusion faite au problème de décharges. Cette position traduit une volonté de considérer le processus électoral à partir des règles qui s’imposent à tous les acteurs politiques. 

Une éventuelle impossibilité de se porter candidat ne signifie pas nécessairement la disparition de ces personnalités de la scène politique. Au contraire, elles pourraient continuer à jouer un rôle important dans les alliances, les regroupements et le choix des candidats. Certains responsables politiques pourraient ainsi être appelés à soutenir de nouvelles figures capables de répondre aux exigences légales et politiques du prochain processus électoral.

De ce point de vue, la prochaine période pourrait donc entraîner une recomposition importante de la classe politique haïtienne. Les personnalités qui ne pourront pas se présenter directement pourraient chercher à influencer le processus à travers leurs structures politiques, leurs bases militantes et leurs alliances.

En définitive, l’intervention de Claude Joseph sur le plateau de Volcy Assad met en évidence deux enjeux majeurs : le rejet d’une nouvelle transition politique et les nombreuses contraintes auxquelles seront confrontés les prétendants aux prochaines élections. En prenant ses distances avec les gouvernements intérimaires tout en reconnaissant les limites qui peuvent également concerner sa propre candidature, l’ancien Premier ministre plaide implicitement pour un processus fondé sur les règles électorales et le renouvellement des acteurs politiques.


Arnold Junior Pierre

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