L'Ambassade de France en Haïti a salué à travers son compte X l’adoption des sanctions de l’Union Européenne contre le gang " 5 segond " , les anciens sénateurs Youti Latortue, Rony Célestin et l’ancien président Michel Joseph Martelly.
Après les sanctions imposées durant les années précédentes par les Etats-Unis et le Canada, des hommes politiques en Haïti ainsi que le gang "5 segond " dirigé par Johnson André alias Izo figurent sur une nouvelle liste. Cette fois, ils ont été sanctionnés par l’Union Européenne. L’annonce a été faite dans un communiqué de l’UE publié le lundi 15 decembre 2025.
La France a réagi suite a cette annonce. Elle a salué la decision de l’UE tout en "affirmant son plein engagement aux côtés de l'Etat haïtien pour lutter contre l'impunité et pour soutenir le rétablissement de l'ordre et de la sécurité en Haïti".
" La France se félicite de l'adoption par le Conseil de l'Union européenne de sanctions contre le gang "5 segond" ainsi que contre trois anciens responsables politiques pour leur soutien aux gangs criminels" , a tweeté l’Ambassade de France en Haïti.
Elle réitère son engagement à travailler en coordination avec l’Etat haïtien dans la lutte contre l’impunité et la stabilité en Haïti.
D’après le communiqué de l’UE, les personnes sanctionnées sont accusées d’être impliquées, directement ou indirectement, dans l’escalade de la violence des gangs et de graves violations des droits humains qui fragilisent la stabilité d’Haïti. L’UE a affirmé que " Michel Martelly et Youri Latortue ont armé et financé plusieurs groupes armés afin de servir leurs intérêts politiques, personnels et économiques, tout en cherchant à asseoir un contrôle territorial sur certaines zones stratégiques du pays. Selon UE, ces pratiques illustrent des liens préoccupants entre des acteurs politiques et des gangs, contribuant directement à l’aggravation de la violence et à l’affaiblissement des institutions étatiques en Haïti. L’ancien sénateur Rony Célestin figure également parmi les personnes visées par les sanctions. L’Union européenne l’accuse d’être impliqué dans des violences associées aux groupes armés et dans des réseaux de contrebande, allant jusqu’à le tenir pour responsable de l’orchestration de l’assassinat du journaliste Néhémie Joseph, connu pour avoir dénoncé ses activités illégales et des faits de corruption ".
Les sanctions adoptées par l’Union européenne prévoient un gel total des avoirs . Ces mesures restrictives consistent en une interdiction de voyager à ceux qui menacent la paix dans le pays, le gel des fonds leur appartenant et une interdiction de mettre à leur disposition de fonds directement et indirectement.
Michel Martelly, Youri Latortue, Rony Célestin et le gang 5 Segond rejoignent une liste déjà fournie de personnalités et de groupes armés haïtiens sanctionnés par l’UE. Parmi eux figurent notamment Micanor Altès, chef du gang de Wharf Jérémie, Christ-Roi Chéry, leader du gang de Tibwa, et Jeff Larose, à la tête du gang de Canaan, tous sanctionnés le 15 juillet 2025.
D’autres figures du banditisme armé, comme Jonel Catel du gang de Terre Noire, Gabriel Jean Pierre, chef de la coalition G-Pèp, et Ferdens Tilus, leader du gang Kokorat San Ras, avaient déjà été sanctionnées en décembre 2024.
En octobre 2022, le Conseil de sécurité des Nations Unies avait adopté la résolution 2653 (2022), établissant un régime de sanctions contre les gangs en Haïti et leurs financeurs. Ces sanctions comprennent un gel ciblé des avoirs, des restrictions de voyage et des mesures d'embargo sur les armes.
Depuis la fin de l'année 2022, les Etats Unis et le Canada ont imposé des sanctions contre des hommes d'affaires et des politiciens du pays qui auraient l’habitude de financer les gangs ou en seraient de connivence. Ce, pour essayer de limiter la violence des gangs et favoriser un retour de la paix et de la sérénité.
Cette année, l'administration Trump a désigné la coalition criminelle « Viv ansanm » et le gang « gran grif » comme des terroristes étrangers et mondiaux et a promis de punir leurs financeurs ou alliés.
Cependant, en depit de ces sanctions, la crise securitaire en Haïti continue de se détériorer aggravant la crise humanitaire et sanitaire dans le pays. Le nombre de deplacement forcé a atteint le record de 1.3 millions, alors que plus de 1200 assassinats et 700 blessés ont été recensés dans le pays du 1er juillet au 30 septembre 2025 suite aux violences armées perpétrées dans le pays. Plus de 140 cas d'enlèvements et 300 incidents de violences sexuelles ont été enregistrés, selon un rapport du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH).
Par: Daniella Saint-Louis
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