PubGazetteHaiti202005

Port-au-Prince : la vie reprend son cours ce vendredi  

@HaïtiBranche

La vie reprend son cours ce vendredi 15 juillet 2022 après que la population a craché sa colère mercredi dernier contre l’insécurité et la pénurie de carburant. Hier jeudi, des routes étaient encore bloquées. Ce vendredi, des banques commerciales ont fonctionné. Le transport en commun reprend vie.
 
 
Les rues de Port-au-Prince arborent une image différente de celle affichée mercredi et jeudi dernier. En effet, Port-au-Prince et ses environs étaient sous tension. Des tirs sporadiques à armes automatiques ne cessaient de retentir. Des pneus enflammés ont été érigés et des barricades dressées sur la chaussée. Le transport en commun était quasi inexistant. Seuls les motards essayaient de travailler au risque d’essuyer des jets de pierre. Des entreprises ont baissé le rideau. Certaines banques commerciales ont fermé leurs portes.
 
Ce mouvement spontané était pour protester contre la pénurie de carburant dans le pays depuis plusieurs semaines. « Je n’ai pas d’essence. Je ne peux pas travailler avec ma motocyclette, lançait un manifestant chauffé à blanc interviewé par notre reporter sur place.  Nous avons bloqué la rue pour trouver de l’essence. Il n’y a pas de personnes armées. Le gallon se vend à 1250 gourdes. C’est intenable », ajoutait-t-il.
 
 
 
Ce vendredi 15 juillet 2022, la vie reprend son cours. Certaines banques commerciales ont fonctionné à Port-au-Prince plus précisément à Nazon. Une longue file d’attente est constatée à côté de chaque banque commerciale qui fonctionne. Les Tap-Tap qui étaient si rares mercredi et jeudi sont beaucoup plus visibles. Le transport en commun reprend son cours. Toutes les grandes entreprises de Delmas ont rouvert leurs portes. Les petits commerçants, à leur risque et péril, ont pris la rue pour écouler leurs produits. Des institutions faisant partie de l’administration publique ont rouvert leurs portes.
 
« Je suis un petit marchand, je fais mon revenu au quotidien, je ne peux pas me permettre de rester chez moi. Je dois nourrir ma femme et mes enfants », lâche un vendeur d’accessoires électroniques.
 
Néanmoins, dans certains endroits, ce vendredi, la population était sur le qui-vive car hier, à Delmas 83, des rafales de tirs crépitaient.
 
 
Cette persistance de la pénurie de carburant survient à cause des affrontements entre gangs armés à Cité Soleil, bloquant l'accès aux camions-citernes au terminal de Varreux. Ce qui a eu de graves conséquences sur différents secteurs, notamment les transports. Les prix des transports ont doublé, voire triplé certaines fois.
 
Selon les dernières informations, le terminal Varreux a repris service. Plus de 41 camions-citernes ont quitté le terminal hier matin.

Entre-temps, aux Cayes, actuellement, les habitants crachent leur colère et le ras-le-bol contre la pénurie du carburant. Ils fustigent le comportement de l’Etat haïtien qui, selon eux, n’a aucune velléité d’apporter des solutions durables à la situation.
 
 
À date, le gouvernement haïtien n’a toujours pas réagi. La tête est plus aux négociations politiques. Hier jeudi, Ariel Henry avait rencontré les signataires de l’accord du Montana Pen et alliés.
 
 
 

Par: Daniel Zéphyr

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