PubGazetteHaiti202005

Le RNDDH dénonce la « connivence »  entre des agents de l’UDMO et des gangs dans l’Artibonite et appelle à une enquête urgente

Internet

Dans une lettre adressée à l’Inspection Générale de la Police Nationale d’Haïti (IGPNH), lundi 22 décembre  2025, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a dénoncé des liens présumés entre des agents de l’Unité Départementale de Maintien d'Ordre (UDMO) affectés dans le département de l’Artibonite avec trois gangs de la coalition « Viv ansanm ». L’organisation exhorte l’IGPNH à diligenter, dans les plus brefs délais, une enquête approfondie afin d’analyser le comportement de ces policiers et de les sanctionner conformément aux principes de la loi.

Des agents de l’Unité Départementale de Maintien d’Ordre (UDMO) sont soupçonnés de connivence avec des gangs armés opérant dans le département de l’Artibonite. Alors qu’ils étaient censés assurer la protection et la sécurité de la population contre le banditisme, ces agents sont accusés d’avoir vendu des munitions et des armes, ainsi que de fournir des informations stratégiques de la Police Nationale d’Haïti (PNH) aux groupes criminels lors des opérations policières. Ils seraient également impliqués dans la gestion de postes de péage imposés par des groupes d’autodéfense.


À travers une correspondance adressée à l’Inspection générale de la Police Nationale d’Haïti (IGPNH), le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) affirme avoir documenté de nombreux massacres perpétrés dans le département de l’Artibonite. Selon l’organisme de défense des droits humains, au moins 27 massacres ont été recensés dans huit communes de l’Artibonite entre janvier et novembre 2025.


Face à la recrudescence de ces attaques, le RNDDH indique avoir mené une enquête de terrain dans le département. Cette démarche aurait permis de mettre au jour des liens présumés entre plusieurs agents de l’UDMO affectés dans ledit département et des gangs armés, notamment « Kokorat San Ras », « Gran Grif » et « les Talibans ».

D’après le RNDDH, « la Base Gran Grif et le gang armé des Talibans compteraient quelques agents au sein de l'UDMO ». Il se dit que « le gang armé Kokorat San Ras, pour sa part, aurait été  formé par des agents de cette unité spécialisée ». 

« Dans un véritable contrat synallagmatique convenu au détriment de la population, ces agents  de la PNH vendent aux gangs susmentionnés des armes et des munitions, leur transmettent des informations stratégiques sur les déplacements de troupes lors des opérations policières planifiées et gèrent avec eux des postes de rançonnement » , a-t-il révélé.

En plus d’entretenir des liens avec des groupes armés, certains auraient la gestion de plusieurs postes de péage installés par des groupes d’autodéfense, en concertation avec ces derniers.

Le RNDDH affirme que «  de nombreux policiers seraient impliqués dans ce dossier ». Il les tient pour responsables de la dégradation de la situation sécuritaire dans le département de l’Artibonite ». L’organisme de défense des droits humains dit avoir identifié au moins sept agents, dont trois seraient considérés comme des chefs de file dans ces pratiques.


Il s’agit de: Midet Fervilon, agent II; Tchovilesse Louis-Jeune, alias Djazz, agent II; Richardson Auguste, agent III. Delon le RNDDH. Ces trois agents sont considérés comme chefs de file, selon le RNDDH, citant d’autres noms, tels que: Robenson Saint-Fleur, inspecteur de police, Sergo Souverain, inspecteur principal; Robenson Saintilus, agent IV; Jean Baptiste Louis Saint, inspecteur principal.

Compte tenu de la dégradation accélérée de la situation sécuritaire dans le département de l'Artibonite et du nombre d'épisodes de violence enregistrés durant cette année, le RNDDH exhorte « l'Inspection Générale de la PNH a  diligenté en urgence une enquête approfondie sur le fonctionnement des agents de l’UDMO dans ledit département et à prendre contre les fautifs, les sanctions qui s'imposent » .

Parallèlement, il a dénoncé le fait qu' aucune suite n'y a été accordée par l'Inspection Générale de la PNH suite à de nombreux rapports déjà élaborés.

Le RNDDH exige « l’acheminement des résultats de l’enquête vers l'appareil judiciaire haïtien, pour les suites de droit ».


Il faut souligner que les attaques ont été menées simultanément dans les localités de l’Artibonite ces derniers mois. Plusieurs zones sont à présent sous l’emprise des gangs. L'une des récentes attaques date du début de décembre au cours desquelles plusieurs personnes ont été assassinées au sein même de la paroisse de l’Estère.  Le curé est sauvé de justesse grâce au soutien des forces de l’ordre, tandis qu'en fin novembre environ une dizaine d’homicides a été déjà recensée à Pont-Sondé et plusieurs maisons incendiées par les gangs avec des personnes à l’intérieur.

Par: Daniella Saint-Louis

Politique

Culture

Economie

Sport