PubGazetteHaiti202005

Luis Abinader déplore le décès de Stéphora, arguant que  la « République dominicaine « n’est pas un pays raciste ».

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Le président de la République Dominicaine, Luis Abinader a réagi suite à la mort tragique de la jeune haïtienne Stéphora Anne-Mircie Joseph survenu dans son pays.  En conference de presse, hier, lundi 8 décembre 2025,  il a déploré ce décès, affirmant que « c’est une affaire très douloureuse et très triste » . Il a souligné que « la République Dominicaine n’est pas un pays raciste » .


Alors que des révélations choquantes font surface sur la mort de Stéphora Anne-Mircie Joseph survenu le 14 novembre 2025 en République Dominicaine, le président Luis Abinader a réagi en défendant l’image de son pays tout en niant le racisme. Il a également déploré la mort de la jeune haïtienne . 

« Il s'agit d'une affaire très douloureuse et tragique qui a touché tout le pays. Nous avons confiance dans l'action du parquet, qui a déjà pris des mesures, tout comme le ministère de l'Éducation, afin de prévenir d'autres cas et de renforcer le contrôle et la réglementation », a déclaré le président, selon le journal Listín Diario.

Parallèlement, il a précisé  que la République dominicaine n'est pas un pays raciste. « Ce n'est pas un pays raciste. Plus de 85 % de la population est métisse, et une telle situation est inédite », a-t-il indiqué.

Le président a assuré que « le parquet  poursuit  l'enquête et prendra les mesures prévues par la loi » .

Stéphora est morte dans dans l'une des piscines du ranch Los Caballos, où elle avait été emmenée en excursion avec d'autres élèves de l'école Leonardo Da Vinci, située sur la route Don Pedro à Santiago de los Caballeros .

Des arrestations ont été effectuées dans le cadre de l’enquête entourant sa mort et le rapport  de son autopsie a été également révélé .

Selon le rapport 552-2025 de l'Institut national des sciences médico-légales, daté du 19 novembre, Stéphora  est décédée par « asphyxie mécanique par noyade ; une mort violente ».

L'étiologie médico-légale est restée indéterminée et le mécanisme du décès a été établi comme étant « une insuffisance respiratoire ; le décès a été rapide ».  Ne précisant pas l’heure  du décès, le récit des faits du parquet indique que les événements ont débuté à 9 h 45, le corps n'a été retrouvé qu'à 14 h 05.

La fille âgée de 11 ans a dû confronter la mort au mépris d’un groupe de ses camarades et la négligence des responsables.  

Le rapport du parquet explique qu'« à 9 h 45, la mineure a agi ainsi par désespoir, luttant pour respirer, pour rester à flot, pour survivre ».
La demande de détention provisoire indique que « pendant que la fillette se noyait, l'accusée, Francisca Josefina Tavárez Vélez, membre de l’école, marchait au bord de la piscine, juste à côté de la victime, sans même se retourner. Elle s'est ensuite dirigée vers le jacuzzi et a discuté avec des enfants, avant de retourner vers le kiosque et de repasser devant la victime, apparemment indifférente. Il s'agit d'un exemple flagrant de négligence et d'irresponsabilité de la part de l'accusée dans la surveillance de la piscine. »

Selon l'expertise du Département des crimes et délits de haute technologie (DICAT), le corps de la fillette est resté au fond de la piscine pendant 30 minutes, jusqu'à ce qu'un autre enfant aperçoive le corps de Stephora, qui avait refait surface, et l'aide à le sortir de l'eau.
« Elle s'est noyée ! Elle s'est noyée ! » criait l'enfant, appelant l'accusée, Vilma Altagracia Vargas Morel, coordinatrice du lycée.


Une négligence aggravée par l’usage du téléphone
Chargées de surveiller les enfants, les accompagnatrices ont failli à leur mission. L’une d’entre elle, à savoir l'accusée Vilma Altagracia Vargas Morel est restée focalisée sur son téléphone pendant 31 minutes,  inconsciente de ce qui se passait. Ces faits ont été filmés par les caméras de sécurité, indique ce rapport. Plus tard, elle a continué à parler avec l'accusée Francisca Josefina Tavárez Vélez, « sans vérifier si les mineurs qui se trouvaient dans la piscine allaient bien ».

Aucun appel de secours
Malgré l’aggravation de la situation, les responsables ont refusé d’appeler le 911. Cependant, un employé de l’espace ainsi que plusieurs élèves ont fortement insisté à 10h 20 du matin. L’'accusée Francisca Tavárez a répondu : « Non. Ils appellent le directeur. »

L'école a été appelée en premier, et non les services d'urgence. La mère n'a pas été informée immédiatement non plus ; elle a été appelée 1 heure et 25 minutes après le décès de l'enfant, pour apprendre qu'elle vomissait.

