PubGazetteHaiti202005

IDA, un nouveau parti politique plaide pour une entente nationale et une rupture maîtrisée

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À l’ombre des incertitudes politiques et sécuritaires qui pèsent sur Haïti, les dirigeants de l’Inisyativ pou Devlope Ayiti (IDA) ont choisi de s’adresser directement aux citoyens. Le samedi 27  décembre 2025, ils se sont réunis en plein air, à l’Hôtel Oasis, à l’occasion des fêtes de fin d’année et ont échangé avec près d’une centaine de participants autour des perspectives politiques et sociales du pays à l’horizon 2026. Au cœur des discussions : la nécessité d’un accord national inclusif et la dénonciation des transitions politiques à répétition, perçues comme l’une des causes majeures de l’instabilité chronique.


Les responsables du parti ont dressé un constat sans complaisance de la situation nationale. Selon eux, l’enchaînement des périodes transitoires a progressivement affaibli les institutions, contribuant à l’aggravation de l’insécurité et à l’effritement de la confiance citoyenne. Pour l’IDA, il est désormais urgent de rompre avec cette logique et de poser les bases d’un consensus national capable de redonner une direction claire au pays.


Prenant la parole en premier, le coordonnateur général du parti, Jean Michelet Simplice, a mis l’accent sur l’importance de la formation politique, en particulier celle des jeunes. Selon lui, un parti ne peut diriger le pays sans former sérieusement ses militants et ses cadres. « Un parti politique moderne ne doit pas se limiter aux discours. Il doit former ses membres, leur fournir des outils de communication et une vision claire de la gouvernance », a-t-il déclaré.

Selon Jean Michelet Simplice, la formation est au cœur de l’action de l’IDA. Il estime que le renouveau politique du pays passe par une nouvelle génération de dirigeants mieux formés, capables d’écouter la population et de proposer des réponses concrètes aux problèmes actuels. Il a également mis en avant la crédibilité de son parti, affirmant qu’aucun membre de l’IDA n’a, jusqu’à présent, été sanctionné par la communauté internationale pour corruption ou pour des liens avec des groupes armés. Un élément qu’il considère comme essentiel dans un contexte de méfiance envers la classe politique.

Cette crédibilité peut servir de base à un véritable changement, à condition que les acteurs politiques acceptent de se rassembler autour d’un projet commun, plutôt que de défendre des intérêts personnels ou partisans. Dans le même esprit, l’ancien sénateur Francky Exius conseiller politique du parti a plaidé pour une entente nationale encadrée par des conditions claires. Selon lui, le manque de consensus entre Haïtiens ouvre la voie à des décisions imposées de l’extérieur. « Si nous ne parvenons pas à nous entendre, la communauté internationale continuera de décider à notre place », a-t-il averti. Pour Francky Exius, les responsables appelés à succéder au Conseil présidentiel de transition (CPT) après le 7 février 2026 devront être des figures de rassemblement, capables de porter un véritable projet national. Il estime toutefois qu’une transition de rupture reste nécessaire pour créer les conditions d’élections crédibles, honnêtes et inclusives.

De plus, l’ancien parlementaire reconnaît toutefois l’ampleur des défis actuels. Dans le contexte d’insécurité généralisée, il estime que l’organisation d’élections est impossible à court terme. Selon lui, la priorité de toute nouvelle équipe dirigeante doit être le rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire. Francky Exius a également mis en garde contre la répétition des transitions politiques, qu’il juge inefficaces. Il affirme que ces périodes profitent souvent à une minorité, tout en aggravant la précarité et l’instabilité pour la majorité de la population. À l’approche du 7 février 2026, l’incertitude demeure sur la manière dont l’État sera dirigé après le départ annoncé du CPT, une situation qui, selon plusieurs observateurs, pourrait aggraver davantage la crise sécuritaire et socio-économique du pays.


Dans un pays lassé des promesses non tenues, l’IDA qui s'est récemment présenté sur les fonds baptismaux mise ainsi sur la formation, la crédibilité et le dialogue national pour tenter de tracer une voie différente vers l’avenir.

 

 

 

Par Arnold Junior Pierre

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