Plus de 72 heures après le séisme dévastateur du 14 août 2021 ayant causé de nombreux dégâts matériels et la mort de près de deux mille personnes dans le Grand Sud du pays, selon le bilan partiel de la protection civile, les sinistrés sont aux abois, l’aide humanitaire se fait attendre, déplorent des autorités locales qui appellent l’État central à agir rapidement.
Selon le dernier bilan partiel communiqué par la direction de la protection civile dans la soirée du mardi 17 août 2021, au moins 9 900 blessés et 1 941 morts ont été recensés dans toutes les régions sinistrées suite au sinistre du 14 août, soit 1 597 dans le Sud, 205 dans la Grand-Anse, 137 dans les Nippes et 2 dans le Nord-Ouest.
Alors que le bilan s’alourdit, l’aide humanitaire, quoique urgente dans les régions frappées par le séisme, se fait encore attendre plus de trois jours après ce cataclysme ayant laissé plus de 60 000 familles sinistrées. Et des autorités locales lancent un cri d’alarme.
Dans la commune de l’Asile, l’une des régions les plus touchées du département des Nippes, aucun contact n’a été établi entre les autorités du pouvoir central et les autorités locales, déplore la mairesse adjointe de la ville, Epheta Ambroise, jointe au téléphone par notre rédaction.
« Le tremblement de terre nous a terriblement frappés, 9 maisons sur 10 ont été détruites, partiellement nous avons recensé près de 50 morts […] des dizaines de blessés graves qui ont été transférés à l’hôpital sainte Thérèse [Hôpital publique de la Ville de Miragoâne NDLR] n’ont pas survécu », a expliqué Epheta Ambroise.
« Nous avions entrepris diverses démarches auprès des autorités de Port-au-Prince, nous avions passé des appels, nous leur avions envoyé des photos, nous sommes intervenus à la radio mais toujours rien », déplore-t-elle indiquant avoir besoin de « dans l’urgence nous avons besoin de bâches, de nourriture et surtout de l’eau potable ».
Dans le département du Sud, la situation n’est pas différente.
S’il est vrai que dans les plus grandes villes du département du sud, le plus durement touchées par le sinistre, l’aide humanitaire commence à s’organiser, les sections communales, elles, n’ont encore rien bénéficié, dénonce Robenson Saint Joy, coordonnateur du CASEC de Condé, quatrième section communale de la commune de Coteaux.
« Près de 95% des habitants de la commune sont sinistrés selon notre bilan. Depuis le 14 août ils dorment à la belle étoile, ils n’ont même pas de couverture, le froid a rendu des enfants malades », se plaint Robenson Saint Joy qui appelle à l’intervention urgente des autorités du pouvoir central.
« Dans l’urgence il nous faut des abris provisoires, mais surtout de l’eau potable pour les personnes sinistrées », demande-t-il.
Dans le département de la Grand-Anse, l’aide commence à arriver timidement, explique Rio Jean journaliste à Jérémie et correspondant de Radio Signal FM, cependant il signale que les infrastructures routières menant dans le département ont été gravement endommagées pendant le passage du séisme, ce qui complique l’arrivée de l’assistance par voie terrestre.
Par: Kervens Adam PAUL
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