PubGazetteHaiti202005

Laurent Lamothe fait le point sur le dossier des « 25 stades » et dénonce un amalgame visant à ternir son image 

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L’ancien premier ministre, Laurent Lamothe a finalement sorti de son silence face au scandale provoqué par le dossier de « construction des vingt-cinq stades » en Haïti. Dans un premier épisode publié ce samedi 13 décembre 2025, sur les réseaux sociaux, baptisé «  Mon Combat pour la vérité », il a fait le point sur la différence entre parcs sportifs et stades sportifs et a dénoncé « cet amalgame entretenu autour des projets depuis plus d’une dizaine d’années ».

Après l’annonce officielle de la rupture de ses liens avec l’ancien président Michel Joseph Martelly, l’ex chef du gouvernement Laurent Lamothe revient sur les réseaux sociaux pour clarifier le dossier de « construction des vingt-cinq stades », tout en affirmant n’avoir jamais paraphé aucun de ces contrats.

Dans ce  premier épisode baptisé « Mon Combat pour la Vérité »,  il a établi des faits liés à ce dossier, qui selon lui, permettront d’apporter des éclaircissements après de nombreuses années.

En premier lieu, l’ex chef du gouvernement a dénoncé « une véritable confusion et une campagne de dénigrement » à son encontre « par des oligarques suivies même de menaces de mort ».  Il a précisé qu’il ne s’agissait pas de stades, mais de parcs.

Lamothe a souligné n’avoir signé aucun contrat relatif à la construction ou la réhabilitation de ces parcs. Selon lui, la signature de certains contrats ont été paraphés avant son arrivée à la tête du gouvernement en 2012 ou après sa démission.

« Après la signature des contrats avec la firme de construction SECOSA, l’ex président Martelly avait créé une commission présidentielle et avait nommé son fils aîné, Olivier Martelly à la tête de cette commission à travers un programme baptisé « foutbòl pou chanjman ». Ce programme avait pour objectif de superviser les constructions et créer des activités dans les infrastructures. La supervision technique des travaux était assurée par l’entreprise JJ Construction. Cependant les projets de  « Rofi S.A » étaient supervisés par l’Unité de Construction de Logement et de Bâtiments Publics (UCLBP)  et des conseillers spéciaux du palais national. Quant aux ministères, ils jouaient le rôle administratif », précise Lamothe.


Il a également montré dans cette vidéo différents documents signés dans le cadre de ces travaux. D’après ces documents, le premier contrat a été signé le 12 mai en 2011 entre le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPEC) sous le règne du ministre Jean Max Bellerive, avec la firme SECOSA pour la construction de  dix centres sportifs dans dix communes  pour un montant total de 4 millions 450 milles dollars américains. Un deuxième a été signé pour la construction du centre sportif de la commune de Pignon à la meme date pour un montant de 1.6 millions de dollars par Bellerive et la SECOSA. Ils ont également signé un troisième, destiné à la construction de huit autres parcs sportifs pour la somme de 10 millions dollars 150 milles 23 dollars et 31 centimes. Ces trois contrats s’estiment à 16 millions 200 milles dollars, a-t-il, souligné, précisant qu’il n’occupait aucune fonction publique à cette époque. 

Le 9 juillet 2012, un quatrième contrat a été signé par le ministre de la planification et de la coopération externe de l’époque, Joséfa Raymond Gauthier avec ROFI S.A, une firme de construction dominicaine pour la construction de cinq complexes sportifs, rapporte Lamothe. À cette époque , dit-il, il était ministre des Affaires Étrangères.

Lors de sa prise de fonction comme premier ministre en août 2012, Lamothe a affirmé que tous ces contrats ont été déjà signés. Il ne faisait, dit-il, que les exécuter.

Par ailleurs, l’ex chef de la Primature a cité et montré les différentes images de construction ou réhabilitation réalisées, à savoir:  le Parc Bayas de Mirebalais, Parc Laco des Cayes, Parc Notre Dame de Ouanaminthe, Parc Sainte Thérèse de Petion-Ville ,  Parc St-Vincent de Pqul de Thomassin, Parc Sténio Vincent des Gonaïves, Parc Bois Bœuf de Jacmel, Parc Charlemagne Peralte de Hinche, Parc Gérard Christophe de Léogâne , Parc Ste-Claire de Marchand Dessalines,  Parc Reziyen de Milot , Parc Émile Magloire de Cayes-Jacmel, Parc Saint-Joseph de Thomonde , Parc Grande Rivière du Nord de Grande Rivière du Nord , Parc des Oliviers de Saint-Louis du Sud, Parc St-Louis de Jérémie , Parc Michelet Destinoble de Verrettes, Parc St-Jean de Gressier, Parc Nelson Petit-Frère de St-Louis du Nord. 

En outre, il a rappelé que le 5 juillet 2015, six mois après sa démission, un cinquième contrat a été signé entre la société SECOSA et le responsable du MPEC de l’époque, Yves Germain Joseph, pour un montant de 385 millions de gourdes. Ce contrat concernait l’installation de gazon synthétique dans les parcs sportifs.

Après sa démission en 2014, Lamothe a indiqué que d’autres parcs sportifs étaient en construction, mais ils n’ont pas été achevés. Il a critiqué le fait que ces travaux n’ont pas été finalisés par les autorités successives.


Lors de sa vidéo de mise au point, Lamothe a affirmé que ce contenu est dépourvu de toute portée politique et électorale. « Ce contenu n’est pas politique, il n’est pas électoral, il est personnel, nécessaire et réparateur », a-t-il précisé.

« Mon Combat pour la Verité » survient  après l’officialisation de sa rupture avec Martelly. La semaine dernière, Lamothe a annoncé officiellement la rupture de ses liens avec Martelly.  Il a expliqué que cette rupture a trouvé ses racines dès 2014, alors qu’il était encore en fonction à la Primature. À cette période déjà, dit-t-il, des divergences profondes et des désaccords personnels avaient fragilisé leurs relations.

Toutefois, il a précisé que ses liens sont totalement rompus avec Martelly, le 7 juillet 2021 après l’assassinat du président Jovenel Moise.  Il a présenté ses excuses d’avoir soutenu Martelly comme président et qualifié ce choix comme « la plus grande erreur de sa vie » .

« 25 stades », un sujet de moquerie 

Laurent Lamothe a souvent fait l’objet de moqueries à cause de cette affaire de 25 stades dont la population cherche encore les traces. Il convient de souligner que l’ex premier ministre de Martelly est sanctionné par les Etats-Unis et le Canada. Il est accusé par les autorités américaines d’ « (avoir) détourné environ 60 millions de dollars du fonds d'investissement dans les infrastructures et de protection sociale PetroCaribe du gouvernement haïtien pour un gain privé ». Lamothe a toujours catégoriquement rejeté ces accusations portées contre lui.

Par: Daniella Saint-Louis

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