PubGazetteHaiti202005

Accord 21 décembre:  Pitit Dessalines, SDP branche  Nenel Cassy UNIR  s’y opposent/des signataires le défendent  

Le Pm Ariel Henry signant l'accord

Plusieurs dizaines de représentants de partis politiques, de membres de la société civile et du secteur privé ont paraphé mercredi dernier le document de « consensus national pour une transition inclusive et des élections transparentes ». Si  les signataires pensent avoir accordé une seconde chance à Ariel Henry, nombreux sont les partis politiques qui dénoncent la démarche qui s’éloigne, selon eux, de plus en plus de la constitution.

 

Ils étaient plusieurs dizaines, mercredi, à Karibe Hotel pour finaliser et signer le document de « consensus national pour une transition inclusive et des élections transparentes. » La rencontre s’est tenue en plusieurs groupes. La société civile en premier, les partis politiques en deuxième et le secteur privé des affaires en dernier. À l’issue des rencontres,  certains acteurs présents ont signé le document, d’autres ont décidé de jouer la carte de la prudence. Et parallèlement, certains se sont montrés amers quant  à la démarche. C’est le cas de Jean Charles Moïse, du SDP ( branche Nenel Cassy)  et du parti UNIR de Clarens Renois 

 

Dans une entrevue accordée à la radio Metropole, le leader de la structure politique Pitit Desalin Jean Charles Moïse rejette d’un revers de main cette démarche qui, selon lui, ne cadre pas avec les revendications populaires. « On jette cet accord à la poubelle », réagit Jean Charles Moïse. Il annonce sous peu la reprise de la mobilisation pour faire tomber Ariel Henry. Celui qui n’a pas réussi à faire baiser le dollar, la vie chère et qui n’a pu empêcher au premier ministre Ariel Henry d’appliquer les mesures relatives à l’augmentation des prix des produits pétroliers croit qu’aucun accord n’est viable sans la présence de son parti Pitit Dessalines. 


Même réaction du côté du SDP ( branche Nenel Cassy ). Dans un communiqué rendu public, le groupe politique emmené par l’ex sénateur Nenel Cassy qualifie de comédie la signature de l’accord du 21 décembre 2022.  Selon cette faucon du SDP, Ariel Henry n’a titre titre ni qualité pour proposer aucun nouvel accord politique. Il doit tout simplement démissionner rappelant que le premier ministre qui avait signé l’accord du 1 1 septembre avait tout fait pour empêcher son application.  Toujours selon le communiqué, le premier ministre Ariel Henry n’a aucun pouvoir de convocation sur les vraies forces politiques du pays telles que Fanmi Lavalas, Pititt Dessalines, KADOAH, konpromi Istorik, Pen-Modifié, Solid, Montana et SDP.  La communauté internationale devrait en prendre acte, écrit la branche SDP de l’ex sénateur Cassy.


La structure politique de l’opposition invite « les vrais acteurs politiques » et la société civile à trouver un accord au plus vite « en vue de sortir le pays de la crise » dénonçant au passage la prolongation du mandat de Ariel Henry dans le cadre de l’accord du 21 décembre. 


Ayant participé à de nombreuses rencontres en vue de parvenir à un « véritable accord  politique » avec le pouvoir,  « UNIR estime que cet accord ne rencontre pas ce qui est indispensable pour stabiliser le pays : un Compromis inclusif et un Consensus large, en faveur desquels UNIR a ceuvré ces quatre derniers mois durant de longues séances de discussions avec des groupes politiques de toutes les tendances. Le Haut Conseil de la Transition (HCT) est confié en majorité à la société civile et au secteur privé en laissant volontairement de côté les partis politiques », peut-on lire dans un communiqué du parti dirigé l’ex journaliste Clarens Renois ce vendredi. 

UNIR dit plaider pour un Consensus qui puisse rassembler la majorité des forces vives du pays. « Telle est la faiblesse de l'Accord du 21 décembre 2022 », soutient le parti, croyant mordicus que le peuple haïtien ne va rien bénéficier d'un tel accord. 

Dans ce communiqué portant la signature du coordonnateur national Clarens Renois, UNIR se dit toujours « ouvert au dialogue sincère en vue de trouver un vrai compromis qui soit à la hauteur des espérances du peuple haïtien soumis à de multiples épreuves, et à la dimension de la crise actuelle. »


La « concertation pour un compromis historique » dirigée par un comité ad-hoc: Emmanuel Ménard, Abel Descollines, Valéry Dutreil Jacques n’a toujours pas signé ledit document. La position de cette structure est plutôt nuancée. Elle sollicite l’adoption d’un Adendum au document du Consensus National pour une Transition inclusive et des Élections transparentes, dans le cadre d’un dialogue continu, qui traiterait des points relatifs aux revendications populaires (comme le rétablissement de la sécurité, la tenue des procès pour crimes financiers et autres, la lutte contre la corruption et les trafics illicites, l’intégration de la jeunesse et de la diaspora, le combat contre la vie chère et l’exclusion sociale) et des observations essentielles de groupes politiques non encore signataires de l’accord. 

De plus, elle demande la formation d’une « Commission de Garantie et de Suivi (CGS) avec des nationaux et des observateurs internationaux aux fins de veiller à la stricte application des dispositions adoptées et à la mise en œuvre de l’accord ».


D’autres partis politiques et même des membres de la société civile comme le
Montana ne se sont pas inscrits dans cette démarche. Fanmi Lavalas n’y a pas participé ni signé le document mais ne le conteste pas encore. 

                 
Toutefois,  des signataires dudit accord le défendent. Reynold Georges du parti ALLAH lui, se réjouit de la démarche.« On doit toujours donner une seconde chance. Le pays ne peut pas rester dans le bourbier dans lequel il patauge. Je fais ce qui est bon pour le pays. C’est ce qui fait que je m’associe à cette démarche », explique Reynold Georges au bout du fil. L’homme de loi estime qu’il se retrouve dans les valeurs qui sont véhiculées à travers cet accord. 

Le mouvement Transparans de Jorchemy Jean Baptiste et Pascal Adrien font partie des signataires du « Consensus national pour une transition inclusive et des élections transparentes ». Les anciens bras droits de l’ancien premier ministre Jean Henry Céant récemment sanctionné par le Canada croient que «  l’heure est venue pour hisser véritablement Haïti sur les rails du développement ».

« Nous avons signé le document en tant que regroupement appelé « regroupement des non alignés » », précise d’entrée de jeu Jorchemy Jean Baptiste joint par la rédaction. Il dit avoir signé ce document pour faciliter la mise en place d’un conseil électoral provisoire mais aussi pour appuyer la demande de déploiement d’une force multinationale dans le pays pour mater l’insécurité.

Ce nouvel accord devrait déboucher sur la formation d’un nouveau gouvernement, la mise sur pied d’un CEP et l’organisation des prochaines élections. Ariel Henry qui sera assisté d’une Haute Autorité de Transition ( HCT) restera encore au pouvoir durant 14 mois. Le pouvoir devrait être remis à des autorités élues le 7 février 2023 si tout se déroule comme prévu. 

 

Par Daniel Zéphyr

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