Suite au séisme de magnitude 7.2 sur l’échelle de Ritcher qui a frappé, le 14 août, trois départements de la côte sud d'Haïti, à savoir, les Nippes, le Sud et la Grand’Anse, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) appelle les autorités à faire preuve de sérieux et de diligence dans l’organisation de l’aide aux sinistrés-e afin d'éviter les erreurs de 2010 et de 2018. Dans le communiqué publié le 16 août, l'organisation en profite pour rappeler aux autorités l'obligation de respecter les droits des victimes.
« Les pertes humaines et matérielles sont énormes », déplore le RNDDH qui rappelle le bilan partiel d’au moins mille-trois-cents (1.300) personnes tuées et près de six mille (6.000) autres blessées. Des centaines de bâtiments se sont effondrés.
Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) et ses structures régionales des Nippes, du Sud et de la Grand’Anse affectées par le séisme, qui se font le devoir de partager une évaluation partielle de la situation sur le terrain dit constater que « plus de quarante-huit (48) heures après le séisme, et en dépit du fait que l’état d’urgence ait été déclaré, l’Etat central a dû mal à organiser l’aide aux victimes ».
Selon le RNDDH et les images diffusées sur les réseaux sociaux, « les victimes sont complètement livrées à elles-mêmes, cherchant comment pour s’abriter des intempéries et subvenir à leurs besoins journaliers. Les ressources humaines et matérielles manquent cruellement aux hôpitaux et centres de santé et les blessés attendent désespérément les soins qu’ils méritent ».
« Ce scénario rappelle douloureusement les séismes du 12 janvier 2010 et du 6 octobre 2018 ayant respectivement frappé certaines communes de l’Ouest, du Sud-est et des Nippes d’une part, certaines communes du Nord-Ouest et de l’Artibonite, d’autre part », écrit le RNDDH.
D'après l'organisation des droits humains, « la situation ne semble pas différente où les autorités sont dans l’incapacité totale de gérer l’urgence à chaque fois, la population meurtrie a eu à faire face à des besoins énormes en kits de première nécessité, de soins de santé pour les blessés, de déblaiement de bâtiments pour aider les survivants-tes sous les décombres et d’assistance psychologique ».
« Les personnes qui se retrouvent sur les places publiques et dans les rues sont à la merci des éléments déchainés. Conséquemment, elles ne peuvent attendre indéfiniment l’aide promise par l’Etat haïtien et à laquelle elles ont droit », souligne le Réseau dans ce communiqué.
Le RNDDH et ses structures des Nippes, du Sud et de la Grand’Anse rappellent « aux autorités de facto que la situation d’urgence n’enlève rien à leur obligation de respecter les droits des victimes ainsi que les règles de redevabilité en matière d’interventions humanitaires ».
Recommandations du RNDDH relatives à l'aide en faveur des victimes
Le RNDDH, en sympathisant aux familles de victimes, exhorte les responsables étatiques à éviter « les erreurs de 2010 qui avaient débouché sur des cas flagrants de violation de droits humains et celles de 2018 où la population avait été totalement abandonnée jusqu’à se débrouiller elle-même pour se relever ».
L’aide doit être distribuée aux victimes en fonction de leurs besoins, exige le Réseau qui insiste sur le fait que « les approches doivent être axées sur les droits et les distributions ne doivent pas porter atteinte à l’intégrité psychique et à la dignité des victimes ».
« Les mécanismes de redevabilité vis-à-vis des personnes secourues doivent être établis, indique l'organisme. Des cellules de réception de plaintes, pour d’éventuels cas de violations de droits humains notamment des cas de marchandages sexuels – souvent enregistrés lors des catastrophes naturelles– doivent être connus de tous-tes ».
Pour assurer la sécurité des personnes victimes, le RNDDH réclame que « des agents-tes de la PNH doivent y organiser des patrouilles régulières, pour eviter d’actes délictueux à l’encontre des victimes qui s’y retrouvent ».
Par: Juhakenson Blaise
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