La désignation du Juge Garry Orélien pour instruire le dossier d'assassinat de Jovenel Moïse a suscité beaucoup de réactions. Le militant des droits humains, Directeur exécutif du RNDDH, M. Pierre Espérance dénonce la nomination de ce dernier par le Doyen du Tribunal de Port-au-Prince, Me. Bernard Saint Vil. Selon lui, le juge Garry Orélien n'a pas d'expérience pour instruire un dossier aussi lourd et que la présence du Ministre de la Justice, Rockefeller Vincent à la tête du Ministère constitue un obstacle à l’enquête du dossier relatif à l’assassinat de Jovenel Moïse
Quelques heures après avoir été désigné pour mener le dossier d’instruction relatif à l’assassinat du Président Jovenel Moïse, le nouveau juge d’instruction sur cette affaire reçoit déjà des critiques de toute part pour n’avoir pas eu d’expérience et aussi de n’avoir jamais travaillé sur un dossier du genre
À peine désigné, le juge Garry Orélien a déjà eu le soutien du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique dans l’affaire d’instruction de l’assassinat de Jovenel Moïse alors que des informations circulant dans la presse haïtienne auraient attribué le déport du Juge instructeur Mathieu Chanlatte sur ce dossier à une question de manque de moyens mis à sa disponibilité. Dans son ordonnance pour se déporter de l’affaire, le juge Chanlatte avait évoqué des raisons pour des convenances personnelles
Dans un tweet de lundi 23 août du garde des sceaux de la République, Rockefeller Vincent, avait évoqué les dispositifs pris par le Ministère pour faire avancer ce dossier. « Le MJSP a mis à la disposition du Juge d'instruction Garry Orélien tous les moyens nécessaires à la bonne conduite du dossier de l'assassinat du Président Jovenel MOÏSE. Que ceci soit clair "Tous les efforts seront déployés pour arrêter tout individu impliqué dans ce crime », pouvait-on lire dans un tweet du ministre de la justice, Rockefeller Vincent.
Un tweet qui n’allait pas tarder à susciter des réactions de la part du Directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), qui a pointé du doigt, le ministre de la justice comme étant un obstacle à l’enquête. Pour Pierre Espérance, la présence de Rockfeller Vincent au ministère de la justice constitue un obstacle à l’aboutissement de l’enquête sur l'assassinat du Président Jovenel Moïse en rappelant que l’un des présumés auteurs de ce crime Joseph Félix Badio était le bras droit du ministre Vincent. Il accuse le ministre de la justice, Rockfeller Vincent de chercher à orienter l'enquête sur l'assassinat du Président Jovenel Moïse à des fins de persécutions politiques.
En ce qui concerne l’assurance du bon déroulement de l’instruction par rapport à la désignation du Juge Garry Orélien pour mener le dossier relatif à l’assassinat du Président Jovenel Moïse, le militant des droits humains Pierre Espérance dans une interview exclusivement accordée à la rédaction de Gazette Haïti, confie qu’il est très inquiet.
Selon M. Pierre Espérance, le dossier de l’assassinat du président Jovenel Moïse doit être livré à un juge de grande personnalité, expérimenté, qui a de la conviction, qui se sert de la loi comme boussole, et qui ne va pas orienter le dossier politiquement comme les membres du PHTK le souhaitent avec la famille présidentielle
« Le dossier de l'assassinat de Jovenel Moïse ne pourra pas traiter avec sérénité tout au temps que le ministre de la Justice, Rockefeller reste encore à la tête du Ministère », a fait valoir le Directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance
Parallèlement, l’ancien Député de la 50ème législature, Alfredo Antoine, a réagi sur Twitter. « Aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années.bay moun zòrèy yo se nòmal se premye eksperyans Jij la paske menm gran papa jij la pat asiste yon prezidan yo te asasinen sou pouvwa , ebyen al chache jij kite enstwi dosye Prezidan Vilbrun G.Sam nan bal dosye a », avait tweeté, l'ancien élu de Kenscoff .
Notons que Garry Orélien était substitut au Parquet de Saint-Marc puis à la Croix-des-Bouquets. Il a été promu juge puis juge d’instruction au tribunal de première instance de Port-au-Prince en décembre 2020.
Par: Fenel Pélissier
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