Ce mercredi 11 mai 2022, le consul d’Haïti à Paris, Richardson Étienne a donné une interview exclusive à la rédaction de Gazette Haïti autour de divers projets entrepris par son administration dont le service de proximité « Konsila vin pi pre w ». Il informe avoir d’autres projets en perspectives comme un institut haïtien et un forum sur l’entrepreneuriat.
Richardson Etienne est arrivé en tant que consul, en charge de l’administration avant de devenir chef de poste. « J’ai pris fonction le 2 octobre 2020. Dès lors, j’ai commencé à observer la communauté, à regarder comment je pourrai travailler avec l’ancien chef de poste pour améliorer les conditions de services en faveur des ressortissants », rappelle M. Etienne qui dit avoir diagnostiqué une situation qui méritait que des solutions viables soient apportées.
« Des gens avec du sérum au bras avaient l’habitude de venir au consulat. Des personnes handicapées louaient des taxis spécialisés pour y venir. Des personnes âgées... », explique Richardson Etienne qui confie que dès lors, il s’est dit que quelque chose devait être fait sous son administration.
L’ancien étudiant de la faculté d’ethnologie dit avoir opté en mai 2021, quelques mois après son intronisation, pour une ré-organisation interne du consulat dans le but de permettre une ré-organisation des services: création de nouveaux services, changement du système de communication entre la communauté haïtienne et le consulat, ainsi que l’établissement d’un calendrier de visite de différentes institutions.
« Konsila vin pi pre w », le service de proximité
Le diagnostic fait par le consul d’Haïti à Paris lui a permis d’implémenter, en mai 2021, un programme phare pour le consulat dénommé « Konsila vin pi pre w ». « Il est inspiré de l’ensemble des observations faites. C’est un programme ayant deux parties », indique Richardson Etienne qui précise que la première partie concerne les Haïtiens habitant dans les provinces, loin de Paris.
« Quand quelqu’un sort de Toulouse pour venir à Paris, il doit payer un frais. Il doit perdre deux jours de travail. Il doit manger. Il doit payer un hôtel. Il doit payer de nombreux trajets en taxis. Il paie en moyenne 1 000 euros pour sortir de Toulouse pour venir à Paris pour se procurer un simple passeport. A Rennes, c’est presque la même chose », détaille Richardson Etienne.
Pour pallier ce problème, le consul Richardson Etienne indique que le consulat dépêche ses équipes dans les différentes villes où les Haïtiens ont besoin des services du consulat. « Toutes les grandes villes qui ont des Haïtiens, le "Konsila vin pi pre w" est là. Ils bénéficient du même service », souligne le sociologue. « Le programme concerne aussi les personnes âgées, malades et handicapées. Ils n’ont qu’à contacter le consulat, une équipe sera dépêchée. », ajoute-t-il.
Vers un institut haïtien en France
Les observations faites par M. Etienne ne se limitent pas seulement aux services administratifs fournis aux compatriotes haïtiens. Le diplomate dit avoir constaté que les enfants haïtiens nés en France ne parlent pas le créole. « Pour éviter qu’Haïti perde ses ressources, nous avons consacré la dernière semaine du mois d’Octobre à des activités sur la langue et la culture créoles », indique le consul qui soutient que ces différentes activités se veulent une sensibilisation à la culture haïtienne.
Richardson Etienne souhaite mettre sur pied un institut haïtien. « Ce sera un espace d’expression culturelle. Il y aura l’enseignement de la langue créole », dit-il.
Un forum sur l’entrepreneuriat
A part les projets précités, le consul d’Haïti à Paris ne compte pas en rester là. Il a informé de la réalisation d’un forum sur l’entrepreneuriat les 1, 2 et 3 juillet 2022. « Ce sera un espace qui facilitera les discussions, partages d’expériences et d’opportunités entre les différents entrepreneurs dans la communauté haïtienne de France », indique M. Etienne. Ce forum permettra aussi, dit-il, des discussions entre les entrepreneurs et les autorités haïtiennes.
Ce forum se veut aussi un leitmotiv devant encourager des institutions comme le centre de facilitation des investissements (CFI) et le ministère du commerce et de l’industrie de renégocier ou permettre de revoir les accords bilatéraux de commerce entre Haïti et la France.
Des invitations seront lancées au ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales et à la fédération des maires haïtiens pour que des maires viennent faire la promotion de leur ville; ce qui permettra, espère-t-il, d’attirer de l’investissement dans leur commune.
Par : Daniel Zéphyr
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