Lorsque les secours ont finalement été appelés, Stephora était déjà morte.

La mère de Stéphora face au silence des responsables

La mère a appelé plus d'une heure plus tard. Arrivée peu après midi, la mère a appris que sa fille était vivante et prise en charge médicalement. Elle a été informée du décès de sa fille quatre heures plus tard, à son arrivée devant la propriété.
Pendant ce temps, des unités du DICRIM (Département des enquêtes criminelles), du SWAT et une ambulance sont entrées sur les lieux, mais personne n'est venu parler à la mère.

Dans son rapport, le parquet ne précise pas non plus ce qui est arrivé à la fillette entre 10 h 20 et 14 h 05, heure à laquelle le corps a été retrouvé.

Stéphora confrontée  à la mort et à l’indifférence  de ses camarades
La vidéo montre un groupe d'au moins cinq enfants qui la regardent se noyer, les mains levées, implorant de l'aide. Ils la montrent du doigt, mais personne n'appelle les secours. Pire encore, ils se déplacent dans la piscine sans avertir les enseignants ni aucun autre membre du personnel présent.

Responsabilité Pénale

Le parquet soutient que les quatre accusés ont agi avec maladresse, négligence et imprudence extrême, manquant à leur devoir de vigilance et violant la réglementation nationale. Les faits retenus par le parquet sont l'homicide involontaire (art. 319 du Code pénal), l'abandon et la maltraitance de mineurs (art. 351-2 du Code pénal) et la violation du Code de la protection de l'enfance et de la jeunesse (loi 136-03).


Selon le parquet, le décès de Stephora est la conséquence directe d'une excursion illégale dans un lieu dangereux, sans aucune surveillance, sans assistance et sans respect des consignes de sécurité.
Il a déjà exigé à chaque accusées une caution de 50 millions de pesos par l'intermédiaire d'une compagnie d'assurance spécialisée et leur détention provisoire. Elles sont interdites de quitter le territoire sans autorisation judiciaire préalable, l'obligation de se présenter régulièrement devant le parquet et la pose d'un bracelet électronique .


Yris del Carmen Reyes Adames, directrice administrative de l'Institut Léonard de Vinci ; Gisela González, coordinatrice générale et conseillère auprès de la direction ; Francisca Josefina Tavarez Vélez, conseillère ; et Vilma Altagracia Vargas Morel, coordinatrice du lycée, sont les personnes arretées dans ce dossier, selon un communiqué datée du  samedi 6 décembre 2025.

Alors que, le président Luis Abinader nie le racisme dans son pays, de nombreux haïtiens font face à des actes de violence en terre voisine, surtout lors, des expulsions des migrants en situation irrégulière. Des agents de la migration sont indexés dans des violations physiques et sexuelles. 

Dans un article publié  le 19 mai 2025, le journal El País América a révélé que des femmes Haïtiennes auraient été abusées sexuellement  par des agents d’immigration en République Dominicaine pour éviter d’être expulsées vers leur pays natal .

Dans un article titré « l'autre côté de Punta Cana  » , El País America raconte l'histoire d’une femme haïtienne vivant à Punta Cana nommée Ruth. « À l'arrivée des agents d'immigration,  elle était obligée de cacher ses enfants et de rester au lit, sachant que le viol a été le seul moyen d'éviter l'expulsion vers Haïti, d'où elle a fui en raison de la violence et de l'extrême pauvreté » , avait rapporté le journal.

Toutefois, il faut souligné depuis le durcissement des politiques d’immigrations par le président Luis Abinader en avril 2025, les raids se sont intensifiés en République Dominicaine . 

Le statut migratoire des étrangers est exigé à vérifier dans 33 hôpitaux publics considérés comme stratégiques.

Selon des informations, des femmes enceintes sont ciblées même au sein des centres hospitaliers. Une femme haïtienne en pleine grossesse a été forcée de monter dans un bus de l'immigration dominicaine pour être expulsée vers son pays natal, selon une vidéo du journal dominicain Listin Diario.

Des scènes de violence similaires  ont été également rapportés par le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) .

Seulement pour le mois d’octobre, plus de 20 000 Haïtiens ont été expulsés de la République Dominicaine, alors que plus de 26 900 avaient été rapatriés en août , selon le GARR.


Daniella Saint-Louis avec  Listín Diario

